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ivg par aspiration

IVG par aspiration : Sandra a 24 ans.


Sandra 24 ans parle de son IVG par aspiration et de sa grossesse désirée. Elle a été trahie et poussée à l'avortement par son compagnon

IVG par aspiration a 40 ans


IVG par aspiration a 40 ans. Léonie est tombée enceinte a 40 ans. Ce n'était pas prévu pour elle ce fut très bonne nouvelle. Elle a déjà deux enfants 

Conséquences psychologiques de l'IVG, syndrome post IVG


Conséquences psychologiques de l'IVG : s'appuyant sur de nombreuses études scientifiques, l'auteure de ce Dossier, décrit les différents symptômes possibles suite à un avortement

anais ivg par aspiration il y a 3 ans


Anais, Il y a 3 ans, j'ai appris que j'étais enceinte de 12 semaines. Déjà maman d'un petit garçon de 13 mois à l'époque, je ne me sentais pas capable  d'assurer une deuxième grossesse aussi rapprochée. J'ai donc informé mon  conjoint de mon souhait d'avorter. Il ne s'y est pas opposé. Le jour de  l'IVG, j'y suis allé toute seule, il travaillait. A aucun moment il m'a  demandé comment je me sentais. Pour lui, c'est fini, il n'y a pas besoin d'en parler. Mais pour moi au fil des  années, la douleur est toujours là. Je me rappelle chaque minute de cette journée. Depuis j'ai eu une petite fille qui a 7 mois... Mais tous les jours,  je pense à cette journée... Croyez-vous que la douleur passe avec les années ?
 
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clara 19 ans


Avorter est quelque chose de difficile, même si c'est une décision que l'on a prise seule, même si on est convaincue que c'est la « meilleure chose » que l'on puisse faire, pour nous.

J'ai avorté par aspiration il y a maintenant deux mois, à 19 ans.

Je prenais la pilule mais aussi beaucoup de médicaments (pour des migraines et pour me soulager des mois précédents qui avaient été très difficiles). Je voyais un garçon depuis longtemps maintenant et j'en étais amoureuse - je le suis toujours d'ailleurs. A cause de changements de pilule et je ne sais, je n'avais pas mes règles depuis le mois de mai. Je faisais des test régulièrement mais ils étaient tous négatifs. Au mois d'Aout, je me suis aperçue que malgré une grosse perte de poids, je prenais du ventre.

Je ne faisais que manger, j'étais tout le temps fatiguée et j'ai mis ca sur le compte d'une petite dépression car je travaillais tout l'été et me sentais très seule. J'ai fini par refaire un test de grossesse qui s'est avéré être positif. J'en avais tellement fait dans ma vie avant que je n'arrivais pas à réaliser que cela pouvait être vrai, que ça arrivait vraiment. J'ai fait  une prise de sang qui m'a confirmée la grossesse.

Selon leur tableau, j'étais a plus de 3 mois et demi, l'avortement n'était pas possible. Ma mère m'a trouvé en larme, j'avais peur. Après l'échographie de datation, il s’avérait que j'étais a 9 semaines et que j'avais encore le temps. Un soulagement, presque. Si j'avais le temps, c'est que j'avais le choix. Bien sur, pour ma mère, c'était hors de question que je garde cet enfant. Le père, malgré mon amour, n'est pas l'homme de ma vie et il n'aurait jamais voulu le garder. Il était en voyage, je ne pouvais pas lui parler, je ne savais même pas si je lui manquais. Je me suis pas vraiment posée la question, pour moi c'était 'dans l'ordre des choses' que je me fasse avorter. J'étais étudiante, jeune et j'étais dans une relation qui ne menait nulle part. J'en ai parlé à mes amies, qui ont été là pour moi et pour elle aussi le garder n'était pas la bonne solution. Lorsqu'à l'échographie j'ai entendu le cœur battre. Mon corps s'est détendu. De toute ma tête et de tout mon corps, je ne voulais pas cet enfant car c'était impossible... Mon corps était inévitablement fou de ce dernier, l'aimait, le chérissait. J'ai vu le père 1 semaine avant l'avortement, je lui ai dis. Ca demande du courage, mais il ne faut pas cacher ce genre de choses, c'est tellement puissant que le cacher détruira une relation, même si le dire est une prise de risque. Il n'a pas vraiment oscillé, pour lui l'avortement était également la seule option envisageable. Quand il posait sa main sur mon ventre (je gardais toujours la mienne dessus, comme barrière devant ce monde de brute surement), je me sentais enfin complète.

