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ivg et dépression

Rebeca 25 ans, ivg il y a 3 ans


 Je suis tombée sur vos témoignages afin de comprendre pourquoi mon attitude  était ainsi après une IVG non voulue. Savoir si j'étais " normale " ou si   j'étais " folle/malade " comme je peux l'entendre à chacune de mes « crises » .  C'était en août 2013, je travaillais, j'avais le sentiment de ne plus être  «  seule » intérieurement pourtant je n'avais jamais été enceinte auparavant.   J'avais un retard d'un jour seulement, ce qui m'arrive assez souvent. Je décide d'en parler à l'une mes meilleures amies. Je décide d'attendre 3-4   jours au cas où mes règles arriveraient, ou pas ... J'achète ce test. Ça fait plus d'un an que je suis avec cet homme qui pour moi était l'Homme de ma vie. J'attends le résultat ... Positif ! Les larmes viennent, je l'appelle et il me demande ce qu'on va faire ? J'étais  catégorique :
" On le garde, mais ne t'en fais pas, je n'ai pas besoin de toi ! si tu n'en veux pas, je m'en sortirai seule".  Parce qu'il n'en voulait pas, lui. Et à partir de ce moment là j'étais heureuse comme jamais,  je mangeais  tout ce qui me faisait plaisir afin de lui faire plaisir. je l'aimais déjà   sans même le connaître. J'ai donc décidé de le dire à ma mère et là,   le drame. Elle me disait : " tu ne peux pas nous faire ça, tu as déjà grandi sans  père, tu ne vas pas l'élever seule, il sera malheureux à cause de toi !   C'est ça la vie que tu veux offrir à un enfant ?! Qu'il soit malheureux   toute sa vie ? »  Seulement, je savais que je le chérirai toute sa vie, je lui donnerais tout  mon amour et toutes les forces que j'avais pour réussir dans la vie. Elle n'était pas de cet avis, elle m'écrivait à travers des lettres pour me faire culpabiliser, en s'appuyant sur la mort de mon père et mon enfance   difficile sans lui afin que je prenne la décision qu'elle voulait que je prenne : l'avortement. J'étais décidée, c'était Non. J'étais seule comme jamais. La solitude m'habitait pleinement. Tous contre moi. Aucun soutient. Des lettres de celle qui m'a mise au monde. De l'amour pour mon copain qui se transformait en haine. Que faire ? Toute cette pression, je venais d'avoir 22 ans, j'étais mentalement faible   face à tous ces horribles mots. Il était déjà trop tard pour prendre les médicaments, c'était   l'aspiration ou rien. Il me restait 1 semaine pour pratiquer cette intervention horrible. 1 semaine seulement et après je n'aurais plus eu le choix, ma mère n'aurait plus eu le choix. L'intervention était programmée et la veille je disais encore que je n'irais pas. Ma mère me répétait " Ne nous fait pas ça je t'en prie ! " J'y suis allée, je pleurais, j'étais tétanisée, je tremblais, je savais   qu'après cela rien ne serait plus jamais pareil. C'est le moment de m'endormir : je pleure, me débat et le docteur dit : "   vous êtes sûre de vous mademoiselle ?? Vous êtes majeure vous avez le  droit de choisir ! " et j'ai juste répondu " Je ne veux pas mais je le fais   pour ma mère et pour mon copain " et c'est comme ça que ma vie s'est arrêtée. Je suis comme " morte " depuis ce jour là. Ma vie s'est arrêtée. Vide. Ce   sentiment ne me quitte plus depuis ce jour. Pourquoi je n'ai pas eu plus de   force pour résister à la pression ? 
Au début, il m'était impossible d'approcher des enfants sans pleurer, sans  imaginer le mien à travers eux. Sans voir leur regard innocent traverser le  mien et leur amour véritable envers les gens qu'ils aiment.  j'aurais  aimé connaître mon bébé, mon amour que j'aimais déjà de   tout mon cœur.  Son cœur battait déjà et j'ai contribué à sa mort. La colère m'habite, les larmes me noient, le vide me remplit. Je suis seule dans ma tristesse. Personne pour comprendre, personne pour me soutenir. Après l'intervention, ma mère m'attendait. Je pleurais, je ne parlais plus  et elle m'a dit : " Je te préviens il y a tes frères à la maison, donc tu  rentres et tu fais comme si de rien n'était et tu souris. Tu veux manger des  pâtes ? Ton plat préféré. " Et c'est comme ça que ça s'est passé, les prochains jours se passaient   dans mon lit, chaque fois qu'un membre de ma famille passait je devais faire   semblant de rien, comme si j'étais juste malade, un petit rhume n'est ce pas   ? Mais non, c'était une maladie qui me prenait au plus profond de mes   entrailles, comme une main qui creusait à l'intérieur de mon cerveau et me   répétait " Il n'est plus là maintenant, tu l'as tué, tu es faible à   cause de toi il est mort ! " Je ne suis pas retournée au travail. J'étais une loque. J'étais en arrêt   maladie pendant un mois. 
