Toutes les infos sur l'IVG dont vous avez besoin : médicales, psychologiques, juridiques ou sociales.

ivg ado

pauline 18 ans


Mesdames,

 

 Ma fille de 18 ans a subi un IVG médicamenteux en juillet dernier et présente, depuis, des troubles psychologiques. Je vous demande de m'orienter à Paris vers une psychologue (si possible gratuit ou remboursé par la Sécu) qui pourrait l'aider. Nous sommes en région parisienne. Je vous remercie. Cordialement
…..

Je vous remercie infiniment de votre mail réconfortant. Je vous donne des détails.

Au-delà de la culpabilité récurrente dû au traumatisme de l'IVG, s'additionne un comportement autodestructeur envers elle-même ...
Elle boit de l'alcool, passe ses nuits dehors, rentre dans un état de grande agressivité,
Je respecte le choix de sa décision concernant son IVG,  mais je vois les dégâts endigués psychologiquement, elle est détruite ...
Elle m'a dit qu'elle était heureuse en se faisant du mal ...
Elle a repris une pilule du lendemain, il y a quelques semaines prétendant que son patch s'était décollé ...  Avant de reprendre une activité (elle est suivie par la Mission Locale) concrètement, elle a besoin de verbaliser sa souffrance ...
 

Margot 18 ans


Il y a bientôt un an, je suis tombée enceinte. Cela faisait neufs mois que j'étais avec mon copain, nous avions donc des rapports sexuels plutôt fréquents. A cette période je prenais une pilule qui me rendait malade. J’ai dû l'arrêter le temps d'en prendre une autre. Ce soir là, c'était le soir de son anniversaire et dans le feu de l'action, on a commis l’erreur de ne pas se protéger. Cette erreur m'a coûté un avortement. Je n'ai pas mis beaucoup de temps à me rendre compte de la situation. C'était durant les vacances de Noel et je travaillais pour me faire un peu d'argent de poche. Durant cette période, mon appétit changeait complètement. Un jour, j'avais hyper faim et je mangeais comme quatre. Le lendemain, j'avais la nausée et je ne pouvais rien avaler. Ces symptômes m'ont de suite interpellé car d'habitude, il faut le dire j'ai un appétit d'oiseau. Je n'avais un retard de règles que de quelques jours mais je savais au fond de moi que j'étais enceinte. Après une dizaine de jours de retard, j'ai fait un test de grossesse. Un test urinaire; il s'est révélé positif, je n'ai pas tout de suite réalisé ce qu'il se passait. j'étais sous le choc.

Quand je suis arrivée au lycée le matin et quand mon amie m'a demandé le résultat, j'ai pleuré tout ce que je pouvais. Elle m'a tout de suite amené au planning familial. Arrivée là-bas, j'ai du faire une prise de sang. Le verdict n'a pas tardé à tomber, deux jours plus tard j'en avais la certitude, j'étais enceinte. A l'époque,  je n'avais que 18 ans, j'étais encore en terminale, et j'avais de grands projets d'avenir. Je n'ai donc même pas pris le temps de réfléchir, il était inconcevable pour moi de garder ce bébé. J'ai essayé d'en parler plusieurs fois à mon copain mais en vain, j'avais trop peur qu'il me quitte. J'ai donc fais ça toute seule dans mon coin. S'en est suivi les rendez-vous chez le gynécologue, puis à l'hôpital.
Quand on avorte, on peut avoir « le choix » de la manière dont ça se passe. Par médicament ou par opération. Dans mon cas, j'étais obligée d'avoir recours à l'opération (qui est une aspiration). Cela ne m'embêtait pas du tout, je crois que je suis l'une des rares personnes préférant avoir recours à l'opération. En effet, dans ma tête je me disais que je serai endormie et qu'à mon réveil tout serait terminé.
Le jour de l'intervention, j'avais peur et je regrettais de n’en avoir parlé à personne. J'avais peur de ne pas me réveiller, de ne plus jamais voir ma famille, mes amis et mon copain. Au moment de descendre, je n'avais toujours pas eu le message du matin de mon copain, j'étais donc encore plus anxieuse. Au moment de l’anesthésie, on m'a dit de penser à quelque chose d'agréable qui pourrait nous détendre. Je me suis endormie sans même m'en rendre compte. Tout s'est déroulé à une vitesse folle et au moment de me réveiller je ne savais pas si c'était le bon moment, j'avais peur d'être encore dans la salle d'opération. Puis j'ai réalisé que j'étais en salle de réveil, et que tout aller bien, que « tout aller s'arranger ». En remontant dans ma chambre j'ai eu le message de mon copain. Alors j'étais un peu plus heureuse. J'avais bien réagis à l'opération. Je n'étais pas dans les vapes et j'avais faim. En fin de journée, ils m’ont laissé sortir et j'ai pu rentrer chez moi sans que mes parents ne se soient aperçus de quelque chose.
Ce n'est qu'après coup que j'en ai parlé à mon copain qui m'a avoué l'avoir su à moitié. Il me connaissait bien et avait vu que quelque chose n'allait pas. Il m'a rassuré et m'a dit que j'aurais dû lui en parler. Quelques temps après ça s'est su dans mon lycée et ça a été le début de la descente. C'est avec le regard des gens que j'ai réalisé ce que j'avais fait jusqu'à présent. Il m'était impossible d'évoquer le sujet. Plus le temps passait et plus j'étais mal. Je pense que ça se ressentait dans ma relation amoureuse car trois mois après mon copain m'a quitté. Je l'ai très mal vécu en plus de l'avortement, et je n'avais qu'une envie c'était de retrouver mon bébé.

