causes des ivg

Bonjour,
 
Cela fait bientôt huit mois que j'ai eu recours à une IVG médicamenteuse. Le terme de ma grossesse était prévu pour le mois de février 2011. Au mois de juin 2010, quand j'ai pris conscience que je pouvais être enceinte, j'ai pris cela avec assez de légèreté, c'était comme si cela était improbable. On en rigolait un peu avec mon copain. Je vis à l'étranger, en Afrique, plus précisément à Sao Tomé et Principe, une petite île du Golfe de Guinée. J'ai rencontré mon copain ici, il est saotoméen. Nous étions ensemble depuis 4 mois quand je suis tombé enceinte.
Voyant que mes règles n'arrivaient vraiment pas, j'ai commencé à stressé... et quand j'ai fait mon premier test, j'ai cru qu'il était négatif. Mon copain m'a dit que non, les deux traits étaient bel et bien là, mais je crois que j'étais dans le déni (les deux traits étaient là, mais ils n'étaient pas rouge tous les deux !!). Il m'a fallu aller chez le médecin pour poser des questions pour prendre conscience et accepter que j'étais enceinte.
 
Sans vouloir faire une analyse psychologique de moi-même, du haut de mes 27 ans (à l'époque), je me voyais encore « comme une enfant ». Même si je travaille, paye mes impôts et suis très adulte sur certains points, je suis un peu moins adulte sur d'autres aspects, surtout du point de vue de ma vie personnelle.
Avant d'être véritablement confrontée à cette situation, je me suis toujours dit que si je tombais enceinte et que ce n'était pas prévu ou que je n'étais en "condition" pour avoir un bébé, j'avorterais. C'était comme une évidence. Mais en réalité, ça a été la décision la plus difficile de ma vie.
En allant sur des forums, je me suis rendu compte que beaucoup de femmes vivaient mal leur avortement parce qu'elles se sentaient obligées de le faire, en général parce que leur partenaire ne voulait pas du bébé ou par pression de leur entourage.

Pour ma part, ce n'est pas le cas. Mon copain, en un sens, aurait bien voulu de ce bébé. Il m'a dit "c'est à toi de décider mais quoi que tu décides, je suis là". Et j'ai été tiraillée pour plusieurs raisons :
- pour des questions matérielles... je suis volontaire dans un pays africain, je gagne 900 euros par mois, je n'ai en quelques sortes aucune "stabilité" et pas beaucoup de moyens financiers. Mon contrat de travail dure jusqu'en janvier 2012 et j'ai strictement aucune idée de ce que je vais faire après;
- pour des raisons personnelles... je ne connaissais mon copain que depuis 4 mois... Impossible de savoir ce qu'il allait advenir de nous, d'autant plus que nous sommes un couple "multi-culturel", ce qui demande, à mon sens, de l'adaptation et nous étions encore dans une phase de découverte l'un de l'autre;
- cet aspect culturel me faisait m'interroger pour une autre raison aussi... car nous n'avons pas du tout la même conception de la maternité et de la paternité. Ici à Sao Tomé, les gens ont des enfants, beaucoup d'enfants, très jeunes et ils ne sont pas nécessairement élevés par leurs parents et les pères ne sont pas impliqués dans la vie de leurs enfants comme c'est souvent le cas en Europe (ou du moins comme moi, je l'envisage). Et même si mon copain est très européanisé en un sens, je ne me sentais sûre de rien.
10 jours après avoir découvert que j'étais enceinte, je suis rentrée en France pour des vacances. Je n'avais encore pris aucune décision, je m'en sentais incapable. J'ai pris quelques jours pour réfléchir, j'en ai parlé un peu autour de moi. Même si j'étais incapable de me décider véritablement, ma raison me disait que l'IVG était la chose à faire. J'ai donc pris rdv, j'en avais besoin, je voulais rencontrer un médecin, un psy pour en parler concrètement. J'ai pleuré beaucoup, j'ai parlé de tous mes doutes à la psy de l'hôpital, je l'ai revue au cours de la semaine de réflexion. Et je pense que cela m'a aidé, à éclaircir mes idées tout du moins.

J'ai décidé d'avorter. Mon copain n'était pas avec moi, mais il m'a supporté à sa façon, même si au fond de lui, je crois qu'il aurait aimé avoir cet enfant.
Après coup, je me suis sentie soulagée, triste, mais soulagée. Je suis restée un peu en France puis suis repartie à Sao Tomé. Je me sentais fragile mais pas mal. Mais en revenant ici, j'ai eu l'impression de devoir gérer plein de choses dans ma vie n'ayant rien à voir avec mon IVG mais des choses que je trouvais futiles et sans importance. Face à ça, je me suis un peu coupée de mon entourage "local" et me suis enfermée dans ma relation avec mon copain, car j'avais l'impression que c'était la seule chose qui pouvait me rassurer. Je me suis enfermée dans cette relation jusqu'à m'oublier je crois.
Le fait est que j'ai beaucoup repensé à cet IVG et j'y pense encore. J'ai l'impression que ca m'a réveillée en tant que femme pouvant être mère et je suis restée obsédée par l'idée d'être enceinte à nouveau pendant longtemps. Je ne regrette pas cet IVG, mais j'en suis tout de même triste, sans vraiment parvenir à définir le pourquoi du comment.
Aujourd'hui, je me rends compte que je n'ai presque jamais reparlé de cet IVG, à part avec mon copain quelque fois. Tous les gens, parents et amis, qui étaient là pour moi avant et pendant cette épreuve, ne m'en ont jamais reparlé. Personne ne m'a jamais demandé ce que je ressentais ou comment je gérais cela. Et moi, qui ne suis pas une personne qui parle facilement (mais j'écris beaucoup plus facilement), je n'en ai jamais parlé spontanément.
 
J'ai souvent faire des recherches sur internet sur les envies d'être enceinte à nouveau après une IVG, mais je ne suis quasiment jamais retrouvée dans les témoignages que j'ai pu lire. Et aujourd'hui, en refaisant des recherches, je découvre ce concept de "syndrome post-IVG". Cela me parle et je me demande : "est-cela que je traverse ?". Alors je vous écris, parce que je me sens bien seule face à tout ça et que je ne sais pas comment faire pour en parler parce que je suis loin et à l'étranger... Je ne sais pas bien ce que j'attends de ce contact, peut-être juste un échange... merci d'avance