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Tecy 21 ans, Pour ma part, j'ai très mal vécu l'IVG. il y a un peu moins d'un an, j’apprends que je suis enceinte. Je fais un test, qui fut  positif, j'étais enceinte de deux semaines. A ce moment là, rien n'allait dans notre vie, nous vivions chez mes parents  et ceux-ci partant à la retraite (comme par hasard au moment du terme)  allaient rendre l'appartement et partir à la campagne, il nous fallait donc  un appartement, mon copain allait perdre son travail et moi....Je n'avais pas un salaire suffisant. Mon copain m'a alors poussé à prendre un RDV dans un centre du planning  familial, ce que j'ai fait. Premier RDV avec le gynéco, celui-ci m'annonce que j'ai peut être un  cancer... Il me fait un frottis, et on prend RDV pour l'IVG. Je me rappelle avoir repoussé la date plusieurs fois, puis avoir annulé car  je ne pouvais pas faire ça à mon bébé surtout que ça pourrait être le seul que j'aurais, celui-ci m'a fait des scènes inimaginables: "oui mais il  y a deux ans au tout début tu m'avais dis que si un jour tu étais enceinte  tu avorterais ! Bla Bla Bla", il a commencé à me faire du chantage  affectif puis finalement est parti lorsque, épuisée de me battre avec lui , je lui ai dit que l'enfant n'était pas de lui (ce qui était faux, mais je  voulais juste que cela s'arrête). Ma mère aussi a commencé à me harceler, me  faire des leçons de morales à deux balles, me traiter de, etc... J’étais  seule, seule avec mon petit bout, moi et quelques amies, qui ne comprenaient  pas forcément mon choix mais qui au moins avaient la gentillesse de me  soutenir. J’étais à 2 mois et demi de grossesse, ma mère est venue me chercher au travail car je faisait crises d'angoisse et que j'ai fini  en larmes au cours d'une chirurgie (je suis auxiliaire vétérinaire), on a  beaucoup parlé dans la voiture, je lui avoue que je suis terrorisée, que  j'ai peur, que je ne peux pas élever mon bébé, mais que je ne  peux pas le tuer, je serais une horrible mère, et si le test était positif,  si j'avais ce cancer, je ne savais pas quoi penser.
Elle me dit que d'être une mauvaise mère est de garder un  enfant qui, si j’ai un cancer, risquerait de ne pas venir à terme, ou s’'il vient à naitre, va mourir de faim, etc..Ma mère a finalement repris RDV pour l'IVG en urgence. Ma mère me dépose de force à l'hôpital, elle  me demande d'avaler des gélules, je ne veux pas mais je n'ai pas le choix. Je reste silencieuse. Je me rappellerai toujours de cette sensation atroce de  mon cœur et de ma trachée qui étaient si comprimés par la peine que je les sentais se déchirer. Elle s'en va travailler, je vois des filles qui  arrivent souriantes, puis mon copain qui revient, il me dit qu'il sait que j'ai menti, mais « qu'il se devait  d'être là ». Je ne dis rien. je ne fais que pleurer silencieusement. Un  infirmier arrive, il nous demande de le suivre, on arrive dans une chambre  collective type chambre de colonie de vacances, mais je sais que ce qui va  suivre est bien plus morbide... il me demande gentiment de me déshabiller et  d'enfiler une tenue de bloc, je dis non. Une fois toutes les filles habillées,  il me le redemande, et je me mets alors a crier et pleurer en lui disant que  jamais je ne ferais ça. Ma mère m'appelle en me disant qu'elle m'aimait, que tout allait bien se passer. Je lui raccroche au nez en lui  disant que je la hais et que je ne veux plus qu'elle me dise qu'elle m'aime  car si elle m'aimait vraiment elle m'aurait soutenue. Mon copain arrive dans la chambre, il me dit que l’infirmier lui avait dit  que je ne voulais pas me changer, que je ne voulais plus avorter mais qu'ayant pris les médicaments, il fallait que je le fasse sinon je risquais de  me vider de mon sang et souffrir... Et bien, c'est ce qu'il s'est passé, je  suis restée à pleurer et fixer le mur jusqu'à ce que je saigne trop, j'ai eu si mal malgré l'antidouleur qu'une des filles revenue du bloc m'a parlé,  elle m'a dit "pourquoi tu fais ça? Pourquoi tu t'infliges ça, tu sais, il est  déjà mort..." Alors, j'ai fait l'aspiration....
Une semaine après le test du frottis arrive : je n'avais pas de cancer !  heureuse ? Non, car je n'avais plus non plus de bébé. Aujourd’hui, j'ai perdu mon travail, je me suis remise avec mon copain. En décembre,  j'ai fait une grossesse  nerveuse... comme par hasard au moment du dit terme... Je ne suis plus la  même, il me manque une partie de moi, je n'arrive plus à regarder des  femmes enceinte sans les haïr d'être heureuse...Voilà mon témoignage, et si je devais donner un conseil à une femme  enceinte qui pense à l'IVG ? Garde-le... Le monde est bien fade et terne sans notre bébé.
 
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