J'avais besoin de le « retrouver » car c'était le seul lien entre mon copain et moi. J'avais donc la tentation du suicide.Maintenant ça va mieux, j'ai trouvé des personnes pour m'épauler et je peux remonter petit à petit la pente, mais en passant devant l'hôpital qui m'est si familier, je ne peux m'empêcher de ressentir une douleur intense. En ce moment je repense beaucoup à ce petit ange, je crois qu'il ne s'effacera jamais de moi.
Aujourd'hui même si ça va mieux, et que je suis épaulée par des personnes formidables, je ne sais toujours pas si j'arriverai un jour à m'en remettre, je peux seulement apprendre à vivre avec. Je ne sais même pas si j'aurais un jour la force de le dire à ma famille; c'est un secret dur à porter.

Melanie 16ans


Je m'appelle Mélanie. Il y a plus de 8 ans, j’ai fait un choix qui bouleversera ma vie jusqu’à maintenant. J'allais avoir juste16 ans lorsque j'appris qu'un petit bébé était en train de pousser dans mon ventre. Je suis tombée enceinte fin novembre. J’ai su très vite que j'attendais un bébé par de fortes nausées mais je ne voulais pas y croire. Je préférais me dire que c'était normal, que je n'étais pas enceinte. J'avais peur d'en parler a ma mère car on n’avait pas de bonnes relations. Puis les jours et les semaines passèrent... 1er test de grossesse en janvier... négatif... 2 eme test de grossesse 10 mars ... positif... Je me souviens que ce jour là, déconnection du monde fut réelle. Je me disais : "Je dois être enceinte de peu de temps... le test en janvier étant négatif" Le père du bébé, lui en revanche, était heureux de cette nouvelle...

Le lendemain, à midi, j'envoie un sms à ma mère, lui annonçant ma grossesse. La réaction fut celle que j'attendais...L'après-midi même, elle m'emmena pour une échographie... je vois enfin mon bébé. Il est beau... c'est un garçon... J'ai entendu son petit cœur battre, je l'ai vu bouger... quel bonheur... je ne veux pas avorter... de toute façon, aux yeux de la loi française je ne peux plus avorter car j'étais enceinte de 4 mois et demi. Ma mère n'a pas apprécié cette nouvelle... "Que vont dire les gens ? Ma fille enceinte a 16 ans quelle honte pour moi et pour elle ! »


Elle demanda au gynéco où il y avait les meilleurs établissements pour les avortements tardifs... En rentrant, la décision a été prise sans mon avis. J'avorterai le 17 mars, soit une semaine après le test.

Je suis allé au planning familial avec ma mère qui au lieu de m'aider à bien prendre MA décision, m'a engueulée comme une "merde" alors que j'avais besoin d'être écoutée. Je passe les détails... Jeudi 17 mars, départ pour la Hollande puis arrivé à l'hôpital "spécialisé" dans l’avortement à la chaine... échange de la vie de mon fils contre environ 800 euros en liquide... arrivée dans la chambre, on me donne un cachet pour dilater mon utérus... je « profite » de ces derniers instants avec mon bébé pour lui dire au revoir et le sentir bouger pour les dernière fois de ma vie... je lui dit "je t'aime" et lui chante une berceuse qui sera la toute première et la toute dernière de sa petite vie...

11h20, on vient me chercher, j'entre dans la salle, des odeurs de sang envahissent mes poumons. On m'installe sur une table d'accouchement... on me pique pour l'anesthésie générale... je sens mon bras s'engourdir... le noir m'emporta, ainsi que la vie de mon bébé.

Depuis 8 ans je souffre, je pleure, je suis seule, je n'arrive plus à vivre, je n'ai plus le gout à rien... Voila.