Au bout de ce temps, premier jour de travail, on m'avait changé de rayon je   travaillais, comme par hasard, au rayon enfant de mon magasin de vêtements.   À peine arrivée, crise d'angoisse, je suis rentrée chez moi. Je suis  partie voir mon médecin et c'est là que ça a commencé. Ma thérapie : une séance chez le psy une fois par semaine, des anti-depresseurs la journée et la nuit pour enfin réussir à fermer les   yeux. Une psychologue merveilleuse se présentait à moi. Au départ, rien à dire.   Des choses subtiles, celles qu'on dit à tout le monde pour parler de tout et  de rien : La surface. Petit à petit, on creuse. On touche du doigt les points les plus sensibles de mon être. Ceux qui te prennent au ventre et serrent ta gorge au point de  ne plus pouvoir sortir un mot. Ça fait mal. La souffrance prend le dessus et   devient incontrôlable. Je pleure. Je suis seule. La haine envers mes proches me hantent.
Mon copain, devenu ex-copain après  ça, me dit qu'il regrette et qu'il aurait voulu le garder en fin de compte.   Cette phrase m'a bouleversé davantage et je trouvais ça horrible de me la   dire alors qu'il est trop tard. C'était terminé. J'étais seule face à ma  terrible douleur. Les médicaments ont mis 1 mois et demi voire 2 mois à prendre effet. Mes angoisses étaient toujours présentes mais les médicaments m'aidaient en   quelque sorte à atténuer les idées noires. Il fallait que je les prenne au minimum 6 mois. J'étais mal, je ne voulais plus me soigner et l'envie de  mourir m'envahit très vite. Envie de s'enterrer. Un bain, beaucoup d'eau, ma  tête sous l'eau et me voilà en train de partir, la pression je la ressens  de nouveau mais je ne trouve pas de raison de remonter à la surface. Une main vient me rattraper et me sort de l'eau. Je n'étais plus seule et pourtant ce sentiment ne me quittait jamais. La reprise du traitement et les séances chez le psy étaient difficiles mais   ça me soignait. Seulement les grandes vacances arrivaient, la psy devait s'absenter et ma  douleur de réveillait. Je fais cent pas en arrière, elle revient, on recommence le protocole. On  reprend là où on en était seulement je me répète. Je parle de ce bébé,  celui que j'ai abandonné et qui me hante chaque jour. Je n'arrive toujours   pas à côtoyer des enfants. Je suis susceptible à toutes les remarques   qu'on puisse me faire.
Je suis prête à exploser à chaque instant. Est-ce  que je vais m'en sortir ? Est-ce que la douleur sera plus forte et prendra le   dessus un jour ? Est-ce que je vais franchir le cap et quitter ce monde afin   de le rejoindre, mon bébé ? La douleur s'atténue de temps en temps mais je rechute aussitôt. L'envie de   mourir est plus forte que jamais. Pourquoi est-ce que personne ne m'a soutenu   ? Pourquoi on ne m'a pas écouté ? Pourquoi personne ne me comprend ? Pourquoi tout le monde pense que c'est la  « meilleure décision » sauf moi ? J'étais prête à l'aimer, à tout lui donner et pourtant il est parti. Son cœur battait déjà et j'ai arrêté ce   phénomène magnifique qui lui permettait de vivre à l'intérieur de moi. Après des mois de séances chez le psy et mon traitement, je commence à   relever la tête. Sans jamais oublier. Je rencontre un nouveau garçon, j'ai  l'air heureuse mais la souffrance me rattrape plus vite que je ne le pense.   Des pleurs sans raison, juste la vue d'une poussette, une femme enceinte, une   famille. Mon copain ne comprend pas et ce sont des disputes à chaque fois   car il est impossible pour moi de lui parler, je n'y arrive pas. Jusqu'au jour où je lui avoue mon plus grand secret et il dit : " tu as pris la meilleure décision " et à partir de ce moment j'ai sû qu'il ne   comprendrait jamais ce que j'ai vécu et continu à vivre. Il m'a forcé à  arrêter mon traitement et la psy disant que je n'avais pas besoin de ça et  que c'était pour les fous. Je suis retombée. J'étais à terre. Sans personne à qui parler. Mon état se dégradait de jour en jour. Je n'avais plus le courage de rien.   Plus de sentiment à donner, rien à montrer à part de la haine. Les crises   de colère se multipliaient. Je devenais incontrôlable. Nous avons rompu, je  revoyais ma psy et ça me faisait beaucoup de bien mais ça coûtait cher, je ne pouvais plus y aller toutes les semaines. Et chaque fois je replongeais dans ce néant.
 Aujourd'hui je suis avec un homme. Il me rend plus heureuse que jamais mais il me manque toujours une chose que je n'arrive à combler. Il a des enfants auxquels je me suis vite attachée, ils sont adorables, je les aime mais j'ai  mal au fond de moi. J'aurais aimé voir mon bébé parmi eux. Qu'ils   partagent aussi notre vie et voir son sourire. Mes crises arrivent moins   souvent mais quand elles sont là c'est terrible j'ai envie de tout casser.   Le monde s'écroule autour de moi, j'en veux à tout le monde. Je veux juste  être seule et disparaître. Je ne suis pas folle, j'ai juste subi l'horreur   des préjugés et la pression de personnes qui ne m'ont jamais comprise. Je ne perd pas espoir, je m'en sortirai un jour, du moins je l'espère avant   que la souffrance soit trop intense pour que je puisse la contenir.  Réfléchissez, ne vous laissez pas abattre et surtout prenez les meilleures   décisions pour vous car on peut être conseillé, mais on ne peut pas  décider à votre place.  

