Nathalie

 

Je vous ai téléphoné hier. J’ai reçu une écoute formidable de la part de l'une de vos conseillères (j'ai oublié son prénom). Je souhaiterais témoigner, pour que mon histoire aide peut-être  une autre femme dans la même situation et que cet événement terrible ne soit pas vain. Quand j’ai su, il y a une semaine j'étais enceinte (sous contraceptif)  je me suis retrouvée en état de choc. J'ai pris la décision de l'ivg, contrainte par mon conjoint. Le lendemain, j'étais dans le cabinet d'un gynéco qui a voulu m'avorter de suite. Et hop, il m'a fait avaler ses cachets et puis fini. Mon conjoint lui fut content, car je le cite: "comme ça au moins, tu n'as pas eu le temps de changer d'avis".
 
Ca fait une semaine. Je me réveille seulement, et je me sens violée. On a abusé de mon état de choc pour faire une chose sur laquelle on ne m'a pas laissé le temps de réfléchir et sans m’informer des conséquences que cela pouvaient entraîner. J'ai été manipulée. Aujourd'hui, 8 jours après avoir appris que j'allais être mère, je me sens vide comme une boîte qui ne sert plus à rien. Je regrette, je les ai "laissé tuer" la vie en moi. J'avais le désir de devenir mère, pas forcément de suite. Je voulais attendre que mon compagnon le désire aussi. Mais j'aurais dû accepter la grossesse et ne pas aller à l'encontre de ma propre envie d'être mère. C’est terrible. Maintenant j'ai mal, car je n'ai pas su protéger mon enfant. On m'a volé ma décision, et je pleure. Aucune femme ne devrait traverser une telle chose.  J'ai besoin de crier cela pour me dire qu’au moins mon témoignage peut servir à d’autres femmes. Je remercie encore cette jeune femme que j'ai eu au téléphone.

Nathalie (20-3-2010)