Je m’appelle Isabelle, j'ai 20 ans, je suis étudiante et j'ai avorté il y a près d'un an. J'étais avec mon copain depuis seulement cinq mois. C'est ensemble que nous avons eu nos premiers rapports sexuels. Nous ne nous protégions pas systématiquement. Je pensais maitriser mon corps et les jours auxquels il n'y avait pas de risque. Mais un mois, j'ai eu un retard et une douleur dans les seins. J'étais persuadée que j'étais enceinte. J'ai attendu une semaine dans l'angoisse. J’ai finalement acheté un test de grossesse. Je l'ai fait le lendemain matin. Et il était positif. Je me souviens encore de ce jour comme si c'était hier. J'étais effondrée. La 1ere réaction que j'ai eue a été d'appeler ma mère. C'était la seule à qui je pouvais en parler. Je ne voulais pas en parler à mon copain, mais je n'en mesurais pas encore les conséquences et la culpabilité que je ressens encore aujourd'hui. Je suis rentrée chez ma mère, elle s'était renseignée et m'a accompagnée à l'hôpital. Là, je me suis retrouvée à subir un examen gynécologique. Je n'étais jamais allée consulter de gynécologue, je ne m'étais jamais retrouvée à moitié nue devant un autre homme que mon copain. Je me sentais très mal, mais en même temps j'étais dans une espèce de bulle. Il a confirmé que j'étais enceinte. Je n'ai eu aucun entretien avec un psychologue. Une infirmière m'a ensuite donné les médicaments. Je les ai pris et il n'y a eu aucune complication. Mais, je me suis aperçue tout de suite qu'il y avait eu des manques d’information dans la procédure de mon IVG. Je n'ai rien demandé parce que je pensais qu'être sûr de soi dispensait d'un entretien psychologique. On ne refait pas le passé, mais je pense que la blessure n'aurait pas été si profonde si j'avais parlé à un professionnel et si j'avais eu un temps de réflexion...
Le jour de la 2° prise, j'avais cours avec mon copain. Il a vu que quelque chose n'allait pas mais je n'ai pas voulu lui en parler. Deux semaines après, je ne me sentais pas bien du tout. Je voulais lui en parler parce que ce secret était trop lourd pour moi, mais comme nous sommes tous les deux chrétiens, je ne savais pas comment il réagirait. J'avais peur qu'il me condamne. J'ai fini par tout lui avouer. Il a eu un choc. Il s'est assis et il m'a dit qu'il serait toujours là pour moi. Il s'est inquiété et m'a demandé comment j'allais. Depuis, à chaque fois que nous en reparlons, il me dit que nous sommes un couple et que nous ferons face ensemble.
Mais je me sens coupable vis-à-vis de lui parce que je ne lui ai pas fait confiance. J'ai pris la décision seule alors que cet enfant était NOTRE enfant. Je regrette de ne pas lui en avoir parlé. Nous aurions peut-être pris la même décision, mais je me dis que cela aurait été plus facile à assumer.
Je me sens coupable aussi d'avoir mis fin à une vie qui se développait en moi. J'ai regardé une photo sur internet pour voir comment était le fœtus au stade où il est parti. Il ressemblait déjà à un bébé. J'avais calculé la date à laquelle il aurait dû naitre. J'y ai pense à cette période et depuis j'y pense encore. J'ai toujours voulu avoir des enfants. Mon copain me dit souvent que nous en aurons un jour ensemble...
Je pensais que j'allais mieux, que j'avais réussi à vivre avec cette partie de mon histoire, mais la culpabilité revient. C'est un lourd secret qui me hante chaque jour. Je n'avais pas encore choisi à qui en parler jusqu'à ce que je tombe sur votre site. Si vous pouviez me répondre et m'apporter votre aide, je vous en remercie par avance car je ne sais pas comment vivre avec cette douleur. C'est un difficile passage dans la vie d'adulte : premiers rapports, première grossesse et avortement. C'est un lourd constat d'échec