amelie 23 ans, ivg il a un an


Amélie 23 ans, j ai effectué une ivg le 14/02/2014. Suite a cela et jusqu’a  aujourd'hui, je n’arrive toujours pas à faire le deuil de l’enfant que j’ai  abandonné. J’ai eu un suivi psychologique à ce sujet et ma psy m’avait conseillé d’avoir une trace de mon dossier médical avec l’échographie de mon bébé. C est ce que j ai fait, j ai pu avoir donc l’intégralité mon dossier avec les  échographies qui ont été faites lors du 1er examen. En lisant mon dossier, j ai pu constater que quand j’ai fait mon 1er examen, j’étais a 6 sa +4, puis lors de l’intervention j étais de 8sa+5. Pour moi, son cœur battait lors de cette intervention car normalement c’est  avant la 5ieme semaine que le cœur bat. Donc, c’est une épreuve encore plus dure pour moi car j’ai tué un être humain plus précisément mon enfant. Et ca, je  n'arrive pas à passer au dessus de cela. Je ne montre ma tristesse à personne, je n’en ai même pas parlé au père de mon enfant car c’est trop dur. Est-ce qu’un jour, j’arriverai à me reconstruire psychologiquement après cette épreuve ?
 
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Julie 25 ans, IVG a 20 ans


Julie 25 ans: Je crois qu'aujourd'hui j'ai besoin plus que jamais de parler de mon histoire...
À 17 ans je suis tombée follement amoureuse de Théo. Nous vivions une histoire terriblement fusionnelle, d'un amour qui vous fait vibrer votre coeur, votre ventre continuellement.. bref vous l'aurez compris j'en étais éperdument amoureuse.Et puis à 19 ans, l'envie d'un enfant devint terriblement forte pour tous les 2. Nous nous sommes lancés...
Septembre 2010: nous avions 20 ans et venions d'emménager enfin dans NOTRE chez-nous. Nous étions aux anges tout se passait comme à nos débuts... Et puis 3 semaines après l'emménagement, des douleurs aux seins me poussèrent à faire un test de grossesse. Tremblante, toute excitée, je me décidais à le faire. Je craignais un énième négatif. Quelques secondes plus tard, deux traits bien nets et foncés apparaissaient. Mon coeur fit un bond, j'avais envie de pleurer, d'hurler de joie... 
Je suis sortie prendre l'air, les gens dans la rue me regardaient bizarrement, je pense que mon large sourire niais devait les intriguer! Et puis chéri est enfin rentré à la maison. À la vue du test, il n'y croyait pas. Il est alors allé chercher un autre test à la pharmacie illico.
À son retour je l'ai fait et le résultat fut le même que le précédent.
Nous étions aux anges. Il caressait mon ventre, parlait déjà au "bébé", nous nous câlinions tendrement sur la chanson "il naîtra" d'Angun... etc...Puis vint le jour de la première échographie. J'y suis allée seule car le géniteur travaillait. Le gynéco m'annonçait qu'il n'y avait non pas un... mais 2 sacs amniotiques!!! Un peu sonnée mais totalement heureuse dans ce nouveau monde d'une autre dimension, je quittais le cabinet du gynéco...
Et à partir de ce moment-là, tout chavirait.... À la découverte de ma grossesse gémellaire, cet "homme" que j'aimais au plus haut point et que je pensais connaître devenait un autre....
Il ne voulait plus de cette grossesse, nous étions soudainement « trop jeunes », j'étais subitement « immature et égoïste de vouloir poursuivre cette grossesse ». Nos familles apprirent la nouvelle, et attendaient tous impatiemment que j'avorte. Surtout sa mère et sa soeur, qui ont bien fini par lui monter le bourrichon! Je m'enfonçais donc chaque jour un peu plus dans un gouffre sans fond. J'étais seule. Seule face au destin de ces 2 bébés.
Je les aimais déjà si fort... je leur parlais sans cesse, entre crises de nerfs et larmes.
Je ne quittais plus l'appartement, n'ouvrais à plus personne. Personne ne cherchait à me proposer son aide, à me dire "quoique tu fasses je serai là..."
Je me sentais prise dans un piège immense. J'étais pleine de haine, de haine et de haine!
J'ai pensé à tuer ce mec, ou à me foutre en l'air!  J'étais en détresse...
Un collègue de boulot de l'époque me proposa de m'héberger, étant donné que je ne pouvais plus rester dans l'appartement ni retourner chez mes parents...
J'ai accepté. Et je trouvais enfin un peu de réconfort et une personne qui m'écoutait...
Et puis, je ne saurais pas l'expliquer, mais avec ce collègue nous nous étions vraiment rapprochés...Il me disait mème que si nous devions commencer une histoire, la poursuite de ma grossesse ne serait en aucun cas un obstacle, qu'il me prenait toute entière avec mon histoire... Cette histoire débutante m'aidait et me déroutait encore plus à la fois. (Je précise que j'avais quitté Théo et qu'il ne me voyait plus).
Seconde échographie: Théo est venu avec moi pour être sur que j'allais demander au gynéco le papier de demande d'IVG.  Sur le petit écran, il n'y avait plus 2... mais un seul bibou... un petit haricot en pleine forme, avec un petit coeur qui battait la chamade qui ne demandait qu'à VIVRE. Nous étions en larmes... oui, lui aussi...
Mais sa décision ne changeait pas pour autant! J'étais triste plus que jamais, en colère par dessus tout... Monsieur ne pouvait pas assumer 2 bébés, et lorsqu'on nous apprend qu'il n'y en a plus qu'un il n'en veut toujours pas... Quel lâche !!!!!!
J'ai beau tenter de lui expliquer que cette grossesse n'est pas un accident et qu'il faut donc assumer..... que quand on met une grossesse en route on ne change pas d'avis qu'elle soit finalement multiple ou à risque... Rien n'y fait. Il était finalement pourrit jusqu'à la moelle.
Après 6 semaines à me battre contre des murs pour poursuivre ma grossesse, j'ai finalement cédé, à bout de tout... j'ai pris rdv pour une IVG..

