Toutes les infos sur l'IVG dont vous avez besoin : médicales, psychologiques, juridiques ou sociales.

IVG

Floriane 21 ans


 

Bonjour. Étant donné que je n'ai pas vraiment quelqu'un à qui me livrer, je laisse mon témoignage ici. Donc j'ai 21ans, j'ai rencontré mon copain il y a 6 mois, nous étions en parfaite harmonie, tout allait bien, puis j'ai découvert a 3 mois de notre relation que j'étais enceinte de lui, je pensais que ça arrivait qu'aux autres, tout ça et ça m'as bouleversée. Je n'avais pas un boulot stable, lui non plus, je n'arrive déjà pas a trouver une stabilité dans ma propre vie. La question ne pouvait pas se poser. Je ne pouvais pas le garder. Sans parler de la réaction que mes parents aurez eu ! J'ai donc sans réfléchir, fais les démarches pour faire une ivg. Pendant ce temps bébé grandissait en moi je sentais beaucoup de changement, plus envie de rien, très fatiguée, vomissement, faiblesse, sautes d'humeurs, corps qui changeait. Je ne me reconnaissais plus. Mes façons de penser et d'être n’étaient pas moi, j'étais enceinte de presque deux mois. Je n'avais plus envie de mon copain, je ressentais même un dégoût car je le sentais absent dans cette période.

Je l'ai annoncé a ma mère qui m'as soutenu de ne pas le garder. Notre relation se dégradait énormément. J’ai eu l'occasion d'avoir un nouveau travail plus intéressant que celui que j'avais actuellement et j'ai donc démissionné. Cela m'a laissé deux semaines pour faire mon déménagement et avorter. D'un commun accord, nous ne sommes pas resté ensemble, puisque je suis partie a 100km et que nous travaillons tous les deux, nous n'avons pas bcp de temps libre etc. Après l'avortement, ce fut terrible, je me sentais vide, seule, triste mais impossible d'expliquer cela à quelqu'un comme ma mère de peur qu’elle ne comprenne pas et que ça me blesse.

Aujourd'hui avec mon ex copain, on se donne des nouvelles de temps en temps et nous nous sommes revus. Nous ne sommes plus ensemble mais nous continuons à faire l'amour ensemble et j'en souffre. Ça me fait tellement de mal d'être loin de lui. Et depuis notre rupture, je n'arrive plus du tout à parler à un autre garçon. Je les trouve tous inintéressants, et pleins de défauts. je n'arrive pas a passer à autre chose. Et cela joue sur ma vie familiale, amicale aussi. Je me renferme sur moi et je n'arrive plus à m'amuser, à envisager des projets, ou même à sortir, boire avec une ou un ami. Ca m'embête, je me sens beaucoup mieux toute seule, alors que j'ai toujours eu besoin des autres pour avancer. Aujourd'hui j'ai l'impression qu'ils sont un frein pour moi et que je serais mieux toute seule face à tout le monde. Personne n'a remarqué mon mal-être mais je souffre beaucoup ! Je ne sais plus quoi faire.... J'ai tué un petit être qui aurait été mon enfant et même si c'était a 9 semaines, je savais qu'il était en moi ! je le sentais, il grandissait en moi et je l'ai tué. Ce terrible vide depuis que je ne l'ai plus dans mon ventre... J'ai besoin de parler avec quelqu'un qui ne me jugera pas...

Alice 19 ans - IVG 3 mois


J’ai 19 ans et suis étudiante en lettres. J’écris ce témoignage aujourd'hui pour les autres et aussi pour essayer de m'apaiser un peu de mes angoisses qui m’étreignent. En septembre 2013, je me décide à faire un test de grossesse car j'avais  du retard et les seins étaient gonflés et douloureux, le test se révéla positif. J’étais choquée, déboussolée mais il y avait quand même en moi l'espoir  d'une erreur dans le test. Le lendemain, je suis donc allée faire une prise de  sang pour être sûre et ce résultat fut lui aussi positif. J’étais avec  mon copain depuis presque un an. Je lui ai fait part de la situation et il a été  très présent pour moi. Ce qui m'a le plus tuée, c'est le fait que nous  voulions tous les deux le garder.

