Marie

A 37 ans, j'ai voulu un enfant dans ma vie pour lui donner tout l'amour existant en moi, montrer combien j étais enfin heureuse de vivre avec un homme formidable. Mais cet homme « formidable » n'a pas voulu de cet enfant dans sa vie, dans notre vie. J'ai cédé sous la pression et fait une IVG.
 
Puis très vite, j’ai manqué de beaucoup d’heures de sommeil et  j’ai aussi souffert d’anorexie. La détresse ressentie a engloutie toute ma volonté, ma force de caractère. Je n'ai plus été moi même. Depuis, j'ai fait une dépression, mais je survis depuis avec une sensation de dureté dans le cœur à la place de tout cet amour. Je pense encore à cet enfant qui aurait du vivre. Je me sens mal, dure, moins belle, non désirable. Aujourd’hui je ne conçois pas de vivre sans enfant, je voudrais que cet enfant soit autant désiré par le père que par moi.
 
Je voudrais recommencer à vivre avec à la place de cette pierre dans le cœur, le bonheur de fonder une famille heureuse et aimante. Je crois que seul l'espoir me sauvera de ce malheur, que seul l'espoir d'aimer un enfant me rendra le gout à la vie. L'égoïsme, étranger à ma nature, aujourd'hui habite mon cœur. Et il n'aurait jamais du prendre place. J'ai essayé de redevenir douce et attentionnée envers les autres pour retrouver la joie de vivre et le bonheur d'aimer de nouveau mes amis et d’être de nouveau aimée. Parfois les angoisses m'envahissent et je ressens moins d'amour pour mon compagnon. Aujourd'hui, je me sens plus forte pour faire face mais avec toujours l'angoisse et la peur de ne pas arriver à « tourner la page ». Je vous embrasse et vous souhaite beaucoup de courage

Marie le 19 avril 2011