L'avortement par aspiration n'est pas quelque chose de simple, même si on se dit qu'on s'endort et qu'au réveil, comme par magie, c'est comme si rien n'avait jamais existé (J'ai choisi l'anesthésie générale). Les comprimés que l'on nous donne déclenche des contractions, la douleur peut être très forte, j'en ai vomis, j'en pleurais et j'ai même du descendre au bloc plus tôt pour qu'ils m'endorment afin de me soulager.. Le père n'était pas là de la journée, ma mère m'avait accompagné et même si on pense que personne ne nous comprend, que cette souffrance ne peut pas être partagée, être avec un proche aide. Au reveil, on se sent vide, épuisée. Mais je ne me sentais pas coupable. J'en plaisantais presque. La veille, j'ai écris une lettre à l'enfant, peut etre pour soulager ma conscience. Je n'ai pas encore chassé mes propres démons, je n'étais pas prête a chasser les siens. Je voulais qu'il soit aimé plus que tout, il ne l'aurait été qu'à moitié. Je n'aurai pas pu lui offrir tout ce dont il avait besoin. Alors oui, j'ai fais le bon choix, j'en étais convaincu. Je le suis toujours quand je vois ma vie aujourd'hui. Ma relation avec le 'pere' ne s'est pas améliorée, on se voit toujours, je l'aime toujours, lui peut etre un peu mais pas comme j'aimerai.

 

Je ne suis pas heureuse, et parfois je me dis que s'il avait été là, je l'aurais été pour lui, et par lui. Mais peut être que non et qu'il aurait souffert.

 

Avorter est un choix compliqué car on ne peut pas dire de quoi demain sera fait. Certaines ont gardé le bébé et vivent heureuses avec aujourd'hui. D'autres non. On jalousera toujours celle qui a eu le courage, et qui a été récompensée. On dénigrera toujours au contraire, celles qui l'ont gardé et qui n'y arrivent pas. 'Trop jeune, trop stupide'. On trouvera toujours un moyen de pleurer parce que ce bonheur aurait pu être le notre, mais il sera ! Un jour, on sera mère, et des mères formidables, on l'aimera de tout notre coeur et on pourra lui donner ce que l'on peut .

 

Il n'empêche qu'il me manque, que j'ai mal, mais je persiste dans l'idée qu'il m'a pardonné. Qu'il sait que je ne pouvais pas, pas que je ne voulais pas.

 