Mais c'était plus pour que tout le monde me lâche avec ça!!! Au fond de moi j'envisageais de partir dans un autre pays, avec mon bidou qui commençait déjà à s'arrondir, et ne plus donner de nouvelles à personne...
Mais la réalité me rattrapait vite. Et s'ils avaient raison? Et si j'étais égoïste? Pourrais-je offrir une vie à mon bébé d'amour... sans papa ?? Je serais une mégère de lui imposer une telle souffrance à peine arrivé dans ce monde ? C'est le coeur en mille morceaux, le corps à bout de forces, en me convaincant que c'était moi l'égoïste, que je lâchais les rennes de la vie pour les laisser entre les mains d'un médecin qui allait tuer mon bibou...
3ème et dernière échographie: rdv avant l'IVG... Je voulais y aller seule, le con de géniteur qui voulait pourtant m'accompagner n'avait, selon moi, aucunement le droit de voir petit loulou une dernière fois...!!!! Le gynéco tournait la tv afin que je ne vois rien... mais pour moi c'était impossible!!! J'avais besoin de le voir, une toute dernière fois...
Il acceptait. Bibou était magnifique, avait déjà des petits bras et petites jambes, et je voyais son petit coeur clignoter sur l'écran. Je pleurais, pleurais... et lui demandais pardon.
Je demandais au doc de me donner un cliché papier mais il refusait... j'étais démolie. J'allais devoir prendre des cachets pour dilater le col et arrêter son petit coeur avant le curetage le lendemain matin... J'avais étrangement besoin de voir le géniteur... espérant sans doute qu'il ait pu changer d'avis...Le soir, nous étions donc allés boire un café. Son avis n'avait pas changé, je ne le reconnaissais toujours pas. Avant de partir, il m'embrassait longuement sur le front. Ce fut une des dernières fois que je le voyais...
Je voulais prendre les médocs chez mes parents. En rentrant chez eux ce soir de novembre, la première neige de l'année commençait à tomber... je craquais sur le chemin, incapable d'avancer... Mon bébé ne verrait jamais la neige!!!! À cause de moi... j'ouvrais la bouche pour avaler un flocon, pour lui offrir symboliquement un peu de neige.. (je sais ça parait bête).
Jusqu'au dernier moment je pensais ne pas prendre les cachets... et puis, face à ma maman qui me montrait sa compassion, je me suis lancée d'un coup... Puis je suis allée me coucher en pensant passer la nuit à pleurer et lui dire adieu...
Mais 1h après je me levais pour vomir. Et des douleurs indescriptibles et terriblement insupportables allaient m'envahir toute la nuit, provoquant des saignements et l'angoisse la plus totale pour mes parents de me voir dans cet état...
Le lendemain matin, sans un mot, mon papa m'accompagnait à l'hôpital... 
Je recevais un message de soutien de Mickaël, le fameux "collègue"... le seul à y avoir pensé, à être là....Je pleure, je pleure, je m'endors... et silencieusement bibou quitte mon corps. En salle de réveil, je pleure, je crie, je veux mon bébé!!! Le gynéco a tellement eu pitié qu'il a fini par me donner les clichés de l'échographie. J'en avais besoin... c'est désormais tout ce qu'il me reste de lui...
Les mois qui suivirent, je tombais dans une dépression, pleine de culpabilité, de tristesse et de haine envers l'univers tout entier...Et si... et si.... si seulement une personne de mon entourage proche m'avait tendu la main!!! Mais ce qui est fait est fait... trop tard...
Aujourd'hui, je suis en couple avec Mickaël depuis 5 ans. Après des galères pour tomber enceinte et une fausse couche, nous sommes les heureux parents d'un bonhomme de 2 ans. Malgré tout ce bonheur, mon coeur est meurtri à jamais... Les dates restent, mon premier bébé me manque, et mon estime de moi a considérablement baissé.. Les échographies sont avec moi pour toujours, mon amour pour lui ou elle aussi..
Je crois que je ne m'en remettrai jamais tout à fait, et si c'était à refaire... je ne le referais pas! Surtout maintenant que je sais ce que c'est que d'être maman...
Pardon pour mon trop long message, je voudrais apporter mon soutien à celles qui sont passées ou passent par là...
Faites vous confiance, écoutez votre coeur, quoiqu'il puisse vous dire...
 