Mais après de nombreuses discussions avec mes parents qui ont très mal réagit a la situation, nous avons pris la  décision d’avorter.J’étais alors enceinte de 7 semaines et unjour lors de ma première visite. Lors des premiers rendez-vous, j'avais  l'impression d'être ailleurs, de ne plus rien comprendre à ma vie, à mon  avenir. Entre le résultat du test et les premiers rendez-vous de médecins, se sont écoulés 3 semaines. Et durant ces 3 semaines, j'ai aimé mon bébé.  Je l'imaginais grandir en moi et le porter 7 mois plus tard dans mes bras.  C’était notre bébé et personne ne pouvait nous l'enlever. Apparemment si,  la première prise de médicaments s'est faite « facilement » mais j’étais dans un  état second. Je n'étais pas moi. Mais c'est le jour de la deuxième prise de comprimés que  tout a basculé. La douleur physique était horrible. Je n'ai jamais eu aussi mal de ma vie.

Mais la  douleur morale était pire ! Je me suis détestée. Je voulais mourir. J’étais  dans un moment de délire. Je ne contrôlais plus rien. Je venais de « tuer mon  enfant », mon petit bout de chou qui aurait dû être dans mes bras dans un peu plus de 6 mois ! Lui qui avait déjà ses prénoms et qui aurait été aimé bien  mieux que certains enfants étant nés dans des couples ayant une situation  « normale ».  

Mon copain a  20 ans. Nous n'habitons pas  ensemble. La situation n'était vraiment pas la meilleure pour accueillir un si beau cadeau mais aujourd’hui, je regrette de toutes mes forces car peut -être que la situation n'était pas la meilleure pour l'accueillir, mais  l'amour lui était présent.

La cicatrice est pour moi encore fraiche car cela fait moins de quatre mois ! Peut être  que je vais finir par l'accepter et profiter de la vie, mais il me faudra du  temps. Heureusement que mon copain est toujours là pour m'aider et m'épauler quand je déprime. J’ai aussi mes parents et mes amies qui ne m'ont pas jugé. Personnellement, j'ai fait le choix de ne pas vouloir que mon copain  m'accompagne aux rendez-vous car je ne voulais pas vivre ces moments avec quelqu'un qui souffrait comme moi. Je voulais des personnes qui n’allaient pas vivre la situation aussi fortement que moi. C’était mon choix.

A toutes les filles enceintes et hésitant à avorter, suivez votre  cœur et seulement le votre (et celui de votre copain si vous avez la chance qu’il accepte votre bébé). C'est votre vie ! N’ayez  pas peur du regard des autres et ne vous laissez pas influencer par des personnes qui ne sont pas directement concernées (même les parents !) Car elles ne vivent pas ce que vous vivez ! Il s’agit bien de votre vie et de celle du bébé ! Je remercie celles et ceux qui me liront. Et je souhaite bon courage à celles (et ceux) qui traversent cette épreuve car la douleur est parfois presque aussi forte pour le garçon pour la  fille

Deborah 17 ans, IVG a 15 ans



Je viens témoigner par rapport à l'ivg. Tout d'abord se faire avorter quand nous sommes obligés, c'est horrible ! Je suis tombée enceinte à 15 ans, mon petit ami et moi nous le voulions plus que tout au monde. Au bout de 2 mois, j'ai décidé d'en parler à ma grande sœur âgée de 20 ans, elle était contre que je le garde. Cela me rendait triste, je suis allée faire un test de grossesse pour savoir a combien de mois j'étais, J'étais presque a 3 mois, ma soeur a décidé de le dire a ma mère. Par la suite, nous avons fait une échographie, je voulais absolument voir mon bébé, je me suis effondrée ! Nous avons vus une personne pour savoir si je voulais avorter. J’avais dit non, mais ma soeur m’a lancée des regards.  Donc, j'ai du dire "oui je veux avorter". Le soir avant d'avorter j'en ai souffert, je ne mangeais pas, je pleurais de toutes mes forces... Je regrette d'avoir avortée, car ce bébé aurait fait de ma vie une réussite. J'y pense chaque jour. Chaque jour ma vie est un malheur