Rebeca 25 ans, ivg il y a 3 ans


 Je suis tombée sur vos témoignages afin de comprendre pourquoi mon attitude  était ainsi après une IVG non voulue. Savoir si j'étais " normale " ou si   j'étais " folle/malade " comme je peux l'entendre à chacune de mes « crises » .  C'était en août 2013, je travaillais, j'avais le sentiment de ne plus être  «  seule » intérieurement pourtant je n'avais jamais été enceinte auparavant.   J'avais un retard d'un jour seulement, ce qui m'arrive assez souvent. Je décide d'en parler à l'une mes meilleures amies. Je décide d'attendre 3-4   jours au cas où mes règles arriveraient, ou pas ... J'achète ce test. Ça fait plus d'un an que je suis avec cet homme qui pour moi était l'Homme de ma vie. J'attends le résultat ... Positif ! Les larmes viennent, je l'appelle et il me demande ce qu'on va faire ? J'étais  catégorique :
" On le garde, mais ne t'en fais pas, je n'ai pas besoin de toi ! si tu n'en veux pas, je m'en sortirai seule".  Parce qu'il n'en voulait pas, lui. Et à partir de ce moment là j'étais heureuse comme jamais,  je mangeais  tout ce qui me faisait plaisir afin de lui faire plaisir. je l'aimais déjà   sans même le connaître. J'ai donc décidé de le dire à ma mère et là,   le drame. Elle me disait : " tu ne peux pas nous faire ça, tu as déjà grandi sans  père, tu ne vas pas l'élever seule, il sera malheureux à cause de toi !   C'est ça la vie que tu veux offrir à un enfant ?! Qu'il soit malheureux   toute sa vie ? »  Seulement, je savais que je le chérirai toute sa vie, je lui donnerais tout  mon amour et toutes les forces que j'avais pour réussir dans la vie. Elle n'était pas de cet avis, elle m'écrivait à travers des lettres pour me faire culpabiliser, en s'appuyant sur la mort de mon père et mon enfance   difficile sans lui afin que je prenne la décision qu'elle voulait que je prenne : l'avortement. J'étais décidée, c'était Non. J'étais seule comme jamais. La solitude m'habitait pleinement. Tous contre moi. Aucun soutient. Des lettres de celle qui m'a mise au monde. De l'amour pour mon copain qui se transformait en haine. Que faire ? Toute cette pression, je venais d'avoir 22 ans, j'étais mentalement faible   face à tous ces horribles mots. Il était déjà trop tard pour prendre les médicaments, c'était   l'aspiration ou rien. Il me restait 1 semaine pour pratiquer cette intervention horrible. 1 semaine seulement et après je n'aurais plus eu le choix, ma mère n'aurait plus eu le choix. L'intervention était programmée et la veille je disais encore que je n'irais pas. Ma mère me répétait " Ne nous fait pas ça je t'en prie ! " J'y suis allée, je pleurais, j'étais tétanisée, je tremblais, je savais   qu'après cela rien ne serait plus jamais pareil. C'est le moment de m'endormir : je pleure, me débat et le docteur dit : "   vous êtes sûre de vous mademoiselle ?? Vous êtes majeure vous avez le  droit de choisir ! " et j'ai juste répondu " Je ne veux pas mais je le fais   pour ma mère et pour mon copain " et c'est comme ça que ma vie s'est arrêtée. Je suis comme " morte " depuis ce jour là. Ma vie s'est arrêtée. Vide. Ce   sentiment ne me quitte plus depuis ce jour. Pourquoi je n'ai pas eu plus de   force pour résister à la pression ? 
Au début, il m'était impossible d'approcher des enfants sans pleurer, sans  imaginer le mien à travers eux. Sans voir leur regard innocent traverser le  mien et leur amour véritable envers les gens qu'ils aiment.  j'aurais  aimé connaître mon bébé, mon amour que j'aimais déjà de   tout mon cœur.  Son cœur battait déjà et j'ai contribué à sa mort. La colère m'habite, les larmes me noient, le vide me remplit. Je suis seule dans ma tristesse. Personne pour comprendre, personne pour me soutenir. Après l'intervention, ma mère m'attendait. Je pleurais, je ne parlais plus  et elle m'a dit : " Je te préviens il y a tes frères à la maison, donc tu  rentres et tu fais comme si de rien n'était et tu souris. Tu veux manger des  pâtes ? Ton plat préféré. " Et c'est comme ça que ça s'est passé, les prochains jours se passaient   dans mon lit, chaque fois qu'un membre de ma famille passait je devais faire   semblant de rien, comme si j'étais juste malade, un petit rhume n'est ce pas   ? Mais non, c'était une maladie qui me prenait au plus profond de mes   entrailles, comme une main qui creusait à l'intérieur de mon cerveau et me   répétait " Il n'est plus là maintenant, tu l'as tué, tu es faible à   cause de toi il est mort ! " Je ne suis pas retournée au travail. J'étais une loque. J'étais en arrêt   maladie pendant un mois. 
