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protection de la femme

Violences conjugales et IVG


Aujourd'hui, en France, une femme meurt tous les 2,5 jours des suites de violences conjugales. C’est un véritable problème de société qui n’est pas assez rapporté par les médias. Le gouvernement semble prendre en compte l’importance du problème avec quelques initiatives encore timides. La violence conjugale fait peur et souvent on préfère ne pas en parler. Les femmes qui en sont victime éprouvent comme un sentiment de honte et n’osent pas en parler. Les médias qui se taisent se rendent complices en quelque sorte de cette "loi du silence".

Marie



J'ai 33 ans. Je suis maman d'un petit garçon de 3 ans, que j'élève seule.
Je suis enceinte de 8 mois maintenant. J'ai été confrontée à la question douloureuse de l'avortement, pour la 1ère fois de ma vie, cet été, alors enceinte d'un peu plus de 2 mois. Mon compagnon et moi même désirions cet enfant. J'ai su tout de suite que j'étais enceinte. Mais, pour une raison que j'ignore encore aujourd'hui, mon compagnon, qui se réjouissait de l'arrivée de ce petit bébé, a brusquement "changé d'avis" et décidé qu'il ne voulait finalement plus de cet enfant! Il voulait impérativement que j'avorte. Ce fut un choc terrible. Je n'imaginais pas un seul instant être un jour confrontée à l'avortement. Je n'imaginais pas que cet homme, que j'aimais plus que tout, me mettrait de la sorte au pied du mur.... S'en est suivi un chantage odieux pour que j'avorte. Nous venions d'emménager dans son logement de fonction et j'avais bien évidemment tout quitté pour le suivre. Il me proposait donc de "m'aider à repartir" si j'avortais alors que dans le cas contraire, il me mettait à la porte. Alors sans emploi, cela signifiait purement et simplement que je me retrouvais à la porte, avec mon petit garçon, sans job, sans un sou, sans logement....bref, il m'a mis une pression énorme pour que j'avorte. Jusqu'à monter mes propres parents contre moi pour qu'ils fassent pression eux-aussi pour que j'avorte.
 
J'ai vécu un véritable cauchemar. Cet enfant, il était désiré. Je ne l'avais jamais rejeté. Son cœur battait, il était déjà bien formé....il vivait déjà en moi. Totalement perdue et terrorisée par l'attitude et la pression de mon compagnon j’appelé le N° de téléphone du site ivg.net. C'est l'écoutante qui se prénome Marie qui a su trouver les mots justes pour me réconforter, me soutenir et m'aider dans le choix que je devais faire. Mais au fond de moi ce choix était déjà fait. NON, JE NE POUVAIS PAS avorter. NON, JE NE VOULAIS PAS avorter! J'ai trouvé mes limites dans l'avortement. Je savais que j'allais me retrouver dans une situation très précaire avec mes 2 enfants mais je ne pouvais pas avorter.
 
Je pense que d'une "galère matérielle" on se relève toujours; alors que l'anéantissement psychologique (que peut engendrer un avortement sous pression d'un tiers) vous tue a petit feu...
 
Je me suis battue pour retrouver un logement, débloquer en urgence un dossier RSA, déménager....le tout malade comme un chien a cause du début de grossesse. Mon petit garçon m'a suivi dans toutes mes démarches. Il m'a donné le courage d'avancer. Nous vivons aujourd'hui du RSA. Nous avons une aide au logement. Avec un train de vie tout à fait modéré nous ne manquons certes de rien. Je suis très entourée. Tout d'abord par mes amis, qui sont mon plus grand soutien. Une sage-femme de la PMI vient régulièrement chez moi pour suivre ma grossesse. Une médiatrice familiale m'aide à travailler sur la brutalité des événements de cet été et à me reconstruire tout doucement.
 
La grossesse n'est pas simple tous les jours, seule, avec un petit Loulou de 3 ans à gérer, perchée dans un appartement au 3ème étage sans ascenseur.... Mais le principal c'est que je suis bien, en accord avec le choix que j'ai fait. Autant je pense que l'on peut passer toute une vie à regretter d'avoir un jour avortée, autant je pense que l'on ne peut pas regretter, ne serait-ce qu'un instant, d'avoir fait le choix de la vie.
 
Le choix de l'avortement est, je pense, un choix personnel qui doit être fait en son âme et conscience de femme, et non sous pression d'une tierce personne, même si cette personne est la personne que l'on aime le plus au monde. D'autre part, les questions d'ordre "matérielles" qui peuvent, à un moment donné, apparaitre comme un frein dans le choix éventuel de garder son enfant, finissent toujours par se résoudre. Même sans emploi, au RSA, sans logement, enceinte, avec déjà un enfant à charge, aujourd'hui nous vivons décemment et nous sommes heureux! C'est un petit garçon qui doit naitre en février et il fait déjà la joie de son grand frère.
 
Du fond du cœur je remercie Marie pour son écoute, son aide et son soutien qui vont bien au-delà de la "simple" question d'avortement. Et courage à vous toutes qui êtes face a la question de l'avortement!
 
Marie le 28/12/2011