anonyme 38 ans, 5 IVG


J'ai 38 ans et souhaite témoigner anonymement. Je suis dans la salle d'attente de la clinique, salle d'attente qui fait office d'hall.

- Vous êtes enceinte ? me dit une voisine

- "Oh non pour moi c'est fini les enfants. J'en ai déjà cinq."

Le ton est détaché. Je m'entends parler comme un robot. Je souris.

- "Et vous , c'est pour quand ?" dis-je

- "juillet".

-"Vous allez voir : ça va vite passer".

Il n'y a que des femmes au gros ventre. Elles sont parfois accompagnées.On lit leur bonheur dans les yeux. un bonheur partagé. Ils sont deux.Je suis seule.Le médecin a plus de deux heures de retard. En deux heures on a le temps de se poser beaucoup de questions. Est-ce le bon choix ? On a le temps de voir le bonheur et de cacher sa tristesse. Prendre un air détaché.

On a le temps de mesurer son malheur en regardant la joie des autres. Ils se tiennent la main. Elle caresse son ventre. Ils se parlent. ils rient, se sourient. Ils sont deux. Ils savourent leur bonheur.Deux heures trente de retard. Je voudrais ne pas être là et fuire. Que cela ne soit jamais arrivé.Je voudrais être trois. Je suis seule dans ce hall lugubre. Les futures mamans partagent leurs questions. Moi , je ne suis pas préssée, je ne suis "plus" enceinte et d'un air détaché, je m'envole dans mes pensées :

"Je serais toujours avec toi. Mon petit cœur. Je fais cela pour toi. J'ai si peur de ne pas y arriver toute seule. J'ai si peur de ne pas être la mère qu'il te faut. J'ai si peur et je me pose mille questions. Dieu, que les hommes sont lâches ...Dieu, pardonne moi. Mon petit cœur, pardonne moi. Tu seras avec Adèle, Émile et Bella. Parfois, souvent, tout le temps je penserai à toi. Mille larmes couleront sur mes joues et mes yeux rougis regarderont le ciel, cherchant un signe, une réponse, un pardon. Un jour je vous rejoindrai. Nous serons tous réunis pour toujours et nul ne nous séparera. Plus personne ne choisira pour nous. Je pourrais enfin faire votre connaissance, vous dire pour de vrai : pardon. Je ne vous chercherai plus parmi les étoiles.

Trois heures de retard. J'entre dans le cabinet. Je ne peux retenir mes larmes.

Pardon petit cœur ... Pardon ...Un jour, je te promets que je t'expliquerai. Je te dirai ma vie. Je te dirai combien j'ai eu peur de ne pas y arriver, de ne pas être une bonne maman. Un jour, je te dirai que je n'ai pas eu le temps de penser. C'est comme si j'avais été happée dans un tourbillon noir avec la peur de ne pas savoir t'éduquer, t'élever, payer ta nourriture et t'offrir un univers plein de promesses. Tu sais, petit cœur , les hommes sont lâches . Ce soir, je te parle beaucoup. Je voudrais que tu soies avec moi. Je voudrais t'attendre. Je voudrais que nous soyons trois. Pardon pour ma lâcheté. Je suis punie pour le reste de ma vie.J’attendrai, j'espère que tu me pardonneras quand on se retrouvera. Adèle, Émile, Bella et toi petit cœur êtes ensemble. Je voudrais vous rejoindre, vous expliquer et vous demander pardon d'avoir été aussi lâche .