Au bout de ce temps, premier jour de travail, on m'avait changé de rayon je   travaillais, comme par hasard, au rayon enfant de mon magasin de vêtements.   À peine arrivée, crise d'angoisse, je suis rentrée chez moi. Je suis  partie voir mon médecin et c'est là que ça a commencé. Ma thérapie : une séance chez le psy une fois par semaine, des anti-depresseurs la journée et la nuit pour enfin réussir à fermer les   yeux. Une psychologue merveilleuse se présentait à moi. Au départ, rien à dire.   Des choses subtiles, celles qu'on dit à tout le monde pour parler de tout et  de rien : La surface. Petit à petit, on creuse. On touche du doigt les points les plus sensibles de mon être. Ceux qui te prennent au ventre et serrent ta gorge au point de  ne plus pouvoir sortir un mot. Ça fait mal. La souffrance prend le dessus et   devient incontrôlable. Je pleure. Je suis seule. La haine envers mes proches me hantent.
Mon copain, devenu ex-copain après  ça, me dit qu'il regrette et qu'il aurait voulu le garder en fin de compte.   Cette phrase m'a bouleversé davantage et je trouvais ça horrible de me la   dire alors qu'il est trop tard. C'était terminé. J'étais seule face à ma  terrible douleur. Les médicaments ont mis 1 mois et demi voire 2 mois à prendre effet. Mes angoisses étaient toujours présentes mais les médicaments m'aidaient en   quelque sorte à atténuer les idées noires. Il fallait que je les prenne au minimum 6 mois. J'étais mal, je ne voulais plus me soigner et l'envie de  mourir m'envahit très vite. Envie de s'enterrer. Un bain, beaucoup d'eau, ma  tête sous l'eau et me voilà en train de partir, la pression je la ressens  de nouveau mais je ne trouve pas de raison de remonter à la surface. Une main vient me rattraper et me sort de l'eau. Je n'étais plus seule et pourtant ce sentiment ne me quittait jamais. La reprise du traitement et les séances chez le psy étaient difficiles mais   ça me soignait. Seulement les grandes vacances arrivaient, la psy devait s'absenter et ma  douleur de réveillait. Je fais cent pas en arrière, elle revient, on recommence le protocole. On  reprend là où on en était seulement je me répète. Je parle de ce bébé,  celui que j'ai abandonné et qui me hante chaque jour. Je n'arrive toujours   pas à côtoyer des enfants. Je suis susceptible à toutes les remarques   qu'on puisse me faire.
Je suis prête à exploser à chaque instant. Est-ce  que je vais m'en sortir ? Est-ce que la douleur sera plus forte et prendra le   dessus un jour ? Est-ce que je vais franchir le cap et quitter ce monde afin   de le rejoindre, mon bébé ? La douleur s'atténue de temps en temps mais je rechute aussitôt. L'envie de   mourir est plus forte que jamais. Pourquoi est-ce que personne ne m'a soutenu   ? Pourquoi on ne m'a pas écouté ? Pourquoi personne ne me comprend ? Pourquoi tout le monde pense que c'est la  « meilleure décision » sauf moi ? J'étais prête à l'aimer, à tout lui donner et pourtant il est parti. Son cœur battait déjà et j'ai arrêté ce   phénomène magnifique qui lui permettait de vivre à l'intérieur de moi. Après des mois de séances chez le psy et mon traitement, je commence à   relever la tête. Sans jamais oublier. Je rencontre un nouveau garçon, j'ai  l'air heureuse mais la souffrance me rattrape plus vite que je ne le pense.   Des pleurs sans raison, juste la vue d'une poussette, une femme enceinte, une   famille. Mon copain ne comprend pas et ce sont des disputes à chaque fois   car il est impossible pour moi de lui parler, je n'y arrive pas. Jusqu'au jour où je lui avoue mon plus grand secret et il dit : " tu as pris la meilleure décision " et à partir de ce moment j'ai sû qu'il ne   comprendrait jamais ce que j'ai vécu et continu à vivre. Il m'a forcé à  arrêter mon traitement et la psy disant que je n'avais pas besoin de ça et  que c'était pour les fous. Je suis retombée. J'étais à terre. Sans personne à qui parler. Mon état se dégradait de jour en jour. Je n'avais plus le courage de rien.   Plus de sentiment à donner, rien à montrer à part de la haine. Les crises   de colère se multipliaient. Je devenais incontrôlable. Nous avons rompu, je  revoyais ma psy et ça me faisait beaucoup de bien mais ça coûtait cher, je ne pouvais plus y aller toutes les semaines. Et chaque fois je replongeais dans ce néant.
 Aujourd'hui je suis avec un homme. Il me rend plus heureuse que jamais mais il me manque toujours une chose que je n'arrive à combler. Il a des enfants auxquels je me suis vite attachée, ils sont adorables, je les aime mais j'ai  mal au fond de moi. J'aurais aimé voir mon bébé parmi eux. Qu'ils   partagent aussi notre vie et voir son sourire. Mes crises arrivent moins   souvent mais quand elles sont là c'est terrible j'ai envie de tout casser.   Le monde s'écroule autour de moi, j'en veux à tout le monde. Je veux juste  être seule et disparaître. Je ne suis pas folle, j'ai juste subi l'horreur   des préjugés et la pression de personnes qui ne m'ont jamais comprise. Je ne perd pas espoir, je m'en sortirai un jour, du moins je l'espère avant   que la souffrance soit trop intense pour que je puisse la contenir.  Réfléchissez, ne vous laissez pas abattre et surtout prenez les meilleures   décisions pour vous car on peut être conseillé, mais on ne peut pas  décider à votre place.  

