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L’échec du système français de contraception
Le modèle français de contraception connaît des "taux d'échecs préoccupants", relève le dernier rapport de l'Inspection générale des affaires sociales (IGAS), publié mardi 2 février et remis à Mme Bachelot.
Apres avoir constaté : "La diversification des parcours affectifs et conjugaux, les difficultés d’insertion professionnelle et la précarité économique accrue, la norme croissante de l’enfant « programmé », l’augmentation du recours à l’interruption volontaire de grossesse en cas de conception non prévue…
Ce rapport fait des constats très sévères : " Huit ans après l’adoption de la loi de 2001 le contexte français demeure paradoxal : la diffusion massive de la contraception n’a pas fait diminuer le nombre des IVG, qui se maintient aux environs de 200 000 par an, et le fonctionnement réel des dispositifs contredit trop souvent la volonté affichée de donner la priorité à une approche préventive."
Mais il serait illusoire d’en attendre une maîtrise totale de la fécondité. Des travaux de recherche montrent qu’une augmentation de 50% de la prévalence de la contraception ne diminue que de 32% le nombre d’IVG. En effet les facteurs qui conduisent à une grossesse imprévue et à la décision de l’interrompre sont multiples, complexes, et échappent pour une large part à l’intervention publique. ( WESTOFF C.F. “ contraceptive paths toward the reduction of unintented pregnancy and abortion”. Family Planning perspectives, 1988, 20)
La France se caractérise paradoxalement par une couverture contraceptive étendue, constituée à 80 % par des méthodes délivrées sur prescription médicale, avec une forte prédominance de la contraception hormonale orale (pilule). Mais le niveau des échecs contraceptifs est préoccupant : 72% des IVG sont réalisées sur des femmes qui étaient sous contraception.
Ce rapport officiel vient donc hélas encore confirmer ce que nous constatons trop souvent au CDMA : Les femmes ne sont pas correctement écoutées. Elles ne disposent pas auprès du corps médical du temps suffisant pour s’exprimer et être aidées à faire des choix en toute liberté.
Trop souvent la femme ne peut pas faire un choix libre et éclairé lors des consultations pré-IVG. Les patientes sont trop souvent pressurées par les praticiens pour les « faire rentrer dans les délais » . On ne tient pas encore compte de la personne dans toute sa dimension humaine et psychologique avec ses hésitations et sa problématique.