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Conséquences psychologiques de l'IVG, syndrome post IVG


Conséquences psychologiques de l'IVG : s'appuyant sur de nombreuses études scientifiques, l'auteure de ce Dossier, décrit les différents symptômes possibles suite à un avortement

Amelie, ivg il y a 1 mois


Cela fait un mois que j'ai subi une ivg, depuis je le regrette, je ne l’exprime pas car je l'ai choisie. C'est donc mon problème et je suis la seule coupable, je ne devrais pas m’en plaindre. Seulement, il y a eu un mois de passé, mais je le regrette toujours et je n’arrive pas à aller de l’avant. Faire  "semblant" d’aller bien, garder mes sentiments pour moi, c'est ce que je fais en pensant que ça m'aidera. Que ça ira mieux mais ce n'est pas le cas. Je vous en parle ici anonymement car j'ai besoin d’en parler mais je ne veux pas en parler à mon entourage.
 
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Pricille 25 ans, ivg il y a 3 ans,


Pricille, J'ai 25 ans, je suis maman d'un petit garçon de 8 mois ...j'ai rencontré son papa il y a 3 ans. Au bout d'1 mois j'ai appris que j'étais enceinte, notre relation était très compliquée...J'ai décide d'avorter, cela a été très dur , j'y pense toujours ... J'ai ensuite eu une nouvelle grossesse nous avions décidé de le garder , tout s'est bien passé et depuis sa naissance , ma douleur s'est atténuée ,mais mon corps reste blessé et mon cœur aussi... 2 mois après cette naissance , j'ai mon retour de couche, nouvelle grossesse... J’étais prise entre l'envie de le garder ou de faire à nouveau une IVG. Je vois un gynécologue. On a fait des échographies , des prises de sang de datation . Tout avait l'air normal. Cependant mon taux augmentait peu ... Le fœtus se battait pour vivre ... Apres plusieurs examens, nous apprenons que le cœur du fœtus ne battait plus... Un coup dur .On ma donné un cachet pour l'évacuer chez moi. J'ai pleuré toute les larmes de mon corps je m'y étais attachée, cependant il devait partir... J'ai saigné très peu. Les nuits passent, je repensais à ma première IVG, la douleur, le regret, et surtout je m'en voulais et je m'en veux toujours.
Apres plusieurs jours, un matin, j'ai senti une envie de pousser, des caillots énormes coulaient entre mes jambes, je saignais en continue... Je me suis précipitée aux urgences, on me dit: " rien a signalé, c’est normal ", ça doit être vos règles .Le soir j'étais à table quand d'un coup une marre de sang sous ma chaise ... Au fond de moi, je savais que ce n'étaient pas mes règles mais mon bébé que je perdais, 1 semaine après la prise du cachet. Aujourd'hui heureusement qu'il y a mon fils, je lui offre tout l'amour que je peux, même si dans le fond, j'ai toujours cette blessure d'avoir fait une IVG et perdu un enfant ...
Toutes femmes ne devraient aucunement connaitre cette douleur. 
Aidez-moi a allez de l’avant. on n'oublie jamais certes, mais j'essaie d'estomper cette douleur qui me fait horriblement mal au quotidien ... Je souhaite plein de courage à toutes celles qui ont vécu ça et qui le regrettent.
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Naloo, 16 ans, Ivg chirurgicale il ya un an


Naloo, 16ans, IVG chirurgicale a 15ans. Je suis tombée enceinte en avril 2015. J’étais a l'époque avec mon copain  depuis 4 mois. Mais j'ai appris cette grossesse 12 semaines après et je m’étais  séparé de mon copain entre temps. Retard de règles, je suis donc allée au  centre de plannification, où j'ai donc fait un test, qui c'est avéré positif. Ma  mère était au courant de ce rdv car pour moi ce retard de règles était  tout sauf une grossesse car mes rapports étaient protégés. Après cette  nouvelle, sous le choc, je décide sans réfléchir d'avorter, car « trop jeune » et "difficile de subvenir au besoin de cet enfant". J'annonce donc à ma mère et  mon frère ma décision. Il faut 1 semaine de réflexion avant cette IVG, durant  cette semaine, les doutes s'installent et je m'attache au bébé, ma mère me  disait qu'elle serait la pour moi qu'importe mon choix, mais elle me faisait  bien comprendre qu'il fallait que j'avorte. Par peur et même avec  hésitation a la signature du papier, j'ai décidé d'avorter  (chirurgicalement car j’etais à 12 semaine passés lors de l'IVG). Le père du bébé  n'était pas au courant, mais j'ai craqué et deux jours avant l'opération  je lui ai dit. Cela ne l'intéressais pas...Ma mère était avec moi le jour de  l'IVG, le 6 juillet 2015, mais je voulais surtout être seule, j’ai mal  supporté l'anesthésie général et beaucoup pleuré, physiquement et  mentalement, c'était très dur, je suis restée cloîtrer chez moi pendant une  semaine. Et pendant ce temps là, le plus dur, je crois pour moi, c'est qu'une  amie proche du même âge que moi, était également enceinte mais de plus  longtemps et l’a gardé. Pour moi, j'ai tué mon enfant alors que j'aurais pu lui donner la vie et  l'aimer, l'élever du mieux que je peux. Mon amie est aujourd'hui une maman heureuse et  moi je souffre chaque jour de ce que j'ai fait.
 