Ingrid 22 ans, ivg par aspiration a 11 sa


J'ai fait un avortement par aspiration a 22 ans. Après 5 mois de relation avec mon copain, nous commencions à nous projeter dans un avenir. Quand un jour, grosse perte de sang. Je ne me suis pas plus inquiétée que ca en me disant simplement qu'il s'agissait de règles un peu fortes. 2 mois plus tard, je consulte mon médecin pour une fatigue intense, il me  prescrit un bilan sanguin. Le verdict tombe : je suis enceinte. Je réalise une écho d'urgence et me voilà à 9 semaines de grossesse. Puis mon ventre s'est arrondi, puis des nausées et les seins énormes. Je me suis sentie seule, vide, sans savoir comment réagir. J'en parle à mon conjoint.  Sa réaction : " dans notre malheur, nous avons de la chance. Nous pouvons avorter ! " . Tellement désemparée que je ne cherche pas à comprendre ! il doit avoir raison... Le jour de l'avortement,  je passe ma journée à pleurer. A mon réveil, je me sens vide, sale, inhumaine. Je l'aimais déjà cet enfant, c'était mon sang, ma chair,  ma vie. Si j'ai un conseil à donner à toutes les jeunes femmes qui sont un jour confrontées à cela, c'est de prendre le temps, le temps de réfléchir… Une semaine c'est tellement peu et cette décision change toute notre vie... Aujourd'hui,  j'ai du mal à me relever de cette blessure qui me torture au quotidien.

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Alice 26 ans, IVG par aspiration a 18 ans


