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Oksa 24 ans


Je viens de découvrir ce site et après lecture des différents témoignages je souhaite en faire un également. La détresse de ces femmes me touche et je voudrais montrer qu'une IVG peut également très bien se passer.  J'ai 24ans et ai subit une IVG médicamenteuse l'année dernière.  Déjà maman d'un merveilleux petit garçon, lorsque j'ai découvert que j'étais enceinte ce n'était pour moi pas le bon moment et ni pour mon mari.

J'ai su que j'étais enceinte très rapidement. Dès le résultat du test, j'ai dis à mon mari que je ne souhaitais pas le garder.  J'ai tout de suite pris rendez-vous à l'hôpital ou j'ai expliqué au téléphone que je n'étais pas sûre de vouloir le garder, on m'a donc donné rendez-vous avec un praticien qui a l'habitude des IVGs.  Mon mari et moi nous sommes rendus à l'hôpital moins d'une semaine après mon coup de téléphone et une écho de datation a lieu. J'aime les enfants, j'en veux d'autres et mon fils a été voulu. Mais lors de cette échographie, au moment ou j'ai vu ce fœtus pour la première fois je n'ai pas ressenti ce que j'avais ressenti pour mon fils.

J'ai vu cet "amas de cellule" , il n'y avait pas encore d'activité cardiaque selon le médecin et il n'avait pas encore de "forme" non plus, je ne me suis pas sentie attachée à ce fœtus. Je ne l'ai même pas considéré comme mon bébé mais plutôt comme un" intrus" dans mon corps.  J'ai donc sereinement et avec le soutien de mon mari pris la décision d'avorter. Mon mari partageait mon avis. Je sortais d'une situation difficile, et bien que nous avions une bonne situation économique et sociale nous avons estimé que le moment pour un deuxième n'était pas venu.

J'avais hâte que l'IVG se termine car bien sûr l'idée de tuer un bébé était dure pour moi, éthiquement parlant. Et de façon plus égoïste je voulais retrouver mon corps. De plus je ne voulais pas garder un enfant non voulu, j'avais peur de ne pas être capable de l'aimer puisque déjà à ce moment là je ne l'aimais pas. Mon mari et moi nous protégions donc cela n'aurait pas dû arriver à ce moment-là mais la vie ne se déroule jamais comme on le voudrait.  Nous somme sortis de la consultation après avoir longuement discuté avec le médecin. Il a été très compréhensif, souriant et gentil. Il m'a expliqué la procédure de l'IVG médicamenteuse et m'a dit qu'à partir de ce moment -là je bénéficiais d'un délai de réflexion de 7 jours. Il m'a donné le rendez-vous pour la première prise de médicament pour le cas ou on ne changerait pas d'avis. Et également un rendez-vous pour voir la psychologue.

Pendant les 7 jours nous avons encore réfléchis et aborder les pour et les contres. On a eu beaucoup de mal avec l'idée de tuer notre enfant car cela semble tellement inhumain mais dans l'intérêt de l'enfant il valait mieux ne pas le garder.  J'ai "parlé" à mon bébé et lui ai expliqué tout cela. Je lui ai expliqué qu'il n'y était pour rien mais qu'il valait mieux pour lui de ne pas être là car je ne pensais pas l'aimer suffisamment et qu'aucun enfant ne mérite de manquer d'amour. 

Mon mari et moi sommes allés au rendez-vous pour prendre les premiers comprimés. Nous étions toujours très sûrs de notre décision même si au moment de la prise des comprimés j'ai encore une fois réfléchis et ai hésité. Mais je suis restée sur ma décision.  Nous sommes rentrés, j'étais malade, j'avais envie de vomir mais il ne fallait surtout pas les vomir sinon cela n'aurait servi à rien. La journée s'est  bien passée jusqu'au soir et là j'ai commencé à avoir des contractions et à perdre beaucoup de sang. Tout au long de la journée j'ai dis au revoir à ce fœtus.  Les nausées de la grossesse étaient toujours là. Je faisais des allers et retours entre mon canapé et les toilettes. Mon mari travaillait de nuit ce jour-là, mon fils était couché, j'étais donc seule.