Julie 27 ans, Ivg a 17 ans


J'ai subi une Ivg à tout juste 17 ans, j'étais à 13 sa à quelques jours près, je ne pouvais plus avorter... Aujourd'hui, j'ai réussi à aller de l'avant grâce à mes enfants... L'an prochain cela fera 10 ans que ca c'est passé, j'y pense toujours surtout à la date d'anniversaire qui pour moi est "un jour de deuil"... Je vivais une jolie histoire d'amour avec mon petit ami de l'époque, nous nous protégions avec des préservatifs... J'ai eu un retard de règles, j'en ai fait part à mon petit ami, on a décidé de faire un test qui s'est malheureusement avéré positif, on a pleuré tout les deux, sans vraiment se parler sur ce qu'on ferait ... Nous sommes rentrés chez nous et de là il m'a appelé pour me dire qu'il fallait que j'avorte, qu'on était trop jeunes et qu'il en parlerait à sa mère le lendemain, qu'il fallait que je fasse la même chose. Moi j'avais vraiment peur de leur réaction et je lui ai dis que j'étais incapable de le dire... Bref, je ne vais pas raconter les détails mais sa maman m'appelait tous les jours. Puis, elle a appelée la mienne. Je n'étais pas chez moi à ce moment (à ma demande)... Mais quand je suis rentrée, ma mère m'a insulté (elle ne pouvait pas s'imaginer que je puisse avoir des relations) et elle m'a conduit au planning où j'ai rencontré une dame du genre psy. C'est seulement à ce moment là que j'ai dit que je souhaitais le garder, c'est d'ailleurs l'une des seules phrases que j'ai sorti. Et la dame me dit que « j'étais trop jeune, complètement immature, que mon petit ami avait sans doute plus la tête sur les épaules que moi en choisissant cette solution pour moi, surtout que ce n'était qu'un « amas de cellules ».  Elle me dit qu’il ne s'agit pas de tuer un bébé mais ce n'est qu'une cellule !... Bref, je ne savais pas si j'étais capable de devenir maman, ce qui est sure, c'est que j'étais incapable d'avorter ! Surtout après l'échographie, l'échographe me disait "ouah, il fait la fête, c'est la boom la dedans"... J'ai repensé à la cellule, avec un cœur, une tête, deux bras, deux jambes et des mouvements ! Suite à cela, c'était pour moi hors de question. l'ivg était à bannir ! Je me suis donc renseignée pour aller dans un foyer mère-ado... Mais ma mère en avait décidé autrement. J’avais un papier à signer qui stipule que je consens à subir une ivg. J’ai refusé.... Elle m'a alors fait asseoir sur une chaise, stylo à la main et feuille sur la table, m'interdisant de bouger ne serait-ce pour aller aux toilettes tant que je n'aurais pas signée ce p... de papier. je ne bougeais pas.  elle en a eu marre. je me suis pris giffles et coups par mes deux parents. ils me disaient que j'étais la honte de la famille etc..que j'étais en train de gâcher la vie de mon copian... Bref à bout, j'ai fini par signer tout en me disant que de toute facon j’allais m'y opposer au dernier moment et qu’ils ne me feront rien... Suite à cela, j'avais quelques marques de griffures et de bleus au visage, épaules et bras et ma mère me dit "c'est moi qui t'as fais ca ? « oui c'est toi ! » elle me répond "oh j'suis désolé mais si t'avais signé le papier des le début, ca ne serait pas arrivé...." Je suis arrivé le jour de l'ivg et je n'ai pas eu le courage de m'opposer à mes parents, je n'ai pensé à rien. J’étais vide, je me suis laissée guider vers cet acte irréparable.
 
Et une fois sortie, sans meme me le dire, je savais qu'il fallait surtout ne plus en parler, ne le dire surtout à personne. La vie continue, on ne me demande pas si je vais bien, on en parle plus, on m'ignore même en fait.... Mon petit ami qui m'avait quitté est revenu vers moi. Mais il a rompu à nouveau 15 jours après me disant que j'avais besoin d'un psy... Et puis 3 mois après grosses douleurs, gros saignements. Je me présente aux urgences. « ca doit être vos règles normales ». Je me rends dans un autre hôpital et là, on me garde pour une «  opération » : ils avaient sans doute oublié de me faire un curetage ! Hémorragies et infections ! J’aurais attendu quelques journées de plus : infertilité d’après les médecins...J'ai pensé que, du coup, j'aurais très peu de chance de tomber enceinte. J'ai fait une dizaines de tentatives de suicide (sans exagérer) par médicaments, entailles, etc... Et puis j'ai fuguée, j’ai arrêté mes études, je me suis retrouvée à la rue, j'ai couché à droite et à gauche sans protection dans l'espoir de « récupérer » ce que j'avais perdu, effacer ce que j'avais fait. C’était inconscient et égoïste. À l'époque je m'en fichais. J’étais tellement mal que je n'ai pensé qu'à ca ! il me fallait reprendre gout à la vie et c'était la seule solution.... Et puis j'ai finalement cherché quelqu'un qui ne me correspondait pas forcément mais qui pouvait m'apporter ce que je voulais, qui avait le même projet que moi : un bébé... J'ai aujourd'hui deux beaux enfants, je leur ai donnée la vie, mais ils m'ont donnés bien plus : le gout de celle ci... Je ne suis pas forcément très heureuse en amour, mais ce n'est pas grave. Je pense que je ne le mérite pas de toute façon. Mais j'ai cette chance énorme d'avoir mes deux enfants en pleine santé. Grâce à eux, je revis. Je suis épanouie dans mon rôle de maman. Je savoure chaque instant avec eux car au final, j'ai beaucoup de chance ! J'espère avoir été clair. Je sais trop bien à quel point il est parfois difficile d'affronter ses parents, mais faites le pour faire valoir vos choix.