Alice 26 ans, IVG chirurgicale à 18 ans.  J'étais en terminale, ma mère et mon beau père étaient en train de se   séparer. Ma mère était hospitalisée, je vivais chez mon petit ami. Je   n'allais pas souvent en cours, encore moins chez le médecin. Je n'ai pas  fait renouveler ma pilule ce mois là.  Avec mon copain nous en parlions en   plaisantant, nous nous disions que nous si jamais cela arrivait nous  l'assumerions. Nous ne le prenions pas au sérieux. Et pus le temps est   passé, et au bout d'un moment je me suis dit que cela faisait longtemps que   je n'avais pas eu mes règles. Je n'avais aucune notion du cycle féminin, de la date de mes règles, de la date de mon ovulation ni quoi que ce soit.   J’étais totalement ignorante. Alors un peu dans le doute j'ai fait un   test. J'ai laissé mon copain regarder. Moi j'examinais la notice quand il me   dit "deux barres c'est négatif non?". Le choc. J'ai rit. Pour moi il   plaisantait. Mais non, il y avait bien deux barres. Je n'en ai parlé à personne. Silence radio. Je ne me suis posé aucune  question, il fallait que j'avorte et vite ! Avant que cela ne se voit, avant  qu'il ne soit trop tard. Pour moi cela n'aurait aucune conséquence   psychologique ni physique. Par contre, si je le gardais, je savais que je serai la risée de ma ville, de mon pays même. Tellement nous sommes  informées sur la contraception en France, et l'IVG, que je serai passé pour une idiote et une "mauvaise mère" de l'avoir gardé ! J'aurais « ruiné ma vie, et celle d'un enfant ». C'est comme ça que je le voyais. Puis j'étais  immature, même pas capable d'aller en cours. ma vie familiale était si compliquée, avec ma mère déprimée qui entrait et sortait de l’hôpital.   Mon copain était tout aussi paniqué que moi. J'ai pris les RDV, j'ai eu une   échographie (seule, mon copain travaillait). J'ai pleuré. Je me suis fait  mal recevoir par le gyneco qui me trouvait inconsciente et immature, qui  considérait que ma génération prenait l'ivg pour une contraception...
Le RDV était pris pour l'IVG, alors j'en ai parlé à ma mère pour lui montrer que j’étais enceinte, certes, mais que j'avais déjà entrepris toute les démarches pour l'IVG, j’étais donc une jeune femme "responsable"selon moi.   Elle n'a rien dit, elle m’encourageait dans mon "choix".  Mais en fait, elle l'avait déjà fait plusieurs fois à la demande de celui qui était en train  de la quitter. Avec le recul, elle aurait du me parler de sa douleur. Elle a «  banalisé ». A ce moment là de sa vie, je pense que si j'avais gardé mon  bébé ça l'aurait « achevée », elle, qui en voulait tant ... Elle n'a pas été  bienveillante, mais ce ne sera ni la première, ni la dernière fois... La veille au soir de l'intervention, mon copain doute et me dit que si je veux le garder, il travaillera jour et nuit pour l'assumer. Mais pour moi c'est trop tard, tout est déjà mis en place, c'est prévu pour le lendemain   matin. C'est trop tard. Ce matin là, je ne me réveille pas, nous arrivons avec plus d'une heure de   retard à la clinique. Nous sommes quand même pris en charge. On me donne un  médicament pour je ne sais plus trop quoi faire mais je le vomi, ce sera ma  première et dernière nausée matinale. Puis un ovule pour dilater le col.   Puis, on vient me chercher. Je pleure toutes les larmes de mon corps jusqu'au  bloc.
On me dit que si je m'endors en pleurant je me réveillerai en pleurant. Et ce fut le cas. Je pleure encore et encore. Une psy vient me voir dans ma chambre pour me rassurer et me dire que j'ai « fait le bon choix ». Je l'envoie balader, après tout comment peut-elle affirmer que je n'aurais pas été une bonne mère ? ... Mon copain m'offre une peluche. Je sors le jour  même. Je ne vais pas bien et ca ne passera pas. J'essaie tout pour aller mieux : j'écris un blog, je pars en vacances... Mais non, je déprime. Mon  copain aussi. Dans sa voiture un jour il me dit qu'il manque quelqu'un, un   enfant. Nous décidons ensemble d'essayer d'en refaire un car nous  considérons que nous avons fait la plus grosse erreur de notre vie. Mais  nous n'y arrivons pas. 8 mois passent… Quelle injustice! 1 mois sans pilule  et je tombe enceinte, 8 mois d'essais et rien. J'ai mon bac contre toute  attente. Mon copain me quitte quelques mois plus tard. Je pense que c'est   l’accumulation entre l'IVG, ma mère envahissante... trop de négativité   pour lui, il est parti. J'abandonne les études. Suite a cela,  je passe 4  mois sans avoir mes règles, je crois que je suis vide.  …
Épilogue : je m'engage dans l'armée un an plus tard, j'ai 19 ans. Je  rencontre un homme à 20 ans qui deviendra mon mari 10 mois plus tard. Nous  aurons notre premier enfant en 2012, un garcon. j'ai 22 ans et je vais mieux.   Deuxième enfant en 2013, une fille. 3e enfant en 2014, une fille. nous   achetons une maison a la campagne, j'abandonne ma carrière pour me consacrer  a eux.  J’attends mon 4e pour juin 2016, un garçon. Je suis heureuse. Je ne   sais pas si c'est une conséquence de l'IVG mais je veux une famille  nombreuse, nous avons 7 chambres, un véhicule 9 places. j'en suis a me demander si j'arriverai un jour a arrêter de faire des enfants, ou si cet enfant qui n’a jamais vu le jour, me donnera toujours l'impression qu'il « en  manque un ». J'ai toujours le test de grossesse de ce "bébé IVG", ainsi que la peluche offerte par mon ex. Dans ma signature,  il y a un signe qui le   représente, il ne me quittera jamais, je ne le laisserai jamais tomber dans  l'oubli. 
 