La douleur était vraiment dure à supporter et la quantité de sang perdu m'impressionnait, je me suis dis que si ça n'allait pas mieux j'irais à l'hôpital le lendemain. Puis au bout de quelques heures de tortures et un énième passage au toilette j'ai senti que quelque chose changeait. Je n'ai pas senti le fœtus "tomber" et je ne l'ai pas vu non plus parmi tous les gros caillots de sang perdus mais j'étais sûre d'avoir "expulsé".

Soudainement je ne me suis plus "sentie enceinte". J'étais convaincue que ça y est, c'était fini. J'ai pleuré, je me suis trouvée horrible d'avoir fait cela mais je continuais de penser qu'il s'agissait là de la meilleure solution pour lui et pour nous.

Je suis retournée travailler entre la première prise de médicament et la seconde.

Mon mari et moi nous sommes rendus au rendez-vous pour la seconde prise de médicaments. Il fallait rester à l'hôpital la journée. J'ai demandé à faire l'écho tout de suite en arrivant car je ne voulais pas prendre de médicaments inutilement mais on m'a dit que c'était la procédure donc j'ai dû prendre les comprimés. Mais ils n'agissaient que très peu. J'ai très peu saigné et n'ai pas eu les contractions annoncées. Je leur ai expliqué en détails ce que j'avais vécu le jour de la première prise et ils ont affirmés que c'était très rare.

En début d'après-midi j'ai eu droit à l'échographie qui confirmait que j'avais déjà expulsé. Mon corps à très fortement réagit au premier médicament, selon le gynéco rares sont celles qui expulsent entre les deux prises.

J'ai eu le droit de rentrer mais je devais continuer à prendre un médicament provoquant des contractions utérines pendant quelques jours car il restait des "petits restes", je ne sais pas de quoi il s'agit exactement. Mon mari est resté tout le temps avec moi.

Nous sommes rentrés soulagés que ce soit fini et n'avons jamais regretté notre décision.

J'y pense parfois mais je n'ai jamais regretté car je sais qu'à l'instant T il s'agissait pour nous de la meilleure décision à prendre non seulement dans notre intérêt mais surtout dans celui de l'enfant. Mon moral va très bien et notre couple se porte également très bien.

Le gynécologue ainsi que la psychologue que j'ai dû voir juste avant la première prise ainsi que tous les autres membres de l'équipe soignante ont été très compréhensifs, disponibles, aimables et gentils. Je me suis vraiment sentie accompagnée et écoutée tout au long de cet acte qui reste très difficile. Mon mari et moi sommes restés très soudés et avons beaucoup discuté avant, pendant et après.

J'ai souvent une pensée pour cet être et je lui demande pardon.  Le message que je souhaite faire passer avec mon témoignage est qu'une IVG peut être bien vécue si elle est vraiment souhaitée par la mère et si elle est bien soutenue. Il s'agit d'une épreuve psychologiquement et physiquement difficile, il ne faut pas prendre cette décision à la légère.

Il faut que vous preniez toute le temps de bien réfléchir si cet acte correspond à l'instant T à ce qu'il y a de mieux pour vous et votre fœtus.

Pour prendre cette décision il faut faire passer le bien-être de l'enfant à venir avant tout et ensuite celui de la mère. Et dans la mesure du possible, ne pas se laisser influencer.

Et à toutes celles qui se sentent coupables je voudrais dire que, oui avec le recul cette décision vous déchire, peut-être parce-que vous n'étiez pas prête à prendre cette responsabilité, parce-que avec le temps vous avez pu mieux réfléchir et vous vous dites que finalement l'IVG n'était pas la seule solution. Mais, repensez au moment ou vous avez découvert cette grossesse, la panique que vous avez ressentie à l'idée d'avoir cet enfant qui n'était pas voulu, n'oubliez pas que c'est dans ce cadre-là que vous avez prit votre décision. Cet acte est très difficile mais dites-vous qu'à ce moment-là il s'agissait pour vous de la meilleure solution.

Ne soyez pas trop dures avec vous-même. Nous sommes humains et avons droit aux doutes et à l'erreur. J'espère avoir pu aider un peu avec mon témoignages.  Je vous souhaite à toutes beaucoup de courage car il en faut.

Merci à toutes celles qui m'ont lue.

Oksa