Je ne supporte plus la vision d'une femme enceinte. je ne supporte plus la vision d'un bébé. J'ai mal depuis tout ce temps. À chaque fois j'y ai cru. À chaque fois « les géniteurs » ont niés ce que vous étiez pour moi. À chaque fois, j'ai eu peur. Je pleure depuis ce temps. 

Depuis toi, Adèle. J'ai tout fait pour te sauver. Tout. Tout. Mais il a prit rdv au planning et le lendemain je passais au bloc. Émile, j'ai fais ce que j'ai pu. J'ai essayé, j'ai fais de mon mieux. Ton géniteur me demandait combien coûtait un landau. Sa mère me disait : "il aura peut être les yeux bleus". C'était tellement irréel que le géniteur changea d’avis. Il reprit rdv pour moi. Mes supplications n'y changèrent rien. Tu fus « enterré » dans le pot de fleur de la terrasse. Bella, ton géniteur est parti un jour en disant que « je n'étais pas enceinte. Que c'était faux ». Je lui montrais l'échographie. On y voyait une petite boule. Un petit cœur. Il ne me croyait pas. J'étais une menteuse. Il partit sur le champ trouver une autre conquête. Tu es dans mon jardin. Toi, petit cœur, ton géniteur parlait de toi en disant " ce qui s'est passé", il a fuit toute discussion et tout dialogue en me disant :" je sais que tu vas avorter, tu as vu ta vie, etc." Mes petits jamais nés ... Mes petits ... Mes enfants ... Je n'ai jamais oublié aucune date. Celle où vous êtes partis et celles où vous m'auriez rejoins, celles où nous devions nous dire bonjour.

J'attends le jour où nous nous retrouverons.

Celles qui disent « que cela passe avec le temps » se trompent. Non ce n'est pas vrai. Le temps ne suture pas une blessure. Le temps passe et chaque jour ici bas me rapproche de vous.

À jamais dans mon cœur. Adèle, Émile , Bella , petit cœur Paul .

 

Florence 21 ans, ivg a 19 ans


J'ai moi aussi vécu un ivg en octobre 2012. Quand j'ai su que j'étais enceinte, j'ai souri, puis pleuré, puis souri de nouveau et encore pleuré... Souri car j'attendais un bébé de l'homme que j'aimais, pleuré car j'allais avoir tout juste 19 ans et que je savais que lui n'en voulait pas. Un soir après une petite dispute, je me suis mise à pleurer et ma mère m'a demandé ce qu'il se passait. Je lui ai dit et elle a fait venir mon copain. Ses premiers mots ont été : « demain, on prend rdv chez le médecin pour savoir comment on s'en débarrasse ».

J'ai prié le ciel pour que le gyneco nous dise que c'était trop tard, que les 3 mois était dépassés... mais non.

3 jours après mes 19 ans, je rentrai à l'hôpital car il ne voulait pas changer d'avis et moi j'avais peur de le perdre si je ne le faisais pas. Le rdv était à 8h ma mère est venue avec moi, lui devait nous rejoindre devant l’hôpital. Je n'arrêtais pas de pleurer. Et a 9h30 il n'était toujours pas la. Je me suis dit que c'était qu'un connard, je le faisais pour lui et il n'était même pas capable d'être là... il est arrivé a 10h30 la bouche en cœur. Au moment de partir au bloc, il regardait un film sur son ordi portable ! c'est ma mère qui lui a dit de me prendre dans ses bras en fermant son ordi. La descente au bloc était horrible je voulais me lever et partir vite et loin mais impossible de bouger. Ils ont du me faire une double anesthésie générale car je ne voulais pas dormir.

Quand j'ai repris conscience, j'ai espéré un instant que tout cela n'était qu'un cauchemar.... ça fait maintenant 1 an et 5 mois que ça c'est passé et je pleure encore tous les soirs. Je suis comme détruite. Quand à lui j'espère qu'une chose c'est qu'il souffre autant que moi j'ai pu souffrir...

