Pascaline

Je vous contacte pour transmettre mon expérience. J'ai fait une IVG il y a un mois. J'ai 40 ans, « il » aurait du être mon premier enfant. J'ai une relation avec un homme marié et entre nous cela se passe bien sentimentalement. Il aurait aussi accepté ce bébé. Moi je n'étais pas à l'aise, son statut social, mon travail. Cela m'a fait décider pour une IVG médicamenteuse. Je pensais que ma vie, après, aurait été la même qu'avant. J'avais une vie disons « heureuse ». Je n'avais pas prise la pilule parce nous pensions qu'il était stérile. Pour avoir sa seule fille (22 ans), il avait fait des cures. Avec moi, tout a été différent. J'ai été surprise en sachant que j'étais enceinte, un événement inattendu. Mais maintenant je souffre. Pour ma décision, je me suis laissé conditionner par des règles sociales (il est encore marié et garde de bons contacts avec son ex famille), et par d'autres raisons qui maintenant me semblent vraiment futiles. Les médecins m'avaient seulement informé rapidement sur les aspects "techniques" d'un IVG, mais jamais j'aurais imaginé de me sentir si mal psychologiquement.

J'écris ce message pour toutes les femmes qui sont en train de décider le destin de leur bébé et aussi parce que parler et raconter cela c'est une sorte de libération. C'est que j'ai vécue est une expérience morale très douloureuse. On peut s’en rendre compte que « après » ! Et c'est dommage. J'essaie de reprendre mon rythme de vie. C'est difficile il me faut beaucoup d'énergie et en plus en vivant seule c'est encore plus difficile.
                                                                                                                      Pascaline 15-4-2010