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ivg par aspiration

Estelle


Voici plus d'un mois que j'ai avorté. Depuis le moment où j'ai repris conscience dans la salle de réveil à aujourd'hui, il n'y a pas un jour qui passe sans que je pleure et sans regrette "ma décision".

J'ai besoin d'aide... Je n'arrive plus à dormir, à manger. A vivre simplement. Je suis coupable d'un poids qui m'écrase. Je ne sais pas comment m'en sortir. S'il vous plait aidez moi.

Estelle

Laura 19 ans - IVG a 17 ans -


J’ai pratiqué une ivg le 22 juillet 2012 lors de notre « un an » avec mon copain qui lui a déjà un enfant de son union précédente. Enfin bref. Dés que j'ai su que j'étais enceinte, j’ai fait toutes les démarches d’accouchement dans mon inconscient. Ce bébé, je le voulais pour moi car c’était le fruit d'un amour. Pour mon copain, c’est autre chose. je voulais garder ce bébé qui grandissait en moi mais il était prêt à me quitter si je gardais ce bébé. Idiote & sotte comme je le suis, j’ai avorté sur sa pression. C’était une IVG par aspiration. Je le regrette. Je fais des cauchemars : impossible pour moi de voir ou toucher une femme enceinte. Voir un bébé est aussi  insupportable. Si je parle de cela à mon copain, il s’énerve. Il s’en fiche de ce que je ressens. Pourtant l’iVG s’est « bien passé » avec un bon suivi. Mais une question me trotte dans la tête. Ils les mettent où, les bébés après l’IVG ? Je dis « bébé » car j’ai avorté a presque 4 mois a l’hôpital Pitié-Salpêtrière a paris. Lors d’une écho, j’ai vu ce bébé amener son bras vers sa bouche. Je l’ai vue gesticuler dans le liquide. J’ai voulu avec insistance écouter son cœur.  je l’ai entendu. Cela faisait « bam bam bam bam ».

J’écrie tout cela en pleurant car je veux retourner en arrière. je regrette vraiment. je veux réparer mon erreur. A mes 18 ans, je me suis rendu compte que cela me hantait. L’échographie me hante. J’ai peur de dormir car je ne veux plus y penser. Je ressens le besoin de regarder cette échographie. Car c’est mon bébé, le fruit de l'amour de moi & son père. Lui aussi regrette mais en parle peu. J’ai besoin de faire ce deuil.

J’ai une dépression que je cache. Le soir, je pleure. En journée quand il n'y a personne, je pleure.  Où est-ce qu'ils ont mis mon bébé ? Où ? Aidez-moi ! Cela me gâche ma vie ! Je désire être maman sans même vouloir être enceinte ! Je suis obligée de mettre comme un « masque » pour me cacher de cette blessure. Je sais que c’est impossible mais je veux mon bébé. J’aimerais aboutir au terme de cette grossesse. Je n’arrive pas à faire le deuil. Aidez-moi !

 

 

Laura 19 ans – IVG a 17 ans

 

aurelie 32 ans- ivg il y a 3 mois


J’ai avorté en novembre 2013 il y donc 3 mois. J’étais enceinte de 7 semaines. Je suis maman de 2 enfants  de 4 ans et 15 mois. Pour les 2 grossesses, j’ai accouché par césarienne. 

Physiquement et  financièrement surtout je ne me sentais pas prête. Mon mari m’aurait soutenu peu importe le choix. Une fois avortée, j’ai senti comme un  soulagement,  puis j’ai eu un sentiment comme « limite ».  Je me sentais faire une dépression. 

J étais triste, lunatique. J’ai mis cela sur le compte de la chute d’hormones, mais  ensuite j’ai fait un ulcère. Je pense que l’ivg n’y est pas pour rien. Je n’ai  pas l’impression que mon mari me comprenne. Je dors très mal. J’ai beaucoup de  cauchemars et je cogite trop la nuit. Le médecin me dit que « c’est normal ». 

Combien de temps cela va t il durer ? J ai l’impression que je porte ma colère  sur mon fils ainé. Je n’ai  plus de patience. Je suis moins présente pour lui. Est-ce  normal ? Je ne le pense pas et cela me fait mal. A la base, je voulais un 3 eme  enfant un jour. Maintenant,  je n en suis pas sûr. De plus,  je suis depuis  longtemps atteint de vaginisme. Maintenant, je suis totalement « bloquée »,  Comment vais-je  pouvoir de nouveau avoir des relations sexuelles plus ou moins normales ? Merci de me conseiller.