 

Florence 21 ans, ivg à 19 ans

 

 

Jeanne 19 ans, IVG a 17 ans


Je vous contacte parce que je me sens très mal et j'ai besoin d'aide. Il y a plusieurs mois, j'ai réalisé un ivg, j'étais très jeune je n'avais que 17 ans et je ne comprenais pas tout à fait le sens de la vie et surtout l'importance de ce que je faisais. Le jour de l'avortement, je rigolais à moitié et croyais que ce n'était rien. Mais tous mes sentiments sont venus après... La maturité me fait rendre compte de l'horreur que j'ai réalisée! Et je ne peux plus vivre avec cette pensée ! Je n'arrive plus à vivre avec ce poids... Je n'ai personne à qui parler de ça, personne n'est au courant, vraiment personne hormis celui avec qui j'ai eu cette relation. Je ne veux plus parler, ni voir l'homme avec qui j'ai vécu cette épreuve, j'ai envie de le détruire, de le taper, de lui crier dessus. j'ai des sentiments tellement horribles et haineux qui sont tellement loin de ce que j'étais avant! Je croyais en Dieu, désormais je refuse d'aller à l'église, je n'y suis jamais retournée et j'ai peur d'y retourner… Je ne sais pas quoi faire, je suis en première année de médecine mais je n'arrive plus à bien travailler, ce sujet me hante trop, je n'arrive plus à vivre... Et j'écoute en boucle les chansons de Dalida, qui montre qu'une femme peut être rayonnante mais avec une souffrance interne si immense! Si je pouvais recevoir une réponse chaleureuse, je crois que c'est le plus beau cadeau que vous pourriez me faire... Je vous remercie par avance.

 

Claire 33 ans, ivg a 31 ans


 

Je peux dire qu'aujourd'hui je suis une mère criminelle avec la complicité de l'état! En février 2012, j’apprends que je suis enceinte de 5 semaines.

J'ai à l'époque une petite fille de 3 ans, (5 ans aujourd'hui). Je suis dans la difficulté financière. Mon conjoint et moi même nous ne nous en sortons pas. Dettes, factures qui s’accumulent, huissiers.

Je pense à l'IVG par peur de ne pouvoir élever cet enfant dans de bonne condition. Je ferai donc cet IVG courant février 2012. J'ai senti mon bébé mourir...

Ma vie est devenue un enfer depuis que j'ai commis l'irréparable. Rien ne remplace la perte d'un enfant. C'est le vide. De plus ma décision a été égoïste car je prive ma fille d'un petit frère où d'une petite sœur. Des moments de bonheur brisés à jamais. Mon couple a volé en éclat. Et aujourd'hui je tente de me reconstruire seule avec ma fille.

C'est une souffrance, un fardeau que je porte chaque jour.

Ne faite pas comme moi ! Un œuf, un embryon, un "amas de cellules" reste avant tout notre bébé, notre enfant.

A l'hôpital rien n'est fait pour nous en dissuader...Notre futur bébé n'est qu'un "objet" vivant et l'on décide pour lui SA VIE ou SA MORT! C'est horrible ! Si ma mère (ou la votre) avait procédé de la même manière que moi, si elle m'avait tué étant embryon, je ne serais pas là et vous non plus...