Cassy 21 ans, ivg a 17 ans


Cassy  21 ans, Voilà, je suis  tombée enceinte à 17 ans. Je suis tombée enceinte  alors que j'étais sous pilule. Quand j'ai appris ma grossesse, j'étais à 2  mois. A commencé un calvaire. Ma mère ne faisait que pleurer. Moi pareil,  malgré ca, elle est restée près de moi je me sentais prête à avoir un  enfant mais je n'avais pas de situation, pas d'argent et encore en étude. Je  vivais chez ma mère. La famille de mon chéri de l'époque était contre moi. Elle m'harcelait pour que j'avorte. Ma mère me laissait le choix en disant que quelque soit  malgré ma décision, que je le garde ou pas, elle serait à mes côtés. J'ai donc décidé d'avorter. J'ai fais ce jour là la plus grosse bêtise de  ma vie. Ce bébé me manque tant que je n'arrête pas d'y penser ! Chaque jour où  le soleil se lève je pense à lui. Une fille ? Un garçon ? Comment était t-il ? Quel prénom aurait t-il? Après ca j'ai quitté mon chéri. Cela faisait 2  ans qu'on était ensemble. Je me suis renfermée sur moi même. Maintenant cela  fait 2 ans que j'essaie d'avoir un bébé avec mon chéri. Et je n'y arrive  pas. A toutes les filles, qui sont dans une situation comme celle ci je souhaite dire que le plus dur, ce n'est  pas de faire cet acte. C'est ce qui se passe après .....

amanda 28 ans, ivg chirurgicale a 13 semaines


Amanda, J'ai 28 ans et Je suis maman d'une petite fille de 6 ans et vis chez mon père car séparée. De renouveau en couple depuis plus d'un  an, mais nous ne vivons pas ensemble (soucis géographique et situation). Je  suis tombée enceinte sous  pilule en septembre 2014. Mon ami me disait que j'avais des réactions  peu habituelles, j'ai donc fait un test et là le résultat a été sans appel. Déjà amochée d'une ancienne relation quelque peu houleuse, là  mon monde s’écroulait autour de moi, je n'ai pas trainé pour faire prise  de sang et écho. Lors du rdv du gynéco, je lui ai expliqué ma situation et mes doutes. On a fait l’écho, j'étais enceinte de 12s et 6 jours et il m’a dit "votre bébé vas bien !", un coup de massue en  plus. J’ai éclaté en pleurs... au vue de ma réaction, il m'a dit  qu'il ne me restait plus qu'une semaine pour me décider après c’était trop  tard... J’en ai parlé à mon ami, il m'a dit seulement  de le rejoindre et qu'on vivrait bien lui sa fille et moi, que je verrai ma fille les weekends ... Aussi, laisser ma fille de 6 ans, pour moi c’était inconcevable. Il aurait  fallu à la fois  abandonner ma fille et avorter ! Ce bébé je l'avais vu, sous toutes les  coutures… Je me souviens lors de l'échographie, quand je me suis mise à  pleurer, qu’il s'est retourné, son dos face à moi, comme s’il sentait ce qui allait se passer... Ça m'a traumatisé.

