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tentative de contrainte à l'ivg

Stephanie 21 ans, ivg médicamenteuse il a 2 ans


j'avais 19 ans quand j'ai rencontré mon conjoint en  mai 2013 pour la première fois, je m'installe avec lui en  juillet et deux mois plus tard que je suis enceinte de 1 mois (car je ne prenais pas encore la pilule).Quand j'ai appris ça j'étais heureuse à la fois et dans le doute... Je sortais du lycée je n'avais pas de diplôme ni de travail, ni de permis... Mon conjoint 20 ans avait son appartement (un studio pour commencer) un cdi mais pas encore de permis. Le doute apparaissait sur son visage... Pour moi, il était impossible d'avorter mais lui était pour..! Je suivis sa décision qui me disait qu'elle était la meilleure pour nous deux. Le 09 octobre, le jour de l'avortement, j'étais là à 7h du matin en salle d'avortement (par cachet). J'étais seul car lui travaillait. Dur, triste, horrible, pas de mots pour décrire cette douleur infernale et si terrible que l'on peut ressentir ! 17h on vient me voir pour me dire que je peux sortir dans 1h le temps de finir les papiers. Quelques minutes plus tard une terrible douleur me vient dans le bas du ventre et là je vois une mare de sang sur les draps bleu clair ! Ma belle mère et mon conjoint étaient là, ils étaient arrivés vers 14h30. Je me lève : hémorragie. Ils doivent me garder en observation. Je me sentais fatiguée. Épuisée. Triste. Anéantie... Puis on rentrait à la maison quelques heures plus tard. Je ne cessais de pleurer et d'y penser. Pourquoi avoir fait ça ? J'étais tellement triste ! Je me suis dit « je vais me réveiller, c'est un cauchemar ! » J'ai fait une grosse déprime... J'étais toujours seule car mon conjoint travaillait tous les jours. J'ai fait une tentative de suicide car ce n'était pas possible pour moi. Au jour d'aujourd'hui j'ai encore du mal à me dire que j'ai tué un petit être. Un bébé... Qui aurait pu être ma fille ou mon fils. Aujourd'hui je vais avoir 22 ans, je suis en train de passer mon permis, j'ai un cdi nous avons déménagé dans un 50 m2 .Nous sommes toujours ensemble ça va faire 3 ans que nous sommes ensembles, pacsés et fiancés. Mon conjoint a toujours son cdi, il a 22 ans, son permis et sa voiture. Au jour d'aujourd'hui,  je veux un enfant ! J'ai la situation pour (sauf le permis qui est en cours). Mon conjoint recule toujours. Il me dit d'attendre un peu plus de 2 ans voire plus. Je ne sais pas quoi penser. Chaque année, il recule toujours. Ne veut-il pas d'enfant et a peur de me le dire ? Je ne sais pas quoi penser ! 
Je vous souhaite à tous de ne pas vivre ce que j'ai vécu. N'AVORTEZ PAS !!

Elise 57 ans - enceinte a 27 ans


 Je m’appelle Elise. il y a trente ans de cela, j’avais 26 ans, et j’élevais seule mes deux filles après un divorce, lorsque je rencontrais un homme plus âgé que moi, veuf, qui élevait seul également ses deux filles. Je n’avais pas de moyen de contraception « dure », et déjà une fois je lui avais signalé un retard de règles sans qu’il ne fasse aucune allusion dans le sens d’une non-acceptation d’une grossesse éventuelle… donc je ne me suis pas méfiée plus que cela. Mais lorsque, après qu’il m’ait présentée à sa famille comme sa future épouse, je lui annonçais une grossesse bien réelle cette fois, le discours changea, pas dès le départ, mais petit à petit…

J’étais ressortie de chez le gynécologue me confirmant ma grossesse, avec un rendez-vous pour une IVG, que ne n’avais pas demandé ! mais qu’il m’avait prescrite en me disant que, au cas où je me déciderais, cela ferait gagner du temps !!!... (déjà à l’époque…) J’étais abasourdie. Mais aussi déchirée dans ma conscience, doublement en tant que femme, infirmière, donc protectrice de la vie, et chrétienne. Je me sentais « piégée », et lorsque mon amoureux, assez autoritaire, commença à m’expliquer que « ça tombait mal », j’ai eu vite l’intuition qu’il ne supporterait pas que je lui résiste sur ce point, ce qui arriva.

Mon « futur époux » essaya par tous les arguments possibles, au fil des semaines, de  me persuader d’avorter. Il ne s’agissait que d’un « amas de cellules » dont il était bien facile de se débarrasser, et que cela n’engageait à rien de plus… qu’à quelques heures peu agréables, et qu’ensuite on n’y pensait plus. Puis il revint plusieurs fois à la charge en venant chez moi où en me téléphonant, avec l’arsenal peu varié que les hommes allèguent dans ce genre de situation : « ça n’était pas le bon moment, il ne se sentait pas prêt à être père, nous en ferions un autre plus tard, éventuellement, on aurait le temps de réfléchir, de s’organiser matériellement, etc etc…. » Puis il passa à un petit chantage différent : il ne pouvait se résoudre à prendre en charge cet enfant, puisque dans sa conception du couple, la femme doit obéir en tout aveuglément. Mais il ne supporterait pas non plus de savoir que je l’élèverai seule ! il fallait donc que j’avorte pour ne pas lui causer de scrupules de conscience de m’abandonner !!!