Amandine 32ans,


Comment ne pas souffrir après un ivg? J'ai moi même subi une ivg, il y a 7 ans. Je m'en souviens comme si c'était hier. Oui, on était protégé mais cela n'a  pas suffit. Quand j'ai annoncé la nouvelle à mon ex,  sa réponse a été « tu avortes, ou je prends la voiture et je me fou la gueule en l'air ! ». Comment réagir ? Laisser partir l'homme que j'aimais ? Ou tuer ce bébé qui n'avait rien demandé? J'étais perdue. Les jours passaient  et ce petit être, je l'aimais déjà plus que tout. Mais que faire contre des menaces ? J'ai pris mon courage à deux mains et j'ai fait le pire choix de toute ma vie pour garder celui que j'aimais.... Je n'ai eu aucun soutien de sa part alors que j'étais au plus bas. Le soir du jour où ma vie a basculée, il m’a juste demandé si « c'était réglé » et je lui en ai voulu. J'ai sombré dans une profonde déprime et dépression. Je voulais mourir. Je n'oublierai jamais les mots horribles que mon ex m’a dit. Quelques mois après il s'est rendu compte que j'avais bien changé et là il m’a dit  "viens, on  fait un bébé ! Je veux un bébé de toi !"   J'ai hurlé tout ce que j'ai pu ! Un bébé de moi ! Il en a eu un, mais il n'en a pas voulu. Il m'a forcé à le faire partir ! Chaque année à la date de l'IVG c'est une torture pour moi.  Les Noëls, les fêtes n'ont plus le même gout. Il me manque une partie de moi-même .... C'est une douleur qui s'apaise un peu avec les années mais elle ne disparaît pas et on n'oublie pas. Chaque jour je pense à mon bébé, mon petit ange. Mon médecin m'a expliqué que ma réaction face à cela était la réaction d'une femme qui désire vraiment un enfant mais qui fait  des fausses couches.  Oui, je voulais le garder mais il ne m'a pas laissé le choix. Et résultat, je n'arriverai plus avoir de bébé naturellement pour un problème de santé très grave pas mais directement lié (je pense..) à l'ivg. La seule chance que j'ai eue, je l'ai perdu !

 

Amandine 32 ivg a 25 ans

 

Fanny 21 ans, ivg 4 mois


Le 29 Octobre 2013, j'ai subit une IVG médicamenteuse et tout s'est on va dire plutôt bien passé. Mais 15 jours après et jusqu'à maintenant je n'arrive pas à oublier, je m'en veux alors que j'étais consentante a 100 %. Je suis en étude et j'ai pas les moyens d'élever un enfant. Bref, je suis bien au courant de tous les problèmes que j'aurais pu avoir et mon copain était du même avis que moi ! Je n’arrive pas à oublier ce que j'ai fait et tous les jours, je me demande comment se serait déroulée la grossesse si j'avais continué.

J'ai l’impression de ne pas m'en remettre alors qu'on me dit que « je devrais passer à autre chose ». Je ne sais pas quoi faire, et je pense même que je déprime. Je me sens si seule ...

J'ai préféré vous écrire que de téléphoner car c'est plus facile pour moi ...

 

 

Estelle 22 ans


Bonjour, j'ai 22 ans et j'ai avorté il y a un peu plus de deux mois.

L'arrêt de la pilule était volontaire et mon petit ami me disait qu'il voulait un enfant avec moi. Seulement voilà, j'ai découvert que j'étais enceinte de 8 semaines deux semaines après avoir découvert que mon ami me trompait depuis plusieurs mois. Contre l'avortement, j'ai été claire avec tout le monde : « je n'avorterai pas ! » Mais entre les vomissements, la fatigue, les douleurs au ventre, la pression de celui qui était devenu mon ex ainsi que celle de mon entourage, j'ai commis l'irréparable dans ma 11ème semaine de grossesse.

Personne nous informe du déchirement que représente l'avortement, du vide que l'on ressent après ça... c'est une douleur inexplicable. Même si l'on est entourée, enceinte, que ce soit par les médecins du centre de planification ou des personnes qui nous conseillent d'avorter, on se retrouve totalement seule après l'IVG ! Car personne ne comprend notre douleur... J'aimerais tellement revenir en arrière et ne pas faire ce choix qui finalement n'en était pas un...

Voici mon témoignage en espérant que cela aide des jeunes femmes en détresse.