Berangère, 20 ans, ivg il y a 3 mois


Berangère : J’ai longtemps hésité avant d'écrire. Mais voilà, je prends courage ! Nous sommes un 26 avril. J'étais mal depuis plusieurs jours avec des vomissements accompagnés d'une grosse fatigue et aucun symptôme concernant mon cycle menstruel...Ce dimanche d’avril, je décide alors de faire un test de grossesse qui s'est révélé etre positif. Je me suis retrouvée partagée entre la joie et le stress. Les jours ont passé, puis ayant pesé le pour et le contre, j'ai pris la dure et lourde décision de ne pas le garder. Bien entendu, j'en ai parlé à mon ex qui m'a donné son avis pour l'ivg. Puis, divers rendez vous à l'hôpital sont arrivés, Tous plus durs les uns que les autres. Puis ce fameux 7 mai : le jour de l'horreur comme je l'appelle est arrivé. On m'a donné ces fameux petits "médicaments" que j'ai pris à contre cœur. Puis ce qui devait arriver est arrivé. Les heures qui ont suivies ont été les pires pour moi. J’en suis encore terrifiée ...Je n'arrive pas à relever la tête. Pour moi ces images resteront à jamais. J’en fais encore des cauchemars …

Saphira 20 ans, ivg par aspiration, Ivg contrainte


Je suis âgée de 20 ans. J'ai subit un ivg par aspiration le 22 octobre 2014 et je peux déjà vous dire que j'en  souffre énormément. J'ai subi cette ivg par la pression de mes parents. Au  début je leur tenais tête quand j'étais à 1 mois de grossesse. J'ai tenu  jusqu'à 2 mois de grossesse. J'ai craqué et cédé à leur chantage  émotionnel, affectif et financier lorsque j'ai appris que ma mère faisait une dépression par ma faute. Sachant qu'elle a une santé fragile, je ne  voulais pas mettre sa vie en danger. Je suis donc allée à l'hôpital sans réflexion. Tout a été fait en 3 jours. Je n'étais pas en couple avec le  père d'origine africaine. Je me qualifie depuis cet acte d'enfant soumise.  C'est le cas étant la seule fille de mes parents, je me suis toujours  pliée à leurs exigences sans donner mon avis car pour moi je n'avais pas le  droit. Cet enfant je l'aimais et je voulais le garder. Vous me direz que si  je l'aimais comme je prétends, je l'aurais gardé. Oui c'est vrai, mais  n'étant pas financièrement indépendante sur le coup, je ne sais ce que  j'aurais pu faire.  Mais plus tard, je savais ou du moins j'y réfléchissais. Aujourd’hui, je suis en pleine déprime. Je ne vois plus l'intérêt de  continuer mes études. A la vue d'un bébé ou d'une femme enceinte, je pleure  peu importe où je me trouve. Je ne sors plus sauf en cas de nécessité importante. Je ne dors plus car je fais des cauchemars. Je ne mange plus et  j'y pense sans arrêt. Je m'en veux énormément d'avoir commis cet acte  horrible. Je déteste et je haie toutes ses personnes qui m'ont poussé à le  faire et le pire c'est que je déteste le monstre que je suis. Cet enfant ! Mon  enfant avait juste besoin d'une vie et je n'ai pas su lui offrir.  A quoi  me sert donc la mienne? Je voudrais mettre fin à mes jours pour pouvoir  enfin mettre fin à cette douleur mais je ne peux pas ou du moins je n'y  arrive pas. Je souhaite une chose c’est qu'on me rende mon bébé. Je traverse  cette épreuve seule car je n'ai personne près de moi. Mes soit  disant amis, je les ai mis de côté car je pense qu'ils ne me servent a rien. Le peu de  personnes qui savent que j'ai avorté, je leur en veux car ils ne m'ont pas  retenu. J'ai lu qu’une ivg par aspiration pouvait rater. Alors tous les soirs  je prie pour que ce miracle m'arrive. Je veux juste qu'on me rende mon enfant  et rien d'autre. J'ai besoin de lui pour retrouver cette fille que j'étais avant. J'ai des états dépressifs depuis déjà 1 an après une rupture douloureuse et cet acte que j'ai fait ajoute encore à ma douleur. Je ne sais pas si en parler me fera du bien. je ne le crois pas. Je sais  juste que chaque larme qui glisse sur les joues me rappelle que je suis  un monstre. Si je n'ai pas su (ou  pu) me battre pour lui alors quel est  l'intérêt de ma vie? Je voudrais juste qu'on me rende mon bébé. Et je  ferais tout pour lui, me battre  pour le protéger.

