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droit de la femme

Violences conjugales et IVG


Aujourd'hui, en France, une femme meurt tous les 2,5 jours des suites de violences conjugales. C’est un véritable problème de société qui n’est pas assez rapporté par les médias. Le gouvernement semble prendre en compte l’importance du problème avec quelques initiatives encore timides. La violence conjugale fait peur et souvent on préfère ne pas en parler. Les femmes qui en sont victime éprouvent comme un sentiment de honte et n’osent pas en parler. Les médias qui se taisent se rendent complices en quelque sorte de cette "loi du silence".

Marianne 49 ans, IVG il y a 20 ans


...C'était il y a plus de 20 ans. A l'époque mère de deux enfants, j'avais  fait une fausse couche spontanée quelques mois plus tôt... ouf ! mon  dernier avait alors 8 mois ! Mais je retombais enceinte en début de cycle et  sous contraceptif local ! L'IVG s'est bien passée, mon gynéco était compréhensif, et la  probabilité que la grossesse se soit bien passée était faible, il m'a donc  accompagnée et a lui même pratiqué l'acte. Côté du père c'était dur : quand j'ai dit que je ne me sentais pas la force  d'une nouvelle grossesse (j'étais fatiguée et dans un boulot hypercompliqué) , il a juste dit "si tu n'en veux pas, ne le gardes pas !".Rien d’autre, pas un mot de soutien, pas un temps d'échange, pas de questions sur mon ressenti... Cela est devenu juste un problème que -moi- j'avais. Il ne m'a même pas accompagnée à la clinique, et je lui en ai voulu, je me  suis sentie si seule. Je ne lui en reparlerais que 20 ans après. Notre mariage qui avait déjà ses problèmes sans doute, ne s'est pas arrangé. 3 ans après, il me demandait un autre enfant. J’ai dit oui, non sans tenter de dire que ce n'était tout de même pas si  simple pour moi. La fin de la grossesse s'est mal passée, car il devenait très agressif.  Psychologiquement, il me traitait sans ménagement, et moi je comprenais qu’avec cet homme, je n'allais finalement pas vieillir avec lui ! Bref, 3 ans encore après, je voulais me séparer, ce fut si compliqué qu'il  fallu encore 3 ans avant une procédure de divorce qui dura 7 ans jusqu'à  partage complet (en fait comment "partager" cet héritage là ?) Puis dix ans sans qu'il ne m'adresse la parole sauf pour me faire des  reproches, ou m'agresser au cours de multiples audiences de JAF (toujours sur  sa demande). Il m'en voulait (il m'en veut  toujours ?) effroyablement.

Pendant toutes ces années, je me suis formée et je suis devenue thérapeute  depuis environ 15 ans... Mais c'est seulement récemment, en travaillant sur  un bout de mon histoire pour mettre au point un outil thérapeutique que  l'histoire m'a rattrapée (l’an passé à date anniversaire -car on n'oublie  JAMAIS !- j'avais reconnecté avec cet épisode de ma vie, et osé lui  écrire à quel point je m'étais sentie seule pour vivre çà), j'ai pris  conscience de beaucoup de choses : notamment à quel point cela avait été  douloureux pour le père également, mais refoulé totalement dans l'inconscient. Ce qui émergeait seulement était son ressentiment, et il  retournait une culpabilité contre moi !
Une fois cela vu (et après tant d'année, fortuitement nous avons eu  l'occasion de parler 'normalement' de tout et rien !) j'ai commencé à voir  ce qui ME concernait : des restes de culpabilité qui étaient restés  inconscients, un deuil qui finalement n'a pas été fait... j’œuvre en ce  sens en ce moment, et c'est ainsi que j'ai trouvé ce forum. Cet épisode a profondément agit sur ma vie, dans de multiples aspects. Il m'a permis de toucher ma faiblesse. Avant, je n'avais pas le droit à  l'erreur et  là j'en avais fait une énorme !!
J'ai touché mon humanité et j’ai dû apprendre à l'accepter. J’ai appris  beaucoup et j’ai mis cela au service d'autrui, avec humilité. J'ai fait des  choix de vie dont je suis fière, mais je sens que qque chose "peine" encore  et toujours à se développer. Beaucoup de mes projets... avortent. Là après des années, j'en ai un, sur une longue durée... je suis heureuse  donc de pouvoir « reprendre le dossier ». Je ne me suis pas autorisée à recevoir beaucoup, mon corps se met à mon  service avec des douleurs et petits bobos pas graves heureusement mais qui  m'obligent à écouter ce qui se dit dedans...etc. ; Donc, oui, mon IVG « s'est bien passée », et je me suis fait accompagner psychologiquement rapidement, ce qui m'a sans doute évité dépression et autres sorties de rails. J’estime avoir eu de la chance, la vie m'a gâtée ! Mais il me manque toujours "un bout" que j'ai perdu dans cette aventure. Je ne désespère pas de le retrouver, mais c'est difficile d'arriver à me connecter avec cette part d'ombre, cela m'échappe encore.

Plus de 20 ans ont passé et c'est seulement maintenant que je suis prête à  avancer sur ce deuil. On a banalisé cet acte, on a cru que nous avions cette "liberté"... mais  c'est aussi un enfermement psychologique. Je ne regrette pas car cela ne servirait à rien. Mais il est important d'être accompagnée et de savoir que l'avortement a un prix, et que c'est de notre personne que nous payons. Jusqu'à pouvoir,  enfin, faire le deuil. Ce que je vous souhaite, à toutes, et ... ce que je me souhaite ! 



Laly 15 ans


 

Le Lundi 19 septembre 2011 (date qui sera à jamais gravé). J’ai du me faire avorter de force par l'obligation de mes parents. J'avais 15 ans mais dans ma tète j'étais beaucoup plus mure, j'aimais cet enfant que je portais dans l'attente d'une place à lui donner et je me suis encore plus attachée. A 7h30 direction le bloc opératoire, j'ai pleuré, hurler aux médecins de me laisser je ne voulais pas ! Mais malgré cela, ils m’ont injecté de la morphine puis trou noir : je me réveille, j'étais vide, mon âme était vide.

Plus aucun mot ne sortait de ma bouche, plus aucune phrase. Si. Ce n'étaient que des larmes qui coulaient au long de mon visage, ma douleur était tellement immense que je ne pouvais la décrire. J'ai passé 2 ans de ma vie, jusqu'à aujourd'hui, à me détruire. La drogue est devenue mon quotidien, mon oxygène depuis cette tragédie. Mon cœur est brulé de douleurs, parfois je me regarde dans un miroir et je maudis ce monstre que je suis d'avoir laissé tuer mon bébé. "A 12 semaines, tu vivais en moi !" Je me suis perdue et je n'arrive plus à me retrouver, la douleur est toujours la ! Je suis vivante physiquement mais morte intérieurement depuis 2ans, l'espoir m'avait fait vivre mais plus rien est devenu important depuis ce jour. Seules, les victimes d'un avortement comprennent ce que je décris ! Cette torture me bouffe à petit feu. j'espère que mon ange m’a pardonné.  Toute ma vie,  je t'aimerai jusque mon dernier souffle. A mon ange, je t'aimerai pour TOUJOURS ...