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pression pour avorter

Lisa 21 ans, enceinte de 6 mois


Lisa, 21 ans parle des pressions qu'elle a du subir de la part de son entourage pour une IVG . Ce fut pour le papa que la grossesse fut ldificile à accepter  . Il a du prendre conscience de son état .. 

Alice 26 ans, IVG par aspiration a 18 ans


Alice 26 ans, IVG chirurgicale à 18 ans.  J'étais en terminale, ma mère et mon beau père étaient en train de se   séparer. Ma mère était hospitalisée, je vivais chez mon petit ami. Je   n'allais pas souvent en cours, encore moins chez le médecin. Je n'ai pas  fait renouveler ma pilule ce mois là.  Avec mon copain nous en parlions en   plaisantant, nous nous disions que nous si jamais cela arrivait nous  l'assumerions. Nous ne le prenions pas au sérieux. Et pus le temps est   passé, et au bout d'un moment je me suis dit que cela faisait longtemps que   je n'avais pas eu mes règles. Je n'avais aucune notion du cycle féminin, de la date de mes règles, de la date de mon ovulation ni quoi que ce soit.   J’étais totalement ignorante. Alors un peu dans le doute j'ai fait un   test. J'ai laissé mon copain regarder. Moi j'examinais la notice quand il me   dit "deux barres c'est négatif non?". Le choc. J'ai rit. Pour moi il   plaisantait. Mais non, il y avait bien deux barres. Je n'en ai parlé à personne. Silence radio. Je ne me suis posé aucune  question, il fallait que j'avorte et vite ! Avant que cela ne se voit, avant  qu'il ne soit trop tard. Pour moi cela n'aurait aucune conséquence   psychologique ni physique. Par contre, si je le gardais, je savais que je serai la risée de ma ville, de mon pays même. Tellement nous sommes  informées sur la contraception en France, et l'IVG, que je serai passé pour une idiote et une "mauvaise mère" de l'avoir gardé ! J'aurais « ruiné ma vie, et celle d'un enfant ». C'est comme ça que je le voyais. Puis j'étais  immature, même pas capable d'aller en cours. ma vie familiale était si compliquée, avec ma mère déprimée qui entrait et sortait de l’hôpital.   Mon copain était tout aussi paniqué que moi. J'ai pris les RDV, j'ai eu une   échographie (seule, mon copain travaillait). J'ai pleuré. Je me suis fait  mal recevoir par le gyneco qui me trouvait inconsciente et immature, qui  considérait que ma génération prenait l'ivg pour une contraception...
Le RDV était pris pour l'IVG, alors j'en ai parlé à ma mère pour lui montrer que j’étais enceinte, certes, mais que j'avais déjà entrepris toute les démarches pour l'IVG, j’étais donc une jeune femme "responsable"selon moi.   Elle n'a rien dit, elle m’encourageait dans mon "choix".  Mais en fait, elle l'avait déjà fait plusieurs fois à la demande de celui qui était en train  de la quitter. Avec le recul, elle aurait du me parler de sa douleur. Elle a «  banalisé ». A ce moment là de sa vie, je pense que si j'avais gardé mon  bébé ça l'aurait « achevée », elle, qui en voulait tant ... Elle n'a pas été  bienveillante, mais ce ne sera ni la première, ni la dernière fois... La veille au soir de l'intervention, mon copain doute et me dit que si je veux le garder, il travaillera jour et nuit pour l'assumer. Mais pour moi c'est trop tard, tout est déjà mis en place, c'est prévu pour le lendemain   matin. C'est trop tard. Ce matin là, je ne me réveille pas, nous arrivons avec plus d'une heure de   retard à la clinique. Nous sommes quand même pris en charge. On me donne un  médicament pour je ne sais plus trop quoi faire mais je le vomi, ce sera ma  première et dernière nausée matinale. Puis un ovule pour dilater le col.   Puis, on vient me chercher. Je pleure toutes les larmes de mon corps jusqu'au  bloc.
On me dit que si je m'endors en pleurant je me réveillerai en pleurant. Et ce fut le cas. Je pleure encore et encore. Une psy vient me voir dans ma chambre pour me rassurer et me dire que j'ai « fait le bon choix ». Je l'envoie balader, après tout comment peut-elle affirmer que je n'aurais pas été une bonne mère ? ... Mon copain m'offre une peluche. Je sors le jour  même. Je ne vais pas bien et ca ne passera pas. J'essaie tout pour aller mieux : j'écris un blog, je pars en vacances... Mais non, je déprime. Mon  copain aussi. Dans sa voiture un jour il me dit qu'il manque quelqu'un, un   enfant. Nous décidons ensemble d'essayer d'en refaire un car nous  considérons que nous avons fait la plus grosse erreur de notre vie. Mais  nous n'y arrivons pas. 8 mois passent… Quelle injustice! 1 mois sans pilule  et je tombe enceinte, 8 mois d'essais et rien. J'ai mon bac contre toute  attente. Mon copain me quitte quelques mois plus tard. Je pense que c'est   l’accumulation entre l'IVG, ma mère envahissante... trop de négativité   pour lui, il est parti. J'abandonne les études. Suite a cela,  je passe 4  mois sans avoir mes règles, je crois que je suis vide.  …
Épilogue : je m'engage dans l'armée un an plus tard, j'ai 19 ans. Je  rencontre un homme à 20 ans qui deviendra mon mari 10 mois plus tard. Nous  aurons notre premier enfant en 2012, un garcon. j'ai 22 ans et je vais mieux.   Deuxième enfant en 2013, une fille. 3e enfant en 2014, une fille. nous   achetons une maison a la campagne, j'abandonne ma carrière pour me consacrer  a eux.  J’attends mon 4e pour juin 2016, un garçon. Je suis heureuse. Je ne   sais pas si c'est une conséquence de l'IVG mais je veux une famille  nombreuse, nous avons 7 chambres, un véhicule 9 places. j'en suis a me demander si j'arriverai un jour a arrêter de faire des enfants, ou si cet enfant qui n’a jamais vu le jour, me donnera toujours l'impression qu'il « en  manque un ». J'ai toujours le test de grossesse de ce "bébé IVG", ainsi que la peluche offerte par mon ex. Dans ma signature,  il y a un signe qui le   représente, il ne me quittera jamais, je ne le laisserai jamais tomber dans  l'oubli. 
 