 

Aurelie 32 ans  

belinda 21 ans


Il y a plus d'un an,  le 5 octobre 2012, j'ai subie une IVG contre ma volonté, lorsque j'ai appris que j'étais en enceinte ma mère était en vacances. Après une longue réflexion, mon ami et moi avions décidé de garder notre bébé. La seule personne à qui j'avais parlé de ma situation c'était ma tante. Et quand ma mère est revenue de ses vacances, j'avais beaucoup trop peur de lui en parler. Alors ma tante l’a fait à ma place. C’était la fin du monde pour moi parce que ma mère ne l’a pas du tout accepté.  Elle a commencé à me dénigrer et à m'insulter en me disant que j'étais la honte de la famille parce que j'étais tombé enceinte hors mariage, que je n'avais que 19 ans et que tout le monde allait parler sur notre famille (pour elle, c'était plus le regard des gens qui la préoccupait que mon état de santé). Quand ma grande sœur a découvert que j'étais enceinte, elle aussi, a commencé à dénigrer mon bébé et moi. En effet, elle et moi, nous  n'avions jamais eu de bon rapport. Mais étant donné quelle était aussi tombée enceinte à l'âge de 19 ans, j'avais pensé qu’elle allait me soutenir et mettre nos rancunes de coté. Mais non ! au contraire elle en a profité pour se moquer de moi et je me suis défendu : je l'ai insulté et depuis voilà 1 an qu'on ne s'adresse plus la parole et qu'on a rompu tout contact. 

Mais pour revenir à mon histoire : ma mère s'est mise à fouiller dans mes affaires pour prendre RDV avec mon gynéco pour que j'avorte. J'en ai parlé à mon copain et il s'est rangé du coté de ma mère en me disant qu'il était trop jeune (il avait 21 ans à l'époque) et qu'on allait gâcher notre avenir. Et que j'allais devoir aller dans un foyer pour jeunes mamans parce que lui habitant chez ses parents, il n'allait pas pouvoir nous assumer. Et à ce moment la, je me suis sentie seule et abandonnée sans soutien moral. Je n’avais qu'une envie c'était de mourir ! J’étais perdue sans repère et le pire dans tout ca c'est que je ne savais pas quoi faire. Pendant ce temps, ma mère continuait à me menacer en me disant que si je gardais cet enfant, elle m'effacerait de sa vie et qu'elle me mettrait dehors. J'allais me retrouver à la rue et que j'allais avoir une vie misérable avec mon enfant sans personne pour m'aider.

Je sais que c'est triste à dire mais à ce moment là, j'ai vraiment détesté cette femme qui pendant 19 ans se comportait comme une mère ! Pour s'assurer que j’allais bien avorter, elle m'accompagnait à tous mes RDV médicaux. J'avais tellement peur que je n'ai pas su imposer mon choix : c'est à dire garder mon bébé. Le jour que je redoutais le plus est arrivé. Je me rappelle que entre 6H et 6H30 je devais prendre une pilule qui devait faciliter l'intervention mais devant cet acte il était impossible pour moi de l'avaler car pour moi c'était comme si je tuais mon bébé. Alors j'ai appelé mon copain. J’avais dans l'espoir qu'il m'empêche de la prendre et qu'il me dise de ne pas avorter. Mais non, au contraire ! Il me répondit que « je n'avais pas le choix et que je devais la prendre ». Alors je l'ai avalé en pleurant toutes les larmes de mon corps sans personne pour me soutenir. Ensuite, je suis partie toute seule à l'hôpital et j'ai fait l'IVG juste après l'intervention. Lorsqu'ils nous ont transféré dans un chambre, j'ai commencé à faire une crise en hurlant « rendez-moi mon bébé ! » A ce moment là, une psychologue est venue pour me calmer. Je me sentais tellement mal et sale ! Je me détestais et jusqu'a aujourd'hui, je continue de me détester. Voilà 1 an que j'ai subie cette IVG et voilà 1 an que j'essaye de me reconstruire mais en vain ! Je suis toujours avec le père de mon bébé mais lui et moi c'est plus comme avant ! C'est comme si quelque chose s'était brisé entre nous.

En fait, j'ai l'impression qu'il m’a abandonné alors que mon bébé et moi avions besoin de lui. Et même si j'habite toujours chez ma mère, je pense qu'une partie de moi ne lui pardonnera jamais ce qu'elle m'a fait. Il n'y a pas un jour où je ne pense pas à mon bébé ! Tous les jours, je pleure et j'ai du mal à dormir parce que je sais que mon bébé aurait eu 5 mois aujourd'hui ! Et quand je vois qu’autour de moi des jeunes filles ont des enfants avec leur mère et leur copain auprès d'elle, je souffre d'avantage parce que même etant seule, j'aurais du imposer mon choix et donner la vie à mon bébé ! Car lui, n'avait rien demandé. Et même si je l’avais gardé pour l’élever toute seule et que cela n'aurait pas été facile, mon bébé serait en vie. Et pour moi cela n'a pas de prix. Merci d'avance. J'espère que j'aurai une réponse de votre part.

