centres ivg

 

Je m'appelle Charlotte, j'ai 16 ans, je suis avec mon copain depuis 8 mois et il a 21 ans. J'ai appris ma grossesse le 12 février 2013. Je l'ai tout d'abord annoncé à mon copain qui m'a tout de suite dit que « ce n'était pas le moment ». Le soir, j'en ai parlé à ma mère qui m'a dit qu'il fallait que j'avorte et que dès le lendemain elle allait appeler un planning familial, c'est ce qu'elle fit ! Nous sommes donc le 13 : elle a pris rdv pour que je vois un gynécologue le 17. Il était de garde car l’hôpital était blindé donc je l'ai vu un dimanche. A ce moment là,  je vois mon bébé à l'échographie. Mais le gynécologue était toujours très sec, ce qui a gâché un peu ce moment pour moi. Il me fait signer des papiers pour un ivg le 20 soit 3 jours après le 1er rdv avec le gynécologue. Entre temps chez moi c'est la pagaille, moi j'en avais parlé qu'à ma mère mais voila qu'elle l'a dit à ses copines, à mon beau père, à mon frère, à mon père, à mes grands parents. Moi qui voulais rester dans la discrétion, c’était raté ! Voilà que tout le monde commence à donner son avis, je me fais harceler par toute la famille, on me pose des questions toute la journée. Mais une chose était bien : ma mère s’était résolue à cet enfant voulu par moi et qu'il fallait trouver une solution. Mais un jour, mon beau-père dit à ma mère que si je gardais mon enfant, au delà du terme du délai pour avorter, il ne voulait plus me voir à la maison. J'ai toujours vécu chez ma mère car j'ai des rapports pas très proches avec mon père. Donc, cela voulait dire que je devrais aller habiter avec mon copain. Je me dis que ce n'est pas dramatique mais que s réaction est un peu forte, puis le lendemain voyant que sa menace ne m'a pas atteint plus que ça, cette fois il dit à ma mère " si elle garde son bébé, elle part de la maison et je divorce ". Là, j'ai été assommée d'un seul coup ! Cela voulait dire que « soit je gardais mon petit bout que je désire plus que tout et ma mère serait malheureuse, soit je suis malheureuse moi et ma mère en restant avec ce c**! » J’étais folle !

Ma mère qui était dans un ultimatum -soit sa fille, soit son mari-, tenta de mettre fin à ses jours, et le lundi (soit le lendemain du rdv avec le gynéco)  je vais voir ma mère à l’hôpital et en même temps j'avais rdv avec une assistante sociale car je ne pouvais pas avorter sans qu'elle m'ai vu étant mineure. Je ne connais pas très bien le rôle d'une assistante sociale mais en tout cas au lieu de m'aider dans ma décision à vouloir le garder, elle m'a plus incité à faire le contraire ! Une fois mon histoire racontée,  elle monte voir ma mère dans sa chambre d’hôpital pour en savoir plus sur son geste. Ma mère sort de l’hôpital vers midi et nous devons tous nous rejoindre chez mes beaux parents (des gens formidables qui ne m'ont pas jugé ) pour parler. Il y avait mon copain, ses parents, ma mère, mon beau père et moi. Il continua son discours sur l'avortement en disant que je gâcherais ma vie, et qu'il divorcerait si je le gardais ! Le mardi mon copain prend sa décision finale : IL VEUT PAS DE CE BÉBÉ ! il aurait causé trop de dégâts ! A ce moment là, tous mes rêves ce sont détruits.  Je devais avorter, je ne pouvais pas garder mon enfant seule. Le lendemain rdv avec le gynécologue, il me dit qu'il n'a pas que moi comme cliente et que je dois me dépêcher de prendre les médicaments. Je pris donc les médicaments à contre cœur et je partis en pleurant.. Je venais de tuer mon bébé...

Le lendemain, je commençai à perdre du sang mais pas plus que ça, et le vendredi matin je vais dans un hôpital de jour pour l'expulsion et prendre les derniers médicaments. La chambre : deux lits et un fauteuil, nous étions trois filles entassées dans 9m² et bien sur moi j’étais dans le fauteuil, avec les douleurs et des contractions ! Je suis sorti à 13h, je me suis dit « quitte à souffrir au moins je souffre chez moi ! ». Depuis ce jour, je n'ai pas l'impression que mon bébé soit vraiment parti. Mes seuls espoirs sont de 5% . Ce chiffre, c'est le nombre d'ivg médicamenteux qui ne fonctionnent pas ! il n'y a pas un jour où je ne regrette pas ce que j'ai fait. J'espère de tout mon cœur que ce petit bout soit encore là ...