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emilie 20 ans, bebe de 3 mois


 Ça fait un an que je suis avec mon copain. Nous venons d'emménager dans notre premier appartement. Je suis en CDD jusqu'en juillet, puis je passe en CDI à partir d'août, lui est employé dans la restauration, tout va bien pour nous. Et un jour, ne voyant pas mes règles arriver, je commence à me poser des questions. J'ai oublié la pilule une fois et je l'ai prise dès le lendemain matin. Mon chéri m'alerte sur ma poitrine gonflée et le fait que je fasse une sieste en rentrant du travail. Je ne le crois pas mais il me dit de faire un test. Le verdict tombe : positif. Je suis paniquée, je me mets à pleurer. Nous avons 20 ans et 21 ans, c'est trop tôt. Mon copain est catégorique : on n’a pas encore assez de moyens pour élever un bébé et il se trouve trop jeune pour être papa, donc je dois avorter. Moi je ne veux pas. Même si notre situation est encore un peu fragile, je suis persuadée qu'on arrivera à s'en sortir. Maintenant, c'est son avis contre le mien. Je décide quand même de faire un écho de datation, pour ensuite prendre la décision. Mon chéri ne veut pas, il me dit que ce n'est pas la peine, que je vais m'attacher à ce bébé alors que je dois m'en séparer. Il n'a jamais été aussi odieux que pendant cette période. Il accepte tout de même d'assister 
à l'écho. Le médecin qui nous reçoit nous traite comme deux gamins irresponsables et me dit froidement "De toute façon, vous n'avez que 21 ans, ce n’est pas possible d'élever un bébé à cet âge, ce n’est pas un jouet vous savez, vous feriez mieux d'avorter !". Mais moi, je suis presque en admiration devant la petite bille minuscule que je vois sur l'écran. Et mon chéri aussi. Quand je vois le regard qu'il lance au médecin, j'ai compris. Je suis enceinte de 6 semaines et après des jours de négociation, mon chéri accepte qu'on garde le bébé ! Il ne reste plus qu'à l'annoncer à nos familles : la sienne réagit super bien. Ses parents sont aux anges et ses grands-parents nous achètent déjà des jouets. De mon côté. Ca se gâte. Ma mère est très en colère, elle veut absolument que j'avorte et que je « fasse passer ma carrière avant tout ». Elle va même jusqu'à déposer des lettres de menace sous notre porte! Quant à mon papa. Il nous a dit qu'on se mettait dans une m**** pas possible, qu'on était incapables de s'en occuper et que notre âge ne correspondait pas à celui de "parents normaux". Jusqu'à mes 6 mois de grossesse, j'ai vécu les insultes et critiques de ma famille. Mon chéri tentait du mieux qu'il pouvait de me remonter le moral, de me promettre de se battre pour notre enfant, mais cela n'était pas suffisant. Même si notre relation était bien plus complice qu'au début ! Je me suis totalement repliée sur moi-même lorsque mon ancien employeur me vire à cause de ma grossesse. "Heureusement", tout est écrit par mail et j'ai pu aller voir un avocat afin d'obtenir gain de cause. Jusqu'à l'accouchement, on vivait très modestement avec le salaire de mon chéri et les maigres aides que j'ai pu recevoir de la CAF. Et en novembre 2015, notre magnifique petite fille est née (après 30 heures de travail et de souffrance). Tout le monde était content de cette arrivée, la petite a été gâtée ! Son père en est complètement gaga, il adore s'en occuper et se lève la nuit sans rechigner. De mon côté, je cherche activement un boulot, en attends le procès contre mon ancien patron. J’ai du mal à joindre les deux bouts, surtout en fin de mois. C'est pour cela que mon chéri a pris la décision de changer de travail et d'être mieux payé. Mon papa est toujours content de voir sa petite-fille, mais ma mère ne digère pas encore le fait que ce soit MON enfant et critique beaucoup ma façon de faire et de l'élever. Ma situation est encore instable mais les sourires de ma fille ainsi que le soutien de mon copain me font tenir le coup, le temps que les choses s'arrangent.