 

Belinda 21ans

stephanie 34 ans


Bonjour à toutes ! (et à tous car messieurs si vous nous lisez ceci aussi vous concerne !)

Hier soir après avoir discuté avec une écoutante, j'ai décidé de vous apporter mon témoignage quand à mon interruption "involontaire" de grossesse, oui je dis bien involontaire car je ne le souhaitai pas. Je l'ai fait après avoir subi des pressions abominables de mon conjoint et des membres de ma propre famille qui étaient au courant (aujourd'hui j'ai coupé les ponts avec mon père).

Je commence mon histoire et j'espère que vous aurez la patience de la lire jusqu'au bout.

J'ai 34 ans, je suis la maman de 3 adorables garçons que j'aime de tout mon cœur. Je vis en couple, je dispose d'une bonne situation donc à priori tout va bien sauf qu'avant cet été mon conjoint et moi avions eu des soucis de couple et en plus je rencontrai des soucis financiers (oui nous faisons comptes séparés), j'ai arrêté de travailler pour élever l'enfant que nous avons eu tous les deux, mes deux premiers sont issus d'un premier mariage. Je me suis mise en congé parental et j'ai rencontré des soucis d'argent, je n'avais plus de quoi avancer l'argent pour me payer le médecin au risque de faire un chèque sans provision, et donc je ne pouvais pas aller renouveler ma pilule ! A cette période, mon conjoint et moi n'avions plus de relations,

J’avais même entamé une demande de logement qui est toujours en cours. Malheureusement, un soir, nous avons eu des relations et ce qui devait arriver et bien arriva, j'employai la méthode dite du calendrier, et notre relation a eu lieu 2 jours après avoir eu mes règles, donc je ne pensais pas qu'il y ait pu avoir des risques. Mais voilà, je suis débile ! C’est ce que m'ont balancé certaines personnes ! Bref, j'assume l'entière responsabilité de ce qui est arrivé, la seule fautive c'est moi par contre pour ce qui a suivit après je ne l'ai pas mérité.

Je suis déjà passé par 2 ivg auparavant. La première à l'âge de 18 ans, à l'époque, nous n'avions pas de droit de parler de sexe à la maison avec mon père c'était tabou, très stricte, j'avais des relations en cachette et je suis tombée enceinte, j'en ai parlé à ma mère et j'ai pris toute seule la décision d'avorter car j'étais trop jeune, je ne me sentais pas prête, sans situation, sans argent, j'avais selon moi de bonnes raisons de le faire, et même si çà m'a rendu triste quelques temps, j'avais pris la bonne décision et je m'en suis remise.

Après un mariage chaotique et 2 enfants, j'ai rencontré un homme plus âgé, qui voulait faire sa vie avec moi, me faire un enfant, il m'a mise en confiance et quand j'ai fini par lui annoncer ma grossesse, il m'a dit qu'il n'en voulait pas et qu'il ne le reconnaitrait pas, j'ai avorté, il m'a laissé tombé une semaine après et plus tard j'apprend qu'il se servait de moi et qu'il me trompait et cela dès le début de notre relation.

Puis le temps passe et je rencontre l'homme avec lequel je vis aujourd'hui, que je pensais humain, différent des autres mais au final je me rends compte que je me suis encore trompée. Nous avons pris la décision d'avoir un enfant et nous avons eu un magnifique petit garçon qui a aujourd'hui un peu plus de 2 ans puis comme je vous l'ai expliqué nous avons commencé à avoir nos soucis de couple. J'avoue que mon récit peu paraître flou mais j'ai du mal à expliquer en quelques mots mon histoire.

Un jour, en cherchant une date de je ne sais plus quoi dans le calendrier je me rends compte que zut j'ai du retard, je cours directement à la pharmacie, je fais le test et la terre s'écoule sous moi. Comment allais-je faire pour annoncer çà à mon conjoint ? J'étais en larmes, au bord du gouffre, j'ai alors appelé ma petite sœur et elle m'a prise de haut en disant qu'elle n'était pas étonnée que çà me pendait au nez, alors que je cherchais juste à parler et de la compassion, ma famille m'a jugé et disait du mal de moi.

Lorsque mon compagnon a appris la nouvelle il a juste dit "quelque soit ta décision je te soutiendrai", mais je savais bien qu'il sous entendait par là de me faire avorter, pas à un seul moment je n'ai pensé à faire partir mon bébé, je n'avais selon moi aucune raison valable de le faire, une voiture 4 places, une maison, une situation confortable, rien ne justifiait cet acte, je voulais assumer et pour moi un enfant c'est certes des responsabilités mais un concentré d'amour !