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Licia 28 ans, ivg il y a 6 mois a 11 semaines


Mon ami habite à l'étranger (Afrique de l’ouest) et moi en France. Nous étions fou amoureux. Aussi je décide d'aller le rejoindre car il a une meilleure situation le bas! Dans un premier temps   tout se passe très bien. Nous nous sommes installés ensemble. Il me reste juste à trouver du travail mais la France me manque beaucoup! Du coup, je fais quelques allers-retours pour revoir mes proches, etc. Et durant cette absence celui-ci me trompe. Il m'est infidèle. Je le ressens puis il fini par me l’avouer. Amoureuse je lui laisse une autre chance après ca et très vite on apprend que je suis enceinte! Nous sommes surpris mais content voir heureux. Il a 28 et moi 27 ans mais   très vite monsieur découche ou rentre très tard me laissant souvent seule le  soir. Je me sens négligée. N’ayant très peu de proches sur place, je prends peur et décide de rentrer sur Paris. Je rentre alors dans le  2eme mois. A mon arrivé monsieur est fâché et donc il ne m’appelle pas. Il ne   comprend pas mon choix d’être repartie sur un coup de tète vers les miens. A  ce moment précis je ne ressens aucun soutien de sa part et du coup j’entame  une procédure d’ivg au CHU de ma ville mais ne m’a pas assez ;   voir pas du tout parlé de « l'après IVG » ! Car à les écouter, à 27 ans,  « on est encore jeune » « on a encore le temps pour refaire un bébé ». Ceux sont leurs mots ! Ils m'ont dit que effectivement si je souhaite poursuivre la   grossesse seule, n’ayant  pas de revenu, cela allait être difficile etc. paniquée à l’idée d’élever un enfant seule, il était « évident » d’opter  pour l’ivg. De plus, mes proches restaient neutres ou me « conseillaient » aussi de faire l’ivg et puis de refaire ma vie. Tres peu me conseillaient de garder la grossesse. En   ce qui concerne l’aspect médical tout s’est assez « bien passé ». Mais "l’après ivg" du  point de vue psychologique est très douloureux, c’est horrible ! Le regret est tel que  j’aimerais qu’une seule chose : c’est repartir en arrière avec ou sans mon ex. Car il est  évident que je ne serrai plus jamais la même ! Lui m’en a voulu car malgré notre séparation, il voulait toujours du bébé et lui avait les moyens  financiers d’ailleurs! Mais pour moi, un bébé, c’était à deux. Pas toute seule. Or monsieur était infidèle. Il était donc évident pour moi que j’allais finir par le quitter avec ou sans bébé...par conséquent c’est bien la première et dernière IVG de ma vie ! Il y a 6 mois, j’ai fait la plus grosse erreur de ma vie ! Je ressens  un grand vide. Je dors peu. J’imagine ma vie avec cet enfant qui n’est plus. De plus mes copines ne cessent d’accoucher autour de moi. C’est horrible ! Or leur vie amoureuse n’est pas forcement plus rose que celle que j’avais. Et pire encore je compte les jours, les mois etc. j’aurais du accoucher dans 1 semaine ! Pff ! Conclusion : pour celles qui se trouvent dans une situation compliquée : réfléchissez bien car « l’après » est très compliqué et douloureux. Je vous conseille de vous documenter et surtout savoir comment ça se passe exactement (comme sur ce site) et en détail, je précise bien! Ma  gynécologue ne  m'a dit qu’après, en voyant ma douleur, « qu’à mon âge ce n'était pas   raisonnable de faire un ivg » surtout que de base, je souhaitais garder ce  bébé et que « si elle l'avait su avant, elle aurait essayé de me dissuader », de me raisonner. J’espère que mon témoignage pourra vous aider !  
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Marilyne 24 ans, ivg il y 18 mois