Je passais quelques journées terribles, avec cette grande tentation devant moi : je n’avais pas une excellente santé, sans être malade je n’avais pas beaucoup d’énergie vitale, et peinais déjà à élever mes deux filles avec un métier fatigant et un salaire moyen. La charge d’un nouvel enfant à accueillir, et à élever seule, qu’elle soit de santé où financière, me paraissait insurmontable. Et puis, il me faudrait affronter les réflexions de ma famille et de mon entourage, dont certaines seraient moqueuses et même sarcastiques, je le pressentais, et également « l’opinion publique » et le regard de mes connaissances, dans une province restée, du moins en façade, assez puritaine.

Je faillis bien céder à toutes ces considérations, d’autant plus qu’au fil des jours le père de mon enfant s’était fait de plus en plus autoritaire et insistant, quoi qu’il n’osa pas aller jusqu’aux menaces physiques. Mais la pression psychologique, fut intense, c’était si facile pour lui de jouer avec mes sentiments pour lui, et la peur de me retrouver seule avec trois enfants à élever… au fur et à mesure que la date du RV approchait, les coups de tel et visites inopinées se rapprochaient, le ton se faisait plus cassant... Mais petit à petit la décision se prenait au fond de moi, facilitée par cette attitude justement : je m’étais trompée sur son compte, je ne pourrai de toute façon pas vivre et être heureuse avec lui, même si je lui cédais sur ce point. Donc, autant ne pas commettre ce crime, et pouvoir garder une bonne estime de moi-même, et la conscience en paix.

En définitive, il comprit qu’il ne me ferait pas céder, et me téléphona pour me dire qu’il ne me reverrait pas. J’en fus presque soulagée, je pouvais enfin réfléchir tranquillement sans pression psychologique. J’étais complètement désemparée, je n’arrivais pas à accepter complètement l’arrivée de cet enfant, et je ne voulais pas non plus commettre un acte que je regretterai toute ma vie, je le savais bien ; je cherchais désespérément un signe des évènements, du ciel… j’avais l’impression que ce « ciel » m’était tombé sur la tête.

Deux autres choses emportèrent ma décision de ne pas me rendre à ce rendez-vous fatidique : je regardais de plus près la date du rendez-vous d’IVG, je constatais que c’était la date anniversaire d’un évènement heureux très important dans ma vie de petite fille, celle de ma « communion privée »,  je ne l’avais pas remarqué au départ ! Impossible de commettre un acte tel qu’une IVG ce jour-là, justement !

L’autre chose est d’avoir osé en parler à un couple d’amis, ce qui n’est pas facile ; j’avais un peu honte, de m’être fait « bêtement avoir », et je n’osais en parler à personne….  ils ne m’ont pas jugée et m’ont écoutée avec beaucoup de respect, sans me donner de « conseils », mais en me disant qu’ils respecteraient ma décision et que je serai toujours leur amie, mais qu’ils auraient du mal à me reconnaitre, tout à coup, si je prenais une certaine décision… tout cela avec beaucoup de tact.

Je gardais donc mon bébé, avec joie mais aussi difficultés, car je savais qu’au terme de cette grossesse je ne pourrais pas reprendre mon travail d’infirmière dans les mêmes conditions, je ne tiendrai pas le coup au niveau fatigue. C’était vraiment, pour moi, une sorte de « tout pour le tout » dans la confiance en la vie. Mais je ne l’ai jamais regretté une seconde, je dois dire !

J’eus la chance de pouvoir préparer un concours, et de changer de métier, une fois mon petit garçon mis au monde, en prenant un congé parental pendant lequel il est vrai les fins de mois furent difficiles, (je vivais avec les allocations familiales et la petite pension de mon ex-mari) je ne mangeai pas autre chose que du café au lait et des tartines pendant plusieurs mois, pour boucler le budget ! J’eus aussi la chance de trouver une nourrice tout près de chez moi qui me donnait des légumes de son jardin…

Je fus discrètement aidée, entourée par des personnes de la part de qui je ne m’y attendais pas du tout, (je n’ai pas payé une seule boite de lait, ni un seul vêtement pour mon fils, jusqu’à ce qu’il ait deux ans) et plusieurs me confièrent qu’elles « admiraient mon courage », mais que j’avais raison de faire cette folie, car elles, elles avaient fait cet acte d’avorter, et le regrettaient encore, des années, ou des dizaines d’années après… me témoigner de l’amitié ou me rendre service était pour elles une façon de « réparer » un peu, je l’ai compris.

 

Je reconnais avoir eu beaucoup de chance dans le fait d’être entourée de quelques personnes amies, mais je crois qu’une association comme IVG.net peut tenir ce rôle de soutien qui ne nécessite pas toujours beaucoup de temps, mais une qualité d’écoute et d’empathie dont nous avons besoin dans ces moments-là.

 

En tant que chrétienne, je dis que c’est Dieu qui m’a aidée, tout simplement parce que lorsqu’on fait sa volonté en respectant la vie qu’il donne, et en lui faisant confiance, il vient à notre secours, et vite !

Mais si le mot : « Dieu » vous gêne, mettez « la Vie », ou  « le ciel », ou ce qui vous convient, le résultat sera le même ! La vie est plus forte que tout, il n’y a rien de plus fort et de plus beau que la vie, qui est l’autre nom de l’amour !

 

Lorsque mon fils a eu deux ans, la vie a mis sur mon chemin un homme qui m’a aidé à élever mes enfants, qui a adopté ce petit garçon, et est mon époux depuis 29 ans maintenant. Nous sommes très heureux. Notre fils n’a jamais voulu savoir qui était son père biologique, bien que je lui ai proposé. Il est très heureux, a un métier qui lui plait.