Je n'avais plus le choix, je ne pouvais pas élever seule un enfant de plus  mais je ne me sentais pas le courage d'avorter. J’ai donc rien dit à ma famille (seule une poignée de personnes était au  courant et m'ont poussé à ne pas le garder car ils pensaient surement que cet  acte était anodin..), j'ai pris rdv a l’hôpital, Même réactions des gynécos " « çà va être trop tard », je n'ai donc pas eu la semaine de  réflexion obligatoire. 2 jours après je passais au bloc. Le jour du bloc  sera jusqu’à présent le pire jour de ma vie. Malgré l'attention toute  particulière de l'équipe du bloc, j’entendais qu'ils me plaignaient, je ne dirai pas la date car je ne veux pas qu'on me reconnaisse, mais  c’était en 2014 à 16h22...je me souviens m’être endormie en pleurs   Le réveil s'est fait par une douleur insupportable de mon ventre, je pleurais déjà avant même d'en être consciente, l’équipe était là près de  moi. La première phrase que j'ai dite : "mon bébé est à la poubelle". Puis j’ai été remontée dans la chambre, sans visite d’un médecin. Je n'ai pas voulu  rester à l’hôpital et je suis rentrée à 22h chez moi. 15 jours après l'intervention, je retourne chez le gynéco car grosse  infection et surtout aucun  suivi post opératoire, ni psychologique!!! J’ai  été un vulgaire bout de chair qu'on a curé ! Après des examens multiples  on me décèle des cellules cancéreuses dans le col de l'utérus... Depuis ce jour là, je suis irascible, très agressive, j'en veux à la terre  entière. On me demande ce que j'ai, mais je ne peux rien dire car j'ai tué mon bébé et je m'en veux  tellement que je ne dirais jamais rien car peu de femmes savent ce que je vis.. J’ai un mal fou avec les enfants des gens  qui m’entourent. Depuis, je tente de faire des efforts, mais il y a des choses qui me  demandent  bien trop d'effort sur moi même et je ne tiens pas. Tout cela m'épuise. Je craque pour rien, et le fait d'entendre parler de grossesse et  d'enfant me détruit. Je me détruis et je détruis mon ami...mais il  n'est pas venu me rejoindre ce jour là, le jour où j'avais besoin de lui, il n’était pas. Il a pensé à moi , oui mais il pensait surtout que j'allais le rejoindre et laisser ma fille! Il en a souffert lui aussi  mais je le fait souffrir comme j'ai souffert et je souffre toujours de ce moment où j'ai tué mon bébé et de son absence. Pas un instant que je vis sans penser à ce jour. Je regrette péniblement mon choix, un fardeau que je traine, qui m’empêche d'avancer, et qui je sais, me détruit...
 

jennifer 28 ans, ivg par aspiration il y a 1 an


 Le jour où j'ai appris que j'était enceinte, j'étais stressée , énervée , heureuse, et en même temps anxieuse. Mon conjoint n'en voulais pas et "il n'était pas prêt". Avortement. Panique. Je décomptais chaque jour avant l'hospitalisation. Je sentais mon corps bouger, et je ne faisais que pleurer. Le jour de mon hospitalisation n'a pas été le pire. Je dirais plutôt que c’est après cet ivg. Le matin, arrivée à 7h, des cachets de cytotec et quelques minutes plus tard me voilà sur la table d'opération. Je tremblais, j'étais frêle, je n'arrivais pas à mon contrôler, me calmer. Je revois le médecin s'approcher avec une petite bassine en inox, j'ai tout de suite compris à quoi cela lui servirait. Et je m'endors. Je me réveille aux alentours de 11h et demande si c'est fini. On me dit que oui. Je retourne dans ma chambre, me repose un peu et mon conjoint vient me chercher. Ce jour là je ne me suis pas vraiment rendu compte de ce qu'il s'était passé. J'étais fatiguée et avais besoin de repos. Les jours d'après furent difficiles. J'avais perdu une partie de moi, j'étais nerveuse, et je pleurais pendant des heures. Pleurer sans parler dans les bras de mon bien aimé. C'était il y a maintenant plus d'un an. Et je pleure toujours. J'essaie de ne pas lui montrer. Car je pense qu'il ne comprend pas ce que j'ai vécu. C'est terrible. Je ne suis plus moi même. Je l'aime et j’ai peur de le perdre à chaque instant. Je n'ai plus confiance en moi. Je suis détruite. J'ai peur de perdre la seule personne qui me reste. Je suis devenue beaucoup plus sensible. Je pleure souvent et pense tous les jours à ce bébé. On ne peut pas revenir en arrière. Mais je suis devenue une autre personne. J'ai tenté la sophrologie pour m’aider. Sans succès. Les conséquences psychologiques sont affreuses. Réfléchissez ! Je ne serais plus jamais une femme forte. je n'ai plus cette force, je l'ai perdue. Ce jour là, je me suis perdue. Je suis persuadée que mon conjoint ne me comprend pas. Je pense que personne ne peut comprendre ce qu'on a vécu. Courage à toutes ces femmes, il en faut. Je ne pense pas qu'un jour je pourrais me relever de cette épreuve. J'ai besoin de mon chéri pour avancer, et ne pourrais pas continuer sans lui. Le jour où nous aurons j’espère un enfant, sera le plus beau ..

