Ania. J'ai avorté par médicament le deux novembre. Je suis arrivée à l'hôpital. On m'a donnée des cachets. Mon copain lui n'est pas venu. J'étais seule avec une amie. Au départ, ce n'était « rien » que des crampes au ventre et des pertes de sang. Et puis à un moment, des « poches » de sang sont sorties. L'une d'elle a glissé par terre, elle était ronde. Sur le coup je me suis dis "ça aurait pu être mon enfant", j'ai crié, j'ai pleuré, et j'ai vomi. Je ne m’arrêtais pas de vomir. Cette vision a été atroce. Le pire c'est quand j'ai vu les infirmières jeter cette « poche » dans un sac poubelle. Sur le coup j’ai trouvé cela horrible, affreux. Je n'ai pas cessé de vomir, toute la journée, dès que je voyais mon sang. Encore aujourd'hui (8 jours apres) je perds du sang. Hier j'ai encore perdu une poche. La sensation est atroce.
Aujourd'hui je réfléchis, je crois que je n'étais pas prête à avoir un enfant, mais pas prête pour avorter non plus. Ce qui est étrange c'est que personne ne m'a proposé d'autres solutions. Déjà avant d’arriver à l’hôpital, j'étais mal et je culpabilisais. Aujourd'hui, je culpabilise toujours plus. Je pleure sans arrêt, j'ai l'impression d'avoir « tué » un bébé.