Andrea

J'ai subi une IVG par aspiration le 25 novembre dernier. Les deux semaines qui précédent l'acte et l'acte en lui-même restent encore flou à mes yeux. Comme si j'avais un black-out total. Je me souviens apprendre la nouvelle un matin chez moi, j'en étais à 2 mois et demi de grossesse, aller acheter des vêtements, des jouets, même si la relation que j'ai avec mon ami n'est que récente (1 an et demi), j'étais décidée, ayant les moyens financiers, etc...
Et puis le soir même, l'annonce au "père" ... Et c'est là que mon black-out a commencé, je me souviens de ses cris, de son refus, puis d'une salle d'attente dans un hôpital, de tonnes de papiers, d'un stylo dans ma main qui signe presque à ma place, mon "ami" qui n'arrête pas de parler sans cesse, je ne peux plus respirer, il ne me laisse pas une seconde.
 
Une semaine après, un hôpital, un lit, je ne réalise pas, mon cerveau est sur OFF, mon ami devant ce lit qui continue a me parler, ne me laisse pas une seconde de répit ! Un calmant, un bloc opératoire, une douleur de piqûre dans le bas du dos et le regard doux d'une infirmière qui a perçu ma détresse et mon total effacement face à cette situation, puis le noir !
 
On me réveille "Tout va bien, tout est fini.", ces mots résonnent en moi, je reprends "conscience", je ne comprends pas, mais je réalise. On repart de l'hôpital, je suis tétanisée, maintenant mon ami ne dit plus rien. On rentre, je vais prendre une douche, je saigne, je tombe, je pleure, je me frappe, je ne comprends pas comment je n'ai pas réalisée, comment j'ai pu laisser faire ça. Ce que je dis, me parait à moi aussi étrange, mais j'étais comme "absente". Je ne mangeais plus, parlais plus, dormais plus, comme si mon âme s'était absentée, et que mon corps "survivait" malgré une "absence" psychique.
 
J'ai suivi un psy de 17 ans à mes 19 ans, j'ai déjà été soignée pour dépression à cette époque. Mon ventre a certes dégrossis très vite et 3 jours après je n'avais plus ce petit rebond. Mais c'est sans compter avec cette dépression qui s'est installée à nouveau. Je n'ai toujours pas mes retours de règles, mes seins re-durcissent, j'ai de nouveau des nausées, mon ventre grossis a une allure étrange, je vais voir un docteur, il craint que je ne commence une grossesse nerveuse. Je me décide à retourner voir mon ancien psy, qui a été génial avec moi, mais j'y retourne, la mort dans l'âme car je m'étais jurée de ne plus avoir recours aux psys, mais je sens que je tombe, et que cela peut devenir grave. S'enchaînent cauchemars (cris d'enfants, meurtre de mon ami, mon ami tenant un fœtus en sang et en rigolant...), je n'arrive plus à dormir, je ne peux plus sortir de chez moi, la simple vue d'une poussette, d'un parc à enfants, d'une femme enceinte me fais éclater en sanglot, et me fais vomir.
 
Je vois ce psy maintenant 2 fois par semaine depuis cet hiver, je ne sors que très peu de chez moi, toujours en regardant par terre, n'ai plus de boulot, mon ami m'a quitté depuis, et malgré tout, le psy ne peut que m'aider à souffrir, et je vois bien que je n'avance pas.
 
Je me penche donc vers vous, vous dites qu’il existe des adresses d’associations qui organisent des groupes de paroles ou des praticiens qui consultent individuellement. J'habite à X…., il y en a-t-il dans cette ville ou dans les environs ? Merci d'avance,
 
Amicalement,
 
Andrea. le 23 juin 2011