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ivg pour ou contre

melissa 17 ans


Bonjour, je m'appelle Mélissa et j'ai 26 ans, je viens vous donner mon expérience sur l'IVG, à l'époque j'avais à peine 17 ans.

C'était en Octobre 2004, je me souviens très bien de ce jour même 9 ans après ! Tout d'abord je tiens à préciser que mon copain de l'époque avait 24 ans et qu'il avait tout fait pour que je tombe enceinte, alors que moi je ne voulais pas car j'étais trop jeune. Ça ne lui a pas plu que je prenne cette décision, accusant à tort ma mère, il pensait qu'elle m'avait obligé. Or ce n'est absolument pas le cas. Ma mère a été là pour moi, elle m'avait dit que quelque soit la décision que je prenais, elle et mon père seraient là pour me soutenir. J'étais  trop jeune et immature, j'avais peur et mon premier souhait a été d'avorter. Je n'ai pas été seule durant ces moments très difficiles, j'ai dû en parler à l'infirmière scolaire de mon lycée, car je devais souvent m'absenter pour me rendre au "centre de planning" qui m'a aidé dans mes démarches. L'infirmière de mon lycée à été d'une gentillesse et d'une compréhension qui m'avait beaucoup touchée. Elle m'a beaucoup aidé, par ses paroles de réconfort, pour que je ne culpabilise pas de mon acte. A cette époque, ça à été pour moi un vrai calvaire, je me sentais très mal vis à vis de tous mes proches.

Ma mère est venue avec moi à chaque RDV médical ( écho, etc .. ) mais c'est seule, avec mon copain de l'époque, que j'ai vécue le jour J. Ma mère ne pouvait pas m'accompagner à l'hôpital car elle devait s'occuper de mon petit frère qui n'avait que 12 ans. J'ai été installée dans une chambre, les infirmières ont été très gentilles avec moi, et j'ai dû attendre toute la matinée. J'ai fais une IVG médicamenteuse, je me souviens avoir eu très mal au ventre, c'était affreux, de plus j'étais stressée et j'avais aussi peur, je me souviens aussi avoir vomi. Mon  ex ne m'aidait pas, je ne voulais pas le voir mais il voulait être présent. Je lui en voulais pour ce que je devais subir, même si j'avais ma part de responsabilité.

J'ai ressenti les contractions pour expulser "l'oeuf mort" hors de mon corps et cela a durée toute la journée ainsi que le soir. J'ai eu le droit de rentrer chez moi en début d'après midi, je ne voulais pas rester, j'avais besoin de retrouver mon chez moi réconfortant et aussi les bras de ma mère.

J'ai culpabilisé un bon moment, j'ai déprimé et j'ai eu des idées morbides mais j'ai tenu bon grâce au soutien d'une partie de ma famille et d'une amie qui avait vécu la même chose que moi. Personne ne m'a jugé.

Avec le temps j'ai oublié, puis j'y ai repensé et ainsi de suite. J'ai parfois regretté mon acte, mais je me dis qu'au final c'était  la meilleure décision. Je n'avais rien à offrir à ce futur enfant, j'étais trop jeune et le père était irresponsable et à sa manière immature.

Aujourd'hui, j'ai reconstruis ma vie et je me sens bien dans ma peau, je suis avec un homme depuis 3 ans et nous avons une petite fille de 8 mois. Nous avons mis 1 an à l'avoir, j'avais eu peur que mon IVG m'ait rendu stérile, mais finalement ce petit bout de bonheur est enfin arrivé. Je suis fière de ma petite puce, et je suis heureuse en tant que maman et que concubine.

Mélissa

Jeanne 27 ans


Cela fait 2 ans et demi que j'ai avorté.  A la suite de l'avortement, j'ai fait une hémoragie ( le gyneco etait contre et m'a obligé à attendre 2 mois et demi). Même si tout semble correct au niveau gyneco, je ne ressens plus de desir... ma libido ne fonctionne plus... je ne trouve aucune documentation sur ce probleme. j'ai tenteé de voir une sexologue mais cela n'a pas fonctionne. Mon ami et moi nous nous séparons... Avez-vous des informations?

 

veronique


Je m’appelle Véronique. Je prenais la pilule non pas comme moyen de contraception, mais comme traitement car depuis 3 ans les médecins disaient que je ne pourrais plus avoir d'enfant...Aussi les nausées et la fatigue ne m’ont absolument pas mis sur la piste d'une grossesse. Je commence à me poser des questions,  mes seins gonflent et me font mal...
 
Je décide d'en parler a une amie qui me dit d’acheter un test. Il était positif mais je n’arrivais pas à y croire et tombe presque dans les pommes. J'appele mon fiancé avec qui je suis depuis deux ans. Il n’y croyait pas et me dis d'en parler le soir. Le soir, il me fait part de ses inquiétudes et de ses peurs d’avoir un enfant, mais jamais il m’a parlé d’avortement. Je vais voir mon gygy qui me suit depuis des années car je ne savais pas de combien de temps pouvait dater la grossesse. Mon ami était avec moi, mais il n’a pas voulu entrer, il ne voulait pas voir la réalité... J’ai vu mon bébé, 7 semaines, j’ai entendu son cœur, et mon gygy m’a dit que mon utérus, mes trompes et tout le reste était redevenu « normal » surement grâce à cette grossesse... C’était un peu le  "bébé médicament  qui a guéri sa maman" a-t-dit.
 
Et là tout s’est décidé très vite ... J’ai pris la décision de ne pas le garder. Je savais qu’il aurait accepté l’enfant, qu’il l’aurait élevé et aimé mais je sentais qu’il n’était pas prêt... Mon fiancé était triste. J’ai rêvé, je rêve d’un enfant totalement voulu, pour lui annoncer et qu’il saute de joie et qu’il pleure de bonheur...
Mon choix était pris, 2 jours plus tard, je retrais à l'hôpital. On lui disait « au revoir », le cœur gros, mais sûr de nous… Vous devez me prendre pour un monstre, mais je vous écris mon histoire pour essayer de me faire comprendre.  J’y pense tous les jours et j’y penserai tous les jours que je vivrai. Mais, je ne suis pas sûr d’avoir fait un mauvais choix car un enfant, se fait à deux et ne doit pas être une contrainte pour aucun des deux parents...
 
L’avenir le dira. Aujourd’hui, avec mon fiancé, on fait des projets et on pense qu’on pourra fonder une famille...