Je me doute un peu de ce que vous allez me dire si vous me répondez. Vous me  direz « qu’on ne peut pas revenir en arrière, ce qui est fait est fait et que  je dois me forcer à passer a autre chose et à surmonter cette épreuve ». Si j'ai besoin de parler, vous serez là pour m'écouter et pour me soutenir.  Beaucoup m'ont dit cela mais personne ne m'a retenu lorsque je leur ai donné  mon bébé car oui je leur ai « donné » mon bébé. Par ma signature, je leur ai  donné l'autorisation de me prendre mon bébé. Je crois que je ne serais plus  jamais comme j'étais. On me dit que sa passera. A l'hôpital, on m'a dit que  cela passera et que ce sera vite oublié. Je ne veux pas oublier ce que j'ai  fait. Je suis aujourd'hui un corps sans âme qui déambule dans cette vie  parce qu'il le faut et non parce que je le veux. Je voudrais leur dire à tous  que je les hais. Surtout à ma famille de m'avoir poussé à le faire car sans eux je n'en serais pas la. Si je n’étais pas une enfant soumise et si je ne  dépendais pas d'eux je n'en serais pas la. Je serais avec mon enfant en moi.  Désormais je n'ai plus aucun principe. Je lui ai donné la  vie,  mais je n'ai pas tenu ma promesse.

 

PS : On me conseille de porter plainte mais je ne veux pas porter plainte car cela ne me servira à rien. Ce n'est pas cela qui me rendra mon bébé. Oui, chaque semaine je dépose une bougie pour mon bébé. C’est le mercredi pour me rappeler de son départ. Même si je sais que la douleur restera j'espère que je trouverai un peu le pardon et que je retrouverai un vrai sourire à la place de celui que je colle à mon visage pour ne pas montrer ma douleur aux gens.

Cathy 17 ans


Je suis maman d'un petit garçon de 19 mois, je l'ai eu j'avais à peine 16 ans.
J'ai fait un déni de grossesse jusqu’à 6 mois. Donc quand j'ai appris ma grossesse, je n’avais pas d'autre choix que d’accueillir ce bout de choux.
Ce fut très difficile car j'ai perdu tout mes proches. j'ai dut apprendre à devenir femme, maîtresse de maison et maman seule sans l'aide de personne...
Après l'accouchement tout est à peu près rentré dans l'ordre. J’ai renoué des liens avec mes frères et ma mère qui s’étaient éloignés de moi pendant cette grossesse.
J'ai accouché le 5 Avril 2012 LE PLUS BEAU JOUR DE MA VIE !

MON FILS EST LA DANS MES BRAS. Mais j'étais toujours avec le papa qui me frappait!
En Août 2012, j'ai quitté le papa et peu de temps après j'ai rencontré un homme qui m'a respecté et qui prenait soin de moi et de mon fils. Je suis tombée amoureuse très vite...

Le Lundi 17 Septembre 2012, après une prise de sang, on m'apprend que je suis à nouveau enceinte de 3 semaines... Coup dur pour nous 2...
Le 24 Septembre 2012, on me fait une échographie pour avoir le terme exact mais le bébé est trop petit. Il faut refaire une prise de sang et une écho...
Le Vendredi 28 Septembre prise de sang le taux de beta-h.c.g avait augmenté.
Le 01 Octobre 2012 nouvelle écho sur laquelle  on voit bien qu’il y a un petit bout de vie en moi. On date ma grossesse a 6sa, donc l'avortement est encore possible...
Tous les rendez-vous sont pris pour subir cet acte ignoble : l'IVG!
Puis le 25 octobre 2012 :  LE PIRE JOUR DE MA VIE : ON M’A ARRACHE MON ENFANT!
Le matin a 6h,  il a fallut que je mette des cachets dans mon vagin pour ouvrir le col de l'utérus.
Arrivé à 10h au lieu "du crime". Je  passe à 11h. Ils  démarrent leur putain d'aspirateur de merde et en 30 minutes c'est fini ! Je ne suis plus enceinte. Ils m'ont enlevé mon enfant. Ils on été obligé de m'endormir totalement pour me calmer car j’étais en grande crise de « démence ».
Je me rappellerais toujours ce bruit d'aspirateur et entendre « le bébé passer » c'était juste horrible!
Depuis ce jour, je pleure tous les soirs en me disant que je suis un monstre d'avoir privé mon enfant de vivre, je ne prends plus soin de moi, j'ai perdu beaucoup de poids, mais je tiens pour mon fils et mon entourage...
C'est un acte ignoble, JAMAIS JE NE LE REFERAIS!
Aujourd’hui,  je suis à nouveau enceinte de 5 mois et demi. Tout le monde me disait d'avorter car, mis a par le père du bébé, personne ne savait que j'avais avorté...
J'ai catégoriquement refusé de parler d'avortement ! Il était inconcevable pour moi de revivre ca et de tuer un autre de mes enfants...
La naissance est prévue pour fin mars 2014. Je l'attends avec impatience et essaye de me reconstruire peu à peu ...

