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ivg adolescente

Alice 26 ans, IVG chirurgicale à 18 ans.  J'étais en terminale, ma mère et mon beau père étaient en train de se   séparer. Ma mère était hospitalisée, je vivais chez mon petit ami. Je   n'allais pas souvent en cours, encore moins chez le médecin. Je n'ai pas  fait renouveler ma pilule ce mois là.  Avec mon copain nous en parlions en   plaisantant, nous nous disions que nous si jamais cela arrivait nous  l'assumerions. Nous ne le prenions pas au sérieux. Et pus le temps est   passé, et au bout d'un moment je me suis dit que cela faisait longtemps que   je n'avais pas eu mes règles. Je n'avais aucune notion du cycle féminin, de la date de mes règles, de la date de mon ovulation ni quoi que ce soit.   J’étais totalement ignorante. Alors un peu dans le doute j'ai fait un   test. J'ai laissé mon copain regarder. Moi j'examinais la notice quand il me   dit "deux barres c'est négatif non?". Le choc. J'ai rit. Pour moi il   plaisantait. Mais non, il y avait bien deux barres. Je n'en ai parlé à personne. Silence radio. Je ne me suis posé aucune  question, il fallait que j'avorte et vite ! Avant que cela ne se voit, avant  qu'il ne soit trop tard. Pour moi cela n'aurait aucune conséquence   psychologique ni physique. Par contre si je le gardais, je savais que je serai la risée de ma ville, de mon pays même. Tellement nous sommes   informés sur la contraception en France, et l'IVG, je serai passé pour une idiote, une mauvaise mère de l'avoir gardé. J'aurais « ruiné ma vie, et celle   d'un enfant ». C'est comme ça que je le voyais. Puis j’étais  immature, même pas capable d'aller en cours. ma vie familiale était si compliquée, avec ma mère déprimée qui entrait et sortait de l’hôpital.   Mon copain était tout aussi paniqué que moi. J'ai pris les RDV, j'ai eu une   échographie (seule, mon copain travaillait). J'ai pleuré. Je me suis fait   mal recevoir par le gyneco qui me trouvait inconsciente et immature, qui  considérait que ma génération prenait l'ivg pour une contraception... Le   RDV était pris pour l'IVG, alors j'en ai parlé a ma mère pour lui montrer  que j’étais enceinte, certes, mais que j'avais déjà entrepris toute les   démarches pour l'IVG, j’étais donc une jeune femme responsable selon moi.   Elle n'a rien dit, elle m’encourageait dans mon "choix".  Mais en fait, elle  l'avait déjà fait plusieurs fois à la demande de celui qui était en train  de la quitter. Avec le recul, elle aurait du me parler de sa douleur. Elle a «  banalisé ». A ce moment là de sa vie je pense que si j'avais gardé mon   bébé ça l'aurait « achevé », elle, qui en voulait tant ... Elle n'a pas été  bienveillante, mais ce ne sera ni la première, ni la dernière fois... La veille au soir de l'intervention, mon copain doute et me dit que si je  veux le garder, il travaillera jour et nuit pour l'assumer. Mais pour moi   c'est trop tard, tout est déjà mis en place, c'est prévu pour le lendemain   matin. C'est trop tard. Ce matin là je ne me réveille pas, nous arrivons avec plus d'une heure de   retard à la clinique. Nous sommes quand même pris en charge. On me donne un  médicament pour je ne sais plus trop quoi faire mais je le vomi, ce sera ma  première et dernière nausée matinale. Puis un ovule pour dilater le col.   Puis, on vient me chercher. Je pleure toutes les larmes de mon corps jusqu'au   bloc. On me dit que si je m'endors en pleurant je me réveillerai en   pleurant. Et ce fut le cas. Je pleure encore et encore. Une psy vient me voir   dans ma chambre pour me rassurer et me dire que j'ai « fait le bon choix ». Je   l'envoie balader, après tout comment peut-elle affirmer que je n'aurais pas  été une bonne mère ? ... Mon copain m'offre une peluche. Je sors le jour  même. Je ne vais pas bien et ca ne passera pas. J'essaie tout pour aller   mieux, j'écris un blog, je pars en vacances... Mais non, je déprime. Mon  copain aussi. Dans sa voiture un jour il me dit qu'il manque quelqu'un, un   enfant. Nous décidons ensemble d'essayer d'en refaire un car nous  considérons que nous avons fait la plus grosse erreur de notre vie. Mais  nous n'y arrivons pas. 8 mois passent… Quelle injustice! 1 mois sans pilule  et je tombe enceinte, 8 mois d'essais et rien. J'ai mon bac contre toute  attente. Mon copain me quitte quelques mois plus tard. Je pense que c'est   l’accumulation entre l'IVG, ma mère envahissante... trop de négativité   pour lui, il est parti. J'abandonne les études. Suite a cela,  je passe 4  mois sans avoir mes règles, je crois que je suis vide.  …
Épilogue : je m'engage dans l'armée un an plus tard, j'ai 19 ans. Je  rencontre un homme à 20 ans qui deviendra mon mari 10 mois plus tard. Nous  aurons notre premier enfant en 2012, un garcon. j'ai 22 ans et je vais mieux.   Deuxième enfant en 2013, une fille. 3e enfant en 2014, une fille. nous   achetons une maison a la campagne, j'abandonne ma carrière pour me consacrer   a eux.  J’attends mon 4e pour juin 2016, un garçon. Je suis heureuse. Je ne   sais pas si c'est une conséquence de l'IVG mais je veux une famille  nombreuse, nous avons 7 chambres, un véhicule 9 places. j'en suis a me demander si j'arriverai un jour a arrêter de faire des enfants, ou si cet enfant qui n’a jamais vu le jour, me donnera toujours l'impression qu'il « en  manque un ». J'ai toujours le test de grossesse de ce "bébé IVG", ainsi que   la peluche offerte par mon ex. Dans ma signature,  il y a un signe qui le   représente, il ne me quittera jamais, je ne le laisserai jamais tomber dans   l'oubli. 
 
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