Mathilde 18 ans, ivg il ya 9 mois


J'ai fait  une IVG par médicament en janvier dernier : une vraie  descente en enfer. J'avais un retard de 18 jours, je mangeais tout le temps,  une fatigue constante, j'ai donc fait une prise de sang.  Le verdict tombe 2  jours après, le résultat est positif. Je me sentais heureuse mais à la fois triste de la réaction de mes parents... J'ai eu raison, aussitôt dit  ma mère m'a forcé à avorter sans même que je puisse donner mon avis, même  mon copain n'a pas eu le droit de parole (1 an que nous sommes ensemble) alors que nous avions pris la décision de le garder.


Les jours passent, j'ai fais mon échographie de datation, j'étais donc  enceinte de 7 semaines. Je me sentais faible et perdue. Le garder ? Avorter ? De toute manière, je n'avais pas le choix. Premier rendez-vous chez la gynécologue qui me donne le premier médicament  pour stopper la grossesse et le lendemain je commence l'IVG par médicament (23 janvier 2014). Les  larmes coulent. Quelques minutes après je retourne évacuer, et la douleur  était beaucoup plus forte, malaises toutes les 10 minutes, vomissements, le  sang qui n'arrêtait pas de couler. Je me suis alors rendu compte que c'était les effets secondaires du médicament, j'ai donc appelé ma  gynécologue qui m'a conseillé de continuer les médicaments... je l'ai fait  et les effets devenaient plus graves, après une énième évacuation, je me  retrouve allongée  dans le couloir sans pouvoir me relever, mes yeux qui se  ferment, ma mère qui me parlait mais je n'entendais rien, mon corps vide,  mes parents qui pleuraient. Ils appellent alors les pompiers, ils sont arrivés  5 minutes après, ilx m'ont aussitôt emmené à l'hôpital. Verdict ? Une grave  hémorragie. Je suis restée 1 nuit à l'hôpital sous  perfusion. A ma sortie, ma gynécologue m'a conseillé de continuer jusqu'à  la fin les médicaments, j'ai encore eu les mêmes effets, mais j'ai pris sur  moi.

Une fois le traitement fini, j'ai fait ma visite de contrôle chez la  gynécologue : Un bout de placenta n'était pas parti. Je devais donc recommencer une nouvelle fois les médicaments. 4 jours après (15 février 2014), je partais au Ski avec mon copain et des  amis, je me sentais très faible, je saignais encore et encore, je ne tenais  plus sur mes skis, j'étais très essoufflée à chaque effort physique,  j'allais au toilettes 12 fois par jour car j'évacuais beaucoup de caillot  de sang, j'ai perdu connaissance je ne sais pas combien de minutes dans les  toilettes, mon copain était là, mais je ne me souviens de rien. Mes vacances finies (22 février 2014), on décide de refaire une prise de  sang avec un bilan complet car je n'avais plus du tout de couleur sur mon  visage, on aurait dit une morte, en effet, ma peau était blanche, mes  lèvres étaient blanche, et toujours impossible de faire le moindre effort  physique sans être essoufflée, elle à demandé les résultats en urgences.  Je rentre alors chez moi, les heures passent, a 14h mon téléphone sonne,  c'était le laboratoire qui me disait qu'il fallait très vite que j'aille a  l'hôpital parce que j'avais un taux d'Hémoglobine a 4g/l (en moyenne il  faut être a 12 ou 14g/l), ceci explique pourquoi j'étais dans un tel état. Mes parents étaient en vacances et ma sœur était à son boulot, je n'avais  pas de moyen pour me rendre à l'hôpital, j'ai pris mon courage à deux  mains, et j'ai marché jusqu'à la gare, pris le train,  le bus, et 
marché jusqu'à celui-ci, j'avais l'impression d'être pas très loin de la  mort tellement mon état était horrible. Prise a temps à l'hôpital, j'ai  vue mon gynécologue, il m'a refait une échographie, j'étais encore en  pleine hémorragie, et le bout de placenta ne voulait pas partir malgré les  médicaments. Alors il m'a imposé de me faire une intervention  par aspiration pour enlever ce morceau de placenta. A l'hôpital (28 février 2014) à a 8h, et je me suis  fais opérer par aspiration, après mon intervention, en salle de réveil (à   10h), j'étais dans un état très faible, alors ils m'ont transfusé de 2  poches de sang.
Cet enfer a duré 1 mois, et, 8 mois après, je continue à  regretter.  J'ai tenté de mettre fin à mes jours 3 fois, je continue à en  vouloir à mes parents. Depuis mon corps et ma santé vont mieux, même si mentalement rien ne va et que  personne de mon entourage ne comprend vraiment ce que j'ai subi. Pour moi, je suis passée à côté de quelque chose de merveilleux, malgré  mon jeune âge, je me sentais vraiment prête. Si j'ai fait ce long témoignage dans les détails c'est pour raconter mon  histoire car personne de mon entourage est au courant sauf mes parents et mon copain, et que cela me libère un peu d'en parler même si ca ne réparera  jamais ce qui s'est vraiment passé. 