Lorsque j'ai dit à mon conjoint que je voulais garder cet enfant c'est là que l'enfer a commencé, j'ai eu droit à des menaces de suicide, que j'étais responsable de son malheur, que je faisais des enfants pour l'argent, que j'étais une irresponsable, que je ne savais pas m'occuper de 3 enfants alors 4 n'y pensons même pas, il s'est mis à boire encore plus. Pendant ce temps là moi je parlais à mon enfant, je l'aimai de tout mon cœur, je lui disais que je serai là pour le protéger envers et contre tout, je voulais même fuir dans un foyer d'hébergement, je ne savais plus où j'étais, j'étais perdu, seule avec tout l'entourage qui me rabaissait et me poussait à avorter. J'ai été rabaissé, humilié, intimidé pour que je finisse par craquer et çà a fini par arriver.

La veille de partir en vacances, valises bouclées et devant les enfants, mon conjoint m'annonce qu'on ne part plus. Mes fils se sont mis à pleurer et mon conjoint à dire que c'était de ma faute, lui ne voulait plus partir et je rendais tout le monde malheureux. Et là j'ai fini par craquer j'ai accepté. L'après-midi même j'avais vu mon bébé à l'échographie pour évaluer les risques de trisomie 21, comment pouvais-je tuer ce petit être que je venais de rencontrer, j'avais vu ses petits pieds, ses mains ses petits doigts, son minuscule petit nez, j'ai vu battre son cœur, je l'ai vu bouger dans mon ventre. 4h plus tard, le géniteur avait gagné, il m'avait eu, avait pris mes enfants en otage.

J'ai avorté 4 jours avant la fin du délai légal à 1.000 km de chez moi, c'était le vendredi 26 juillet et le samedi je reprenais la route pour faire 1.000 km et rentrer dans l'autre sens. J'ai l'impression d'avoir abandonné mon enfant si loin, d'avoir commis un « meurtre ». Je suis en colère je me déteste. J'en veux à cette fameuse loi soit disant créée pour les femmes, pour leur permettre si elles le souhaitent de ne pas avoir l'enfant « non désiré », et je me dis que cette loi finalement a été créée pour les hommes !

Je ne dis pas de revenir dessus mais les médecins ne peuvent-ils pas refuser un tel acte quand on sait que la femme subit un harcèlement moral pour qu'elle se fasse avorter, qu'elle souhaite garder son bébé ? Aujourd'hui quelque chose est mort en moi, je ne ressens plus rien, la tristesse d'autrui me laisse sans réaction, je me suis enfermée dans une bulle où il n'y a que mes fils et moi. Je ne veux plus voir personne, j'en veux à mon conjoint, je veux partir loin ! Pas un jour ne passe où je ne pense pas à mon bébé, il me manque, je pleure en vous écrivant, mon cœur me fait souffrir c'est une douleur physique, j'ai l'impression qu'on me le serre très fort et qu'il va exploser. J'ai l'impression de ne plus avoir du but dans la vie, d'être un monstre, je me sens comme sur un nuage d'où je regarde les gens sans vraiment les voir. Je me sens violée, dépossédée de mon corps, dévalorisée dans mon rôle de mère, je me sens seule sans personne à qui parler.

J'ai demandé pardon à mon bébé pour mon geste, mais je n'arrive pas à trouver la consolation, ni la paix de l'âme, j'ai l'impression de n'être qu'une coquille vide. Hier soir, mon conjoint a avoué la vérité à sa mère qui a dit "ce n'était pas un bébé, il n'est pas né", "elle va s'en remettre, de toute façon c'est sa faute" mais comment peut-on dire ce genre d'horreurs ?

Comment peut-on apporter si peu d'intérêt à la vie humaine, si petite fut-elle ? J'ai essayé il y a quelques temps de me faire du mal, tellement je souffrais, j'ai essayé de faire éclater mon foie en busant une grosse quantité d'alcool, j'ai juste été bien malade, c'était débile ! J'ai beau me dire que je dois me raccrocher à mes enfants, je n'y arrive pas. Cette nuit j'ai rêvé que mon stérilet tombait dans les toilettes, et que je disais, çà y'est, je vais pouvoir faire revenir mon bébé. Je deviens folle, j'en peux plus. Je ne supporte plus de voir un bébé, entendre un bébé pleurer, une femme enceinte.

Lorsque je portais ce petit enfant je me sentais si bien ! Aujourd'hui tout n'est que néant.

 Stéphanie