On est vraiment seule dans cette situation ! En parler ne résoudra pas le problème. Chez moi, c'est une évidence. Je regrette de ne pas avoir pris cette satanée pilule croyant que je n'étais pas fertile. J'ai fait le test et je n’avais même pas une demi-minute pour espérer.. et là je vois cette maudite barre de plus.
Je ne réalise qu'à moitié ce qui aggrave ma souffrance générale. Pourquoi faut-il subir cette horrible suite sans fin faite de saignements, dérèglements et d’atrocités visuelles.
J’ai envie de tuer aujourd’hui celui qui est en partie la cause de mon malheur et qui dit « me soutenir ». Mais quel comique ! Comme si c'est lui qui subira toute cette déferlante, les suites de la boucherie, etc.. Car sans avoir connue l'IVG, je sais d'avance ce qui m'attend !
Encore une fois, la femme porte en elle, seule, tout le poids du soi disant partage des aléas d'une vie. J'aimerais pouvoir lui en coller une, tellement je le hais pour ce qui m'arrive. Mais je sais de trop que j’en suis la cause première. J'approche de la trentaine et pour moi, c'est comme si là, aujourd'hui, je mourrais. Facile de croire que tout passe..
Je n'arrive même plus à passer devant un miroir, je suis impardonnable pour ce que je me fais subir. Rien dans ma vie, malgré la violence physique, le harcèlement moral, et les insultes subies jusqu'au ce 8 avril, n'égaleront la peine, la peur, l'incompréhension, la révolte, et le désarroi qui me rongent depuis la minute où j'ai découvert ma grossesse. Voilà le fond de ma pensée. Je voulais le dire !
Fanny le 30 avril 2011