Margot 18 ans


Il y a bientôt un an, je suis tombée enceinte. Cela faisait neufs mois que j'étais avec mon copain, nous avions donc des rapports sexuels plutôt fréquents. A cette période je prenais une pilule qui me rendait malade. J’ai dû l'arrêter le temps d'en prendre une autre. Ce soir là, c'était le soir de son anniversaire et dans le feu de l'action, on a commis l’erreur de ne pas se protéger. Cette erreur m'a coûté un avortement. Je n'ai pas mis beaucoup de temps à me rendre compte de la situation. C'était durant les vacances de Noel et je travaillais pour me faire un peu d'argent de poche. Durant cette période, mon appétit changeait complètement. Un jour, j'avais hyper faim et je mangeais comme quatre. Le lendemain, j'avais la nausée et je ne pouvais rien avaler. Ces symptômes m'ont de suite interpellé car d'habitude, il faut le dire j'ai un appétit d'oiseau. Je n'avais un retard de règles que de quelques jours mais je savais au fond de moi que j'étais enceinte. Après une dizaine de jours de retard, j'ai fait un test de grossesse. Un test urinaire; il s'est révélé positif, je n'ai pas tout de suite réalisé ce qu'il se passait. j'étais sous le choc.

Quand je suis arrivée au lycée le matin et quand mon amie m'a demandé le résultat, j'ai pleuré tout ce que je pouvais. Elle m'a tout de suite amené au planning familial. Arrivée là-bas, j'ai du faire une prise de sang. Le verdict n'a pas tardé à tomber, deux jours plus tard j'en avais la certitude, j'étais enceinte. A l'époque,  je n'avais que 18 ans, j'étais encore en terminale, et j'avais de grands projets d'avenir. Je n'ai donc même pas pris le temps de réfléchir, il était inconcevable pour moi de garder ce bébé. J'ai essayé d'en parler plusieurs fois à mon copain mais en vain, j'avais trop peur qu'il me quitte. J'ai donc fais ça toute seule dans mon coin. S'en est suivi les rendez-vous chez le gynécologue, puis à l'hôpital.
Quand on avorte, on peut avoir « le choix » de la manière dont ça se passe. Par médicament ou par opération. Dans mon cas, j'étais obligée d'avoir recours à l'opération (qui est une aspiration). Cela ne m'embêtait pas du tout, je crois que je suis l'une des rares personnes préférant avoir recours à l'opération. En effet, dans ma tête je me disais que je serai endormie et qu'à mon réveil tout serait terminé.
Le jour de l'intervention, j'avais peur et je regrettais de n’en avoir parlé à personne. J'avais peur de ne pas me réveiller, de ne plus jamais voir ma famille, mes amis et mon copain. Au moment de descendre, je n'avais toujours pas eu le message du matin de mon copain, j'étais donc encore plus anxieuse. Au moment de l’anesthésie, on m'a dit de penser à quelque chose d'agréable qui pourrait nous détendre. Je me suis endormie sans même m'en rendre compte. Tout s'est déroulé à une vitesse folle et au moment de me réveiller je ne savais pas si c'était le bon moment, j'avais peur d'être encore dans la salle d'opération. Puis j'ai réalisé que j'étais en salle de réveil, et que tout aller bien, que « tout aller s'arranger ». En remontant dans ma chambre j'ai eu le message de mon copain. Alors j'étais un peu plus heureuse. J'avais bien réagis à l'opération. Je n'étais pas dans les vapes et j'avais faim. En fin de journée, ils m’ont laissé sortir et j'ai pu rentrer chez moi sans que mes parents ne se soient aperçus de quelque chose.
Ce n'est qu'après coup que j'en ai parlé à mon copain qui m'a avoué l'avoir su à moitié. Il me connaissait bien et avait vu que quelque chose n'allait pas. Il m'a rassuré et m'a dit que j'aurais dû lui en parler. Quelques temps après ça s'est su dans mon lycée et ça a été le début de la descente. C'est avec le regard des gens que j'ai réalisé ce que j'avais fait jusqu'à présent. Il m'était impossible d'évoquer le sujet. Plus le temps passait et plus j'étais mal. Je pense que ça se ressentait dans ma relation amoureuse car trois mois après mon copain m'a quitté. Je l'ai très mal vécu en plus de l'avortement, et je n'avais qu'une envie c'était de retrouver mon bébé.

J'avais besoin de le « retrouver » car c'était le seul lien entre mon copain et moi. J'avais donc la tentation du suicide.Maintenant ça va mieux, j'ai trouvé des personnes pour m'épauler et je peux remonter petit à petit la pente, mais en passant devant l'hôpital qui m'est si familier, je ne peux m'empêcher de ressentir une douleur intense. En ce moment je repense beaucoup à ce petit ange, je crois qu'il ne s'effacera jamais de moi.
Aujourd'hui même si ça va mieux, et que je suis épaulée par des personnes formidables, je ne sais toujours pas si j'arriverai un jour à m'en remettre, je peux seulement apprendre à vivre avec. Je ne sais même pas si j'aurais un jour la force de le dire à ma famille; c'est un secret dur à porter.