Le syndrome post-IVG vu par les psychanalystes


« J'ai tué mon enfant » ou « l'avortement et l'impossible du deuil des mères ». C'est par ce titre choc que s'ouvre une étude rigoureuse de la psychanalyste Danielle Bastien sur le syndrome post-IVG.

Gaelle 34 ans


Suite à notre conversation de ce matin, qui m'a fait beaucoup de bien, je prends mon courage à deux mains pour raconter mon histoire par écrit.  J'ai 34 ans et je suis maman de deux merveilleux enfants âgés de 5 et 2 ans. J'ai su que j'étais enceinte le 18 août dernier... Nous n'avions pas forcément de projet de troisième enfant mais je dois avouer que nous ne prenions pas non plus toutes les précautions pour ne pas en avoir...

Nous avons donc pris la décision d'avorter... Si je passe sur les détails de notre réflexion, c'est parce que je crois que notre réflexion est à cette image: « non-approfondissement véritable... ». Je sais ça paraît fou de parler comme ça... Surtout que l'on parle d'un avortement. N'ayons pas peur des mots.

Depuis cet avortement je vis un enfer, je suis  désemparée, je pleure sans cesse, je souffre terriblement et mon mari a mal aussi... Aujourd'hui je m'en veux tellement, je ne comprends pas un instant pour quelles raisons j'ai pris cette décision...

Ce qui me rend le plus malheureuse c'est que ce bébé me manque et que l'envie d'en avoir un ne m'a jamais autant hanté... Je n'ai plus de joie de vivre et je ne veux même plus voir mes amis...

Moi qui suis tellement bien dans ma peau habituellement, tellement drôle et avec une telle joie de vivre... J'ai peur de ne plus être heureuse. Voir une femme enceinte me rend triste...  Je culpabilise toute la journée ... D'autant qu'il n'y avait pas tellement pas de raisons valables... J'ai deux enfants splendides et un mari que j'aime...

Je crois que l'idée d'avoir un troisième sans "l'avoir prévu" nous a fait peur... J'avais des nausées terribles et je voulais qu'elles disparaissent... Quand je suis allée à l'hôpital et que j'ai rencontré la soi-disante « psy » , je lui ai dis que je voulais avorter car "financièrement, le troisième nous faisait peur » elle m'a répondu c'est "honorable comme réponse !" .  Je ne comprends pas aujourd'hui que l'on ait pu me répondre cela... J'étais novice dans le monde de l'avortement et personne ne m'a dit dans ce milieu hospitalier "attention Madame les conséquences sont souvent terribles ! " . On ne m'a jamais dit "appelez SOS ivg" ou autre chose... En fait, pas un instant, on a essayé de m'en dissuader...

Je ne cherche en aucun cas à rejeter la  faute sur quelqu'un car je suis la seule fautive mais il y a tout de même un manque d'informations en France. Je vais me battre pour aller mieux et remonter la pente pour mes enfants, mon mari et moi même...  Pour me remonter le moral, j'essaie de me dire : « au fond rien n’est  vraiment fait au hasard dans la vie... Peut être que ce choix malheureux va m'apporter d'autres choses positives.  Qui sait ? C'est comme ça qu'il faut que j'avance...

Voilà merci encore pour ce téléphone. Vous m'avez fait beaucoup de bien même si la plaie est encore très profonde, j'essaie de positiver quand je regarde mes deux amours et mon mari...

Gaëlle.