En aout 2014, j'ai appris que j'étais enceinte suite à une vive douleur abdominale et à une visite à l’urgence gynécologique. Mon compagnon et moi, ca faisait 3 ans à 2 mois près qu'on était ensemble et puis ce jour là ma vie basculait. Quand je lui annonçai que j'attendais un enfant, je ne l'ai plus reconnu. Il m'a dit sur le parking de l'hôpital mots pour mots "rerentre la dedans et fais toi retirer ca». Je lui explique ce que cela ne se passe pas comme ca. Nous rentrons chez moi et j'annonce à mes parents ma grossesse et la réaction de mon compagnon. Mes parents, heureux d'être à nouveau grand parents, me disent que cela lui passera étant contre cet avortement. Mais les choses se sont terriblement mal déroulées par la suite. Il m'a accusé de l'avoir trompé, puis ensuite de l’avoir faire exprès .... Plein de choses atroces. Puis il me quitta. Sa famille m’a complètement renié et me poussait à avorter. J’ai tenu le coup longtemps tout en étant malheureuse. Puis tellement amoureuse et désespérée, j'ai accepté d'avorter à force qu'on m’y pousse. Après cette décision, je coupais toute communication avec ma famille pendant plusieurs semaines. La mère de mon ex, par compte elle, était là (car j'avais pris la décision qu’elle souhaitait…) jusqu'a l'intervention.
Le 10 octobre 2014 à été pour moi et restera la pire journée de ma vie, c'etait le jour de l'intervention. J'ai souffert atrocement et j’étais complètement seule. Après cette IVG, le 20 octobre, j'ai été hospitalisée en psychiatrie. Et oui ! J’avais complètement « pété les plombs ». J’ai beaucoup regretté mon acte. Actuellement, j'en pleure d'en parler "j'ai tué mon bébé". J’en souffre horriblement et je regrette mon geste et cette décision débile juste parce que sa mère m'avait dit que si j’avortais, il reviendra. Puis elle m'a abandonné. Après j'étais seule. Mes parents m'en voulaient et m'avaient prévenue que j'en souffrirai. Et je ne les ai pas écouté. Heureusement, ils venaient souvent me rendre visite à l'hôpital psychiatrique. Puis avec le temps, j'ai remonté la pente avec l'aide et l'amour de ma famille  (mes parents et mes neveux...) Aujourd'hui, j'en souffre toujours. C'est atroce, ce sentiment de culpabilité ! Ce sentiment d'avoir tué son propre enfant... L’avortement, je l'ai fait. J’étais à 12 sa. Il y